Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Planning familial

 

 

D'honorables auditeurs de ma récente émission sur le Planning familial
à la radio « Fréquence protestante »
s'en disent très choqués.

 

Claudine Castelnau

 

14 mars 2006

Voici une de ces lettres

Bonjour,

Je vous écris ce mail pour vous dire combien j'ai été choqué par votre émission de ce samedi 4 mars 2006, Midi-Magazine consacrée au cinquantenaire du Planning familial.

Je comprends tout à fait que le débat soit ouvert et que chacun a droit à la parole pour défendre son point de vue. Ce qui m'étonne et m'attriste profondément c'est qu'une radio qui se dit chrétienne fasse l'apologie de ce mouvement et ainsi de l'avortement. Sans parler du dénigrement des autres chrétiens qui, grâce à Dieu, ne partagent pas ce point de vue.

Comment peut-on se dire chrétien et bafouer ainsi l'un des commandements de Dieu « Tu ne tueras point » ? J'en reste abasourdi.

Ne lisez surtout pas de la colère dans ce message, simplement une grande et profonde affliction de savoir que celles et ceux qui devraient défendre l'Évangile et son message de vie le piétinent.

Soyez assurés de ma prière à défaut de ma considération.

XX

.

 

Voici

ma réponse

 

Je me souviens, comme si c'était hier, de ce que nous vivions avant la loi de Simone Veil du 17 janvier 1975.
En voici deux exemples.

 

Dieppe, dans les années 1960

 

Mon mari était pasteur dans cette petite ville. Une paroissienne était mère de 12 enfants. Son mari, alcoolique, l'obligeait parfois - trop souvent - à se réfugier la nuit avec deux ou trois de ses petits, dans nos locaux de paroisse pour échapper à sa violence.

La misère, de plus rongeait cette famille. Notre service d'entraide la soutenait.

Mon mari s'est enhardi, un jour, à suggérer à cette femme de limiter désormais son nombre d'enfants. Mais elle répondit redouter la gravité de l'opération chirurgicale qu'elle s'imaginait nécessaire ! Elle n'avait évidemment aucune idée de ce que peut être la contraception.

L'association du Planning familial naissante ne trouvait aucun local dans la ville. L'Église catholique l'interdisait, le maire communiste n'en approuvait pas l'idéologie et la puissance médicale était bloquée par son « serment d'Hippocrate » ( 1 ).

C'est notre paroisse protestante qui mit gratuitement un de ses locaux à la disposition du Planning familial qui put commencer alors son activité d'information dans la ville. Des explications et des conseils étaient donnés de manière non culpabilisante, une atmosphère compréhensive était créée. On pouvait aussi commander en Angleterre et faire venir sous pli fermé des contraceptifs féminins, comme des diaphragmes encore interdits en France.

Refus de continuer à exiger des femmes tant de sacrifices, volonté de vivre la miséricorde selon la parole du Christ : « Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices »

 

Quant à l'avortement, il faisait alors des ravages. Interdit en France, refusé par le corps médical, il était pratiqué illégalement par des « faiseuses d'anges » Les choses se passaient naturellement souvent mal et à l'hôpital où ces malheureuses étaient transportées, les « curetages », normalement extrêmement douloureux étaient, selon de nombreux témoignages, souvent pratiqués sans anesthésie dans un but de punition.

Aucune estimation précise du nombre de ces avortements n'est évidemment possible. On avance généralement le nombre de 700 000 par an.

Les femmes de milieux aisés avaient les moyens de se rendre en Suisse, aux Pays-Bas ou en Angleterre où les avortements étaient légaux.

 

 

Amsterdam aux environs de l'année 1970

 

Mon mari était pasteur de la paroisse francophone. Nous avons recueilli chez nous une jeune fille française venue se faire avorter à l'insu de toutes ses connaissances.

Son ami, très « catholique » se refusait à toute contraception. Elle s'était retrouvée enceinte et son ami l'avait alors abandonnée. Incapable d'assumer sa situation dans le milieu répressif qui était le sien, elle avait demandé de l'aide à la jeune Hollandaise qui était venue dans sa famille comme fille au pair.

Nous l'avons trouvée bouleversée et désespérée, en larmes. Nous ne lui avons fait aucun reproche. Nous l'avons accompagnée à la clinique d'avortement. Nous avons été heureux d'y trouver un médecin parlant français, souriant et non culpabilisant, qui a tenu à lui présenter des moyens anticonceptionnels.

« Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices ».

 

.

 

Et je réponds ainsi à mon auditeur : C'est bien parce que notre radio se dit chrétienne que nous y faisons l'apologie de ce mouvement. Ce ne sont pas les chrétiens que nous dénigrons lorsqu'ils ne partagent pas ce point de vue, c'est leur point de vue sans miséricorde.

Je suis abasourdie lorsqu'on met au premier plan de la réflexion chrétienne un commandement, fut-il « Tu ne tueras point », alors que justement je comprends que tout le ministère de Jésus-Christ a été de s'opposer aux maîtres de la Loi d'Israël au nom de la miséricorde : il transgressait le sabbat et demeurait chez les « pécheurs ».

Je crois que c'est en agissant et en parlant comme je le fais que, bien loin de piétiner l'Évangile, je le défends au contraire et je proclame son message de vie.

Et je ne cède en rien aux attaques incessantes des défenseurs du Serment païen d'Hippocrate.

 

 

 

Serment d'Hippocrate

 

Je jure par Apollon médecin, par Esculape, Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, et je les prends à témoin que, dans la mesure de mes forces et de mes connaissances, je respecterai le serment et l'engagement écrit suivant :

[...]

Dans toute la mesure de mes forces et de mes connaissances, je conseillerai aux malades le régime de vie capable de les soulager et j'écarterai d'eux tout ce qui peut leur être contraire ou nuisible. Jamais je ne remettrai du poison, même si on me le demande, et je ne conseillerai pas d'y recourir. Je ne remettrai pas de produits abortifs aux femmes.

[...]

Traduction de Littré

 

.

 

Voir aussi 

 

Gilles Castelnau  La « vie » de l'embryon, recherche médicale, planning familial, avortement

 

Retour
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.