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Jusqu’où voudrons-nous aller ?

 

How Far Are We Willing to Go?

 

 

Fred Plumer

pasteur de l’Église Unie du Christ
Irvine, Californie, États-Unis
président de
Progressivechristianity.org

 

 

28 janvier 2011

A l'issue d’un festival de Gay Pride les opposants m'attendaient à la porte. C’était vers la fin des années 1980. On m’avait demandé d’y prendre la parole et je devais être remercié par les LGBT du comté d’Orange (Californie) pour le soutien que j’avais apporté à l’instauration de lois protégeant les gay et lesbiennes dans la ville d’Irvine.
Cela avait été une lutte difficile et déplaisante à cause de l’opposition musclée des puissantes Églises conservatrices du comté d’Orange.

J’avais déjà été victime de leur venin lorsque j’étais pasteur de l’Église Unie du Christ et que je m’efforçais de l’aider à pratiquer la résolution « Open and Affirming » (Note de G.C. Cette résolution adoptée en 1985 par le synode général de l’Église Unie du Christ décide l’acceptation pleine et entière des homosexuels dans la vie et les ministères de l’Église).
Le vote du synode qui avait fait la une de la presse avait suscité des protestations, des menaces d’attentats à la bombe et des menaces de mort contre ma famille et contre moi ainsi que des graffitis insultants sur les murs de la ville. Rien de tout ceci ne m’avait semblé inquiétant.

Mais le groupe de manifestants chrétiens conservateurs qui m’attendait à la sortie du festival de Gay Pride était composé d’une quinzaine d’individus musclés et menaçants. L’un d’eux, en me voyant s’écria : « c’est lui ! » et je me trouvai entouré d’individus agressifs, hurlant que j’étais un hérétique scandaleux et que je n’avais rien de chrétien.
Ils criaient : « hérétique, hérétique, hérétique... ».
Leur cercle se rapprochait dangereusement de moi et je ne voyais pas comment leur échapper. Un grand type qui devait faire plus de 100 kg brandissait une bannière représentant Jésus qui me parut jeter un regard effaré sur tout ceci. Il m’enfonçait le manche dans le ventre, me poussait en criant et ses postillons m’inondaient le visage. Je m’attendais au pire.

Alors un homme s’interposa alors entre lui et moi, puis un autre, un autre encore et je compris que c’était tout un groupe gay qui m’entourait, me protégeait de ces agresseurs déchaînés et me conduisait en sécurité jusqu’à ma voiture.
Là, je leur dis quelques mots de remerciements et combien j’avais eu peur.
L’un d’eux me répondit : « Vous savez, on a l’habitude ! ».

Je suis resté un moment immobile dans mon auto, trop bouleversé pour la mettre en marche et les mots de mes sauveteurs demeuraient dans ma pensée et dans mon cœur : « Vous savez, on a l’habitude ! ».Je pris alors conscience de ce que signifie être gay. C’est de cela qu’ils doivent « prendre l’habitude » durant toute leur vie. Je me souviens m’être répété plusieurs fois dans mon émotion : « mon Dieu, mon Dieu, c’est vraiment injuste ! ».

Cet incident m’a marqué et a fait de moi pour toujours un disciple militant de Jésus prêt à prendre des risques pour défendre les autres comme on l’avait fait ce jour-là pour moi. J’ai compris qu’il ne s’agissait pas de soutenir abstraitement la justice sociale mais de venir pratiquement à l’aide de gens réels dont la vie était faite de rencontres concrètes, d’amours et d’angoisses. D’hommes et de femmes qui redoutaient en permanence des agressions provoquées simplement par leur nature.
Je compris que la voie de Jésus était celle d’hommes réels victimes d’oppression, de préjugés à cause de leur classe sociale, de la couleur de leur peau, de leur culture, de leur orientation sexuelle.

Le regard que je portais sur ceux qui sont assis à la table de Jésus s’est transformé. Je suis resté en relation avec certains des hommes qui étaient venus à mon secours. Ils ne sont pas restés des connaissances gay, mais des amis. Ce n'est plus « eux » mais « nous ». Nous avons partagé d’autres expériences qui nous ont rapprochés. Je ne suis plus leur sauveur mais celui qu’ils avaient sauvé, je ne suis plus seulement celui qui les enseignait mais celui qui apprend d’eux. Et je comprends que c’est précisément cela la voie de Jésus.

C’est par notre engagement aux côtés des exclus, des marginalisés, des étrangers, des blessés, comme une mère qui est toujours solidaire de ses enfants, que nous pouvons détruire les murs qui nous séparent des autres. Et c’est alors, j’en suis convaincu, que nous prenons conscience de la grande Unité de toutes les vies, l’Unité de toutes choses.
Les occasions de pratiquer cette solidarité peuvent se trouver sur notre lieu de travail, dans les écoles, les églises, au « bord de la route ». Elles apparaissent dès que nous regardons les autres êtres vivants comme des membres d'une seule et même création, dès que nous comprenons que nous sommes tous interconnectés et interdépendants, dès que nous entendons les larmes des hommes comme les larmes mêmes de Dieu.

Cet aspect si important de la foi chrétienne a été ignoré par beaucoup d’entre nous, qui prétendons pourtant être chrétiens et nous sommes passés à côté d’occasions pourtant incontournables. Des occasions qui nous auraient permis de faire l’expérience du « Règne de Dieu » auxquelles Jésus s’attachait pourtant avec une si grande passion.

La vraie question est peut-être de savoir jusqu’à quel point nous sommes disposés à affronter ces réalités, cette mentalité qui est si précieuse qu’on serait disposé à « vendre tout ce qu’on a pour l’acquérir ».

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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