Je crois en Dieu,
non comme un souverain tout-puissant qui gouvernerait le monde d’en haut,
mais comme la Source de l’être,
la profondeur de toute vie,
le Mystère qui appelle chaque être humain à devenir pleinement lui-même.
Je crois que Dieu n’est pas un être parmi les êtres,
mais la présence qui soutient toute existence,
l’amour qui ne s’impose jamais,
la force silencieuse qui relève, libère et fait vivre.
Je crois en Jésus de Nazareth,
homme pleinement humain,
en qui Dieu s’est laissé reconnaître avec une intensité incomparable.
En lui, les pauvres ont retrouvé leur dignité,
les exclus leur place,
les pécheurs leur espérance,
les malades leur humanité,
et les puissants ont été appelés à la justice.
Je crois que le Royaume de Dieu,
annoncé et vécu par Jésus,
est le cœur de son message :
un monde où la justice l’emporte sur la domination,
où la miséricorde est plus forte que la condamnation,
où la fraternité triomphe des exclusions.
Je crois que la croix ne révèle pas un Dieu exigeant le sacrifice de son Fils,
mais la fidélité sans faille de Jésus à sa mission
et la solidarité de Dieu avec toutes les victimes de l’histoire.
Je crois que la résurrection
n’est pas le retour d’un cadavre à la vie,
mais le « oui » définitif de Dieu à Jésus,
la victoire de son Esprit sur tout ce qui détruit l’humain,
et la naissance d’une foi nouvelle chez ses disciples.
Je crois que le Christ vivant
continue de nous rencontrer
chaque fois que son Évangile ouvre un chemin de liberté,
de vérité et de réconciliation.
Je crois en l’Esprit Saint,
présence créatrice de Dieu,
qui travaille le cœur des femmes et des hommes,
bien au-delà des frontières des Églises et des religions.
Je crois que toute communauté chrétienne
est appelée à témoigner du Royaume
dans la simplicité,
le partage,
la liberté de conscience
et le service des plus fragiles.
Je crois que les Églises sont nécessaires
lorsqu’elles annoncent l’Évangile,
mais qu’elles doivent sans cesse se réformer
afin de ne jamais confondre leurs institutions et leurs doctrines avec le Mystère de Dieu.
Je crois que la foi
n’est pas la soumission à des certitudes,
mais une confiance qui accepte le doute,
une marche où les questions peuvent être aussi fécondes que les réponses.
Je crois que rien de vrai,
de juste,
de beau
ni d’aimant
n’est perdu devant Dieu.
J’espère que notre vie,
avec ses réussites et ses blessures,
trouve en Dieu son accomplissement,
selon un avenir qui dépasse toutes nos représentations.
Et je veux marcher,
à la suite de Jésus,
dans le courage d’être,
la liberté des enfants de Dieu
et l’espérance d’un monde toujours à recommencer.
Je crois que l’amour est plus fort que la haine,
que la vérité est plus forte que le mensonge,
que la liberté est plus forte que toutes les servitudes,
et que rien de ce qui fait grandir l’humain n’est perdu devant Dieu.
C’est pourquoi je choisis de marcher à la suite de Jésus de Nazareth,
dans le courage d’être,
au service du Royaume,
avec tous ceux qui cherchent la justice, la paix et la fraternité.
Amen.
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