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L’humble divinité

de Jésus

dans l’évangile de Marc


Daniel Bourguet

 


éd. Olivétan
200 pages – 16 €

 

recension Gilles Castelnau

 

voir aussi sur ce site
Daniel Bourguet Nos frères les Pères du Désert


12 mars 2020

Le pasteur Bourguet dirige paisiblement des sessions de retraite spirituelle dans son hameau des Cévennes. Il en guide les participants dans une lecture méditative des évangiles qui apaise les esprits et élève l’âme. Il est un fin connaisseur de la Bible, des originaux grecs et hébreux mais n’écrase pas ses lecteurs d’une science indigeste. Il est un pasteur heureux.

Voici quelques exemples de son dernier livre.

 

Avant propos


Ce livre est le contenu d'une retraite donnée à plusieurs reprises aux Abeillères au cours de l'année 2019 devant différents groupes, auxquels j'exprime maintenant ma reconnaissance,

[...]

Faire retraite, c'est se retirer pour un temps de face à face avec Dieu. L’enseignement donné dans une retraite n'est qu'une introduction à ce face à face. Il est bon de le savoir avant de se lancer dans la lecture de ce livre : je m'adresse ici, comme dans une retraite, à un lecteur croyant.

 

Introduction


Marc le contemplatif
Aucune de nos langues humaines n'est en mesure de dire Dieu et la divinité de Jésus. Pour pallier ce déficit de mots, Marc se contente de suggérer, d'évoquer ce mystère qui nous dépasse infiniment et qui s'offre à notre contemplation. Cette sobriété me paraît être celle d'un contemplatif ; et c'est bien ce que semble être Marc, en effet, un contemplatif ouvert à l'indicible, ouvert et sensible au mystère de Dieu.

[...]

Ami lecteur, c'est ainsi que je t'invite à suivre Marc dans ce qu’il propose à notre méditation et à notre contemplation. Autant te dire que je tremble, car devant Jésus en sa divino-humanité et devant la Trinité, je ne peux que trembler : Que Dieu nous bénisse et nous soit en aide dans notre lecture et notre méditation de cet évangile,

Ô Roi céleste, Consolateur, Esprit de vérité. toi qui es partout
présent et qui remplis tout, trésor de biens et donateur de vie, viens
et demeure en nous, purifie-nous de toute souillure et sauve nos
âmes, toi qui es bonté.

 

 

 

Le paralytique

Marc 2.1-12

« Mon enfant »
Jésus n'avait jamais vu auparavant ce paralytique ; c'est pour lui un inconnu, un de cette multitude d'inconnus qui se rassemblent autour de lui pour le voir et l'écouter. Ce paralytique n'a pas encore ouvert la bouche ; il n'a pas encore adressé la moindre prière à Jésus, ni le moindre mot pour lui dire le pourquoi de sa venue, mais Jésus a vu sa foi donnée par le Père et par l'Esprit saint, et cela suffit ! Et voici que Jésus l'accueille de la plus belle manière : « mon enfant ». Marc ne décrit pas l'émotion de Jésus quand il voit la foi de ce malade, car le cœur de Jésus est un mystère insondable et indescriptible, tout autant que celui de Dieu. Cependant il y a tant d'amour dans ce premier mot prononcé par Jésus, le tout premier qu'il adresse à cet inconnu : « mon enfant », comme si ce paralytique lui était étonnamment proche !

 

Ce qui est dans le cœur de Dieu
[...]
Jamais dans la Bible, Dieu ne s'adresse à quelqu'un par ce vocatif : « mon enfant », alors qu'il est pourtant clair que nous sommes ses enfants, comme nous le rappelle Paul : « nous sommes enfants de Dieu » (Ro 8,16). Pourquoi donc Dieu ne s'est-il jamais adressé ainsi à quelqu'un ? Qu'est-ce qui le retient d'utiliser un tel vocatif ? Je crois que c'est sa pudeur qui le retient. Dieu est si pudique dans son amour qu'il ne prononce pas ce vocatif si émouvant, trop émouvant sans doute.
Que Dieu puisse être ému ne doit pas nous surprendre, dès lors que nous sommes bien entrés dans l'évangile de Marc. Dès le début de son évangile, en effet, Marc nous rend sensibles à cela, avec discrétion, certes, mais par respect pour la pudeur de Dieu. Marc nous révèle une réelle émotion de Dieu dans le récit du baptême de Jésus, lorsque Dieu dit à Jésus depuis le ciel : « tu es mon fils bien-aimé » (1.11). Dieu est alors tellement ému que le ciel, nous dit Marc, en est tout « déchiré » (schizô). Cette déchirure du ciel est le signe que Dieu est ému jusque dans la profondeur de ses entrailles.



« Lève-toi »
« Lève-toi », dit Jésus, et le paralytique « se leva », poursuit Marc : là est le miracle : « lève-toi... et il se leva ». Marc n'en dit pas plus sur ce miracle ; il nous laisse simplement contempler ce qui se passe et qui échappe à notre entendement… Il nous suffit de contempler et de nous émerveiller… « Il parle et cela est » (Ps 33.9).

