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Le Jésus de l'histoire

 

 



 Site web Radical Faith

 

 

Michael Maasdorp

 

 

28 avril 2010

Les théologiens ont trop longtemps admis une version de l’histoire dont ils disaient que « les choses s’étaient réellement passées ainsi » sans la soumettre à aucune analyse critique. Alors que s’ils l’avaient fait, les historiens profanes auraient été moins réservés à l’égard de la Bible.
Il nous faut absolument nous y mettre maintenant. La nature du christianisme fait actuellement l’objet d’un débat intense. Nombreux sont ceux qui se passionnent pour le Jésus de l’histoire, celui dont la vie a déclenché une des plus grands mouvements du monde.

La question fondamentale est celle-ci : Que savons-nous de certain au sujet du « Jésus historique » comparable à ce que nous savons d’autres grandes figures historiques.
Celui que nous nommons le « Jésus historique » était une personne dont nous savons certaines choses, peu nombreuses en fait et non la personne qui a réellement vécu et que nous ne pouvons pratiquement pas atteindre. A la question de savoir ce que nous savons au juste du Jésus historique plusieurs réponses très différentes sont proposées, mais peu de gens se demandent si la question est réellement importante.

Certains pensent que seul compte le « Jésus de la foi » et que la réalité historique est secondaire, comme le disait le théologien Karl Barth. Pour celui-ci la raison et l’histoire ne peuvent nous aider que partiellement car l’important est que, par la foi, nous puissions contempler l’indémontrable. Ceux qui fondent donc avant tout leur spiritualité sur le « Jésus de la foi » continueront à le faire quelles que soient les découvertes historiques. Si cette position vous convient vous n’avez sans doute pas besoin de poursuivre la lecture de cet article. Elle semble pourtant difficile à maintenir. Qu’en penserait-on, par exemple, si une découverte historique prouvait que Jésus n’a jamais existé. La majorité des historiens estiment, certes hautement probable, que Jésus a effectivement existé. Il n’est pourtant pas absurde de poser la question dans la mesure où certains - une minorité - jugent son existence physique improbable.
S’attacher fondamentalement au « regard de la foi » me semble une position extrêmement faible : comment, en effet, inviter tout le monde à mettre sa foi en Jésus même s’il n’a jamais existé.

[...]

Si les chrétiens fondent leur spiritualité sur le « regard de la foi » plutôt que sur les recherches des historiens – quelque incertaines qu’elles soient – ils doivent également admettre la vérité des autres spiritualités au « regard de la foi ». La conception subjective des bouddhistes, par exemple, aurait le même poids que celle des chrétiens, alors même que les sources historiques bouddhistes ne sont pas fiables. Le « regard de la foi » porté sur Jésus n’a guère de poids aux yeux de ceux qui attachent de la valeur à la science historique.
Autant que je sache, les théologiens chrétiens ont toujours souligné la vérité du Jésus historique. Ainsi par exemple la résurrection de Jésus a toujours été considérée comme la pierre d’angle de la foi chrétienne, qu’elle soit historiquement probable ou non. Le Jésus ressuscité n’est ni un fantôme ni une illusion d’ordre psychologique mais un être bien vivant qui était mort et qui est sorti de sa tombe, qui a marché parmi les humains, mangé leur nourriture, traversé les murs avant de remonter au ciel aux yeux de tous. Je ne vois pas comment on pourrait d’un côté affirmer la réalité historique de ce Christ ressuscité et d’un autre côté prétendre que la science historique n’a pas d’importance.
En effet si la Résurrection est un événement historique (c’est-à-dire si l’on peut en produire des preuves convaincantes) et si elle est un élément fondamental de la foi chrétienne, il me semble que la réalité objective de la personne de Jésus est, elle aussi, un élément fondamental de la foi chrétienne.