Marc n'en dit pas plus ; cependant, ce qu'il dit doit retenir notre attention. Ce que dit Marc en grec n'est pas totalement rendu dans nos traductions. Il nous faut constater un certain écart entre l'ordre donné par Jésus au paralytique et la réalisation de cet ordre. « Lève-toi ! », dit Jésus. 0r, que se passe-t-il quand Marc nous décrit la réalisation de cet ordre ? Nos traductions françaises sont quelque peu incorrectes. À proprement parler, Marc ne dit pas « il se leva », mais plus précisément « il fut levé » (ègerthè). Marc n'utilise pas ici ce verbe au moyen, ni à l'actif, mais au passif.

L'emploi du passif signifie clairement que ce n'est pas le paralytique qui s'est levé de lui-même, mais que quelqu'un d'autre l'a fait se lever. Qui donc a bien pu faire se lever cet homme ? Marc ne le dit pas, pour ne pas prononcer abusivement le nom de Dieu. Cependant tout paraît clair : ce verbe au passif est très certainement un passif divin, ce qui nous laisse entendre que c'est Dieu qui a fait se lever cet homme. Qui d'autre, en effet, pourrait faire se lever cet homme ? Le miracle est là : Dieu est intervenu, faisant se lever le paralytique.

Certes Dieu est intervenu, mais de manière extrêmement discrète. Il est intervenu sans accompagner son intervention du moindre signe de sa présence, avec une extrême humilité. Là nous apparaît la magnifique humilité de Dieu. Le paralytique s'est retrouvé debout, sans que Marc nous donne le moindre détail pour nous aider à comprendre comment le paralytique a été levé. Dieu est intervenu dans un effacement total, sans doute pour que la foule attribue le miracle non pas à lui mais à Jésus.


Seigneur Jésus,
le paralytique est sorti, et te voici devant moi.
Béni es-tu, toi qui vois dans mon cœur ce que je ne sais voir,
toi qui vois dans mon cœur l'œuvre cachée du Père
qui, dans sa grâce, m'a donné de croire en toi ;
toi qui vois dans mon cœur l'œuvre discrète de l'Esprit saint
qui me pousse à me tourner vers toi dans la prière.
Je n'ai pas de mots pour te dire ce qui m'habite,
mais tu vois l'élan de mon âme assoiffée de toi.
[...]

 

 

La multiplication
des pains

Marc 6.30-44

Le miracle des pains
[...]
Mais qui donc a fait ce miracle ? Le récit le situe entre le geste de Jésus qui donne les pains rompus et la distribution faite par les disciples, dans un moment insaisissable. J'aurais du mal à dire que ce sont les disciples qui ont fait le miracle. Marc nous invite bien à croire que c'est Jésus qui l'a fait. Si ce miracle est divin et indicible, et si c'est bien Jésus qui a fait cette œuvre divine, cela révèle alors encore une fois discrètement que Jésus est Dieu.

Il me semble bon d'ajouter que ce miracle accompli par Jésus est fait avec une telle humilité qu'il est apparu aux yeux de tous non pas dans les mains de Jésus mais dans celles des disciples, lorsque ceux- ci ont offert et distribué le pain à la foule. Je crois que c'est seulement lorsqu'ils se sont mis à distribuer le pain qu'ils ont constaté que ces pains étaient déjà multipliés ou peut-être même qu'ils ont été multipliés au fur et à mesure de la distribution.
[…]
Jésus est si humble qu'il s'est effacé pour que le miracle apparaisse non dans ses mains mais dans celles des disciples. D'une certaine manière, Jésus a associé les disciples au miracle pour s'effacer derrière eux. Quelle merveilleuse humilité !

Cette humilité du Christ se retrouve dans d'autres miracles, comme celui de la guérison de l'aveugle né (Jn 9.6-7) : lorsque Jésus enduit les yeux de l'aveugle avec de la boue et l'envoie se laver, le miracle n'apparaît pas encore. L’aveugle le constate après avoir lavé ses yeux. Il revient auprès de Jésus, mais ce dernier a disparu ; il s'est éclipsé dans la plus totale humilité.
[...]
Ami lecteur, demeurons humblement dans l’incompréhension de ce qui nous dépasse, et contentons-nous de contempler le Christ dans l'infini mystère de son humble présence, sa présence si humble ! Non seulement le Christ s'efface derrière les disciples pour œuvrer à travers eux, mais il s'efface aussi pour se donner à travers le pain distribué. S'il n'y a pas de mot pour dire le miracle de la multiplication, il n'y en a pas non plus pour dire celui de la Cène

 

 

Seigneur Jésus,
[...]
Après avoir rendu grâce, tu as rompu le pain en silence,
en communion d'amour avec la foule
qui allait se nourrir en silence de ce pain,
et l'Esprit saint vous a unis dans la profondeur de ce silence.
[...]
Seigneur Jésus, en chaque sainte Cène je fais silence
et je te contemple en train de rompre le pain,
en communion d'amour avec ton Père,
avec les disciples, avec la foule
et avec nous qui recevons le pain rompu.
Que l'Esprit saint poursuivre son œuvre en nos cœurs
pour nous unir à toi, au plus profond de cette communion d'amour.

Et que vienne enfin le jour où tu viendras rompre à nouveau le pain
avec nous et pour nous dans le Royaume de ton père,
que vienne ce jour béni
où nous pourrons te contempler en recevant de toi ce pain,
je t'en prie, toi qui vis et règnes avec le Père et l'Esprit saint,
maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen

 



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