Le problème permanent est de décider quels sont les récits du Nouveau Testament que l’on peut considérer comme valables sur le plan historique, c’est-à-dire dont l’historicité est « hautement probable ».
Il y a le Jésus de ceux qui jugent que les évangiles sont inerrantes, que chaque détail rapporte exactement ce qui s’est passé.
Il y a le Jésus qui est perçu comme entièrement mythique, construit par les générations qui lui ont succédé.
Et il y a un éventail de jugements entre ces deux extrêmes où la vérité se trouve probablement.
Être chrétien au 21e siècle oblige à réfléchir à cette question.
Certes on peut aussi « connaître » Jésus d’autres manières, par la prière, le culte, l’entraide fraternelle etc. Mais tout ceci est subjectif.
Historiquement on peut savoir certaines choses de Jésus :

Il n’était pas un esprit désincarné. Il était un homme comme tout le monde. Durant sa vie il pouvait faire tout ce qu’un homme peut faire. Connaître quelle sorte d’homme il était implique une recherche historique traditionnelle.
Nos connaissances historiques nous renseignent sur ce que Jésus ne pouvait pas faire. Ce que les hommes ne peuvent pas faire aujourd’hui, ils ne pouvaient certainement pas les faire autrefois.

Jésus vivait dans une culture très différente de la nôtre dont nous ne pénètrerons sans doute jamais pleinement tous les aspects. Par exemple, que saurons-nous vraiment de sa compréhension des démons ?

Notre monde évolue et pose de nouvelles questions au christianisme auxquelles il faut trouver de nouvelles réponses et nombre de celles-ci doivent être fondée sur la vérité historique.

Comme chacun de nous, Jésus avait une personnalité unique. En tant que chrétiens nous confessons qu’il a instauré une nouvelle relation avec le monde qui a transformé la vie de millions d’hommes. Il est plus important que jamais de prendre conscience aussi précisément que possible de l’œuvre de Jésus, de ce qu’il a dit et fait, de ce qu’il a représenté. Seule une étude historique sérieuse peut nous éviter les dérapages illusoires.
Par exemple certains concluent de la lecture de l’Évangile de Jean que Jésus avait une relation unique avec Dieu à laquelle personne ne pourrait prétendre. Mais les historiens biblistes font remarquer que les grands monologues que cet évangile attribue à Jésus sont l’œuvre des auteurs et ne sont en aucun cas le compte rendu de ce que Jésus a réellement dit. Même du temps de Jésus, ses disciples élaboraient des théories le concernant. Les biblistes nous disent que les évangiles ont été rédigés à partir des traditions liturgiques de la première Église et non des souvenirs concrets. Peu de temps après la crucifixion de Jésus, Paul élabora l’édifice théologique que nous connaissons. Celui-ci représente la vision d’une partie seulement de la première Église, celle qui a été conservée alors que les autres ont disparu.

Il n’y a rien de mal à adhérer à telle ou telle théologie, du moment qu’elle ne contredit pas ce que nous savons du « Jésus de l’histoire ». Notre site de « Radical Faith » présente le Jésus de l’histoire tel que la science historique le conçoit actuellement.
Ce que nous voulons est :
a. Présenter un Jésus historique hautement probable. De nouvelles études peuvent demain modifier cette image.
b. Tirer des conclusions de cette compréhension du Jésus historique. Nous ne considérons pas Jésus comme un archétype donné une fois pour toutes, un être qu’il faudrait copier et imiter.

- Jésus serait-il un esprit non historique, sans lien avec la vie réelle, un fantôme de foi ?
- Ou est-il plutôt le Jésus historique, celui que nous connaissons suffisamment pour vivre notre propre vie dans l’esprit qu’il a inauguré ?

Il faut inlassablement répéter que c’est là le véritable problème auquel nous sommes confrontés et non la question de la foi, des croyances ou du fonctionnement de l’autorité dans nos Églises.

 

Traduction Gilles Castelnau

.

 

 

Note de Gilles Castelnau

 

Il est, certes, tout à fait important de replacer systématiquement le personnage de Jésus, son message, ses actes et tout son ministère dans le contexte historique de son époque et d’en avoir une approche critique qui tienne compte de l’habitude de la culture juive et hellénistique du 1er siècle de s’exprimer en images et en métaphores.
Ceci nous évite de nous laisser entraîner dans le surnaturel échevelé des conciles du 4e siècle et la divinisation hallucinante de Jésus.

Néanmoins il faut se souvenir également que les récits des évangiles ont été rédigés après la Résurrection de Pâques et plusieurs décennies après le ministère de Jésus lorsque la foi nouvelle s’était déjà largement constituée. Le « Christ de la Foi » auquel cet article s'oppose trop, symbolise toute la spiritualité chrétienne telle que les premiers chrétiens en étaient animés et aucune découverte historique ne peut déconsidérer le témoignage intérieur du saint Esprit qui nous anime pareillement. 

 

 

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