William
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20 mai 2006
Qui est grand ? On pourrait
répondre : les puissants ou les riches. Autrefois c'était le roi car il avait une
armée puissante, des richesses et une splendide cour. On
disait souvent qu'il était Dieu ou du moins
représentant de Dieu sur terre.
Dieu était également
considéré comme roi, roi des rois, d'une gloire et
d'une puissance suprêmes.
Mais aujourd'hui les choses ont
changé. Nous n'accordons plus
tellement honneur et respect aux gens à cause de leur
naissance, de leur richesse ni même à cause de leur
pouvoir, mais plutôt parce qu'ils sont convenables et
attachés aux droits de l'homme. Nous élisons nos
responsables politiques dans l'idée qu'ils fassent passer le
bien du peuple avant leur désir de grandeur
personnelle.
Nous ne souhaitons pas que notre entourage
éprouve à notre égard de la crainte et
d'humilité mais de l'amour et de la fraternité et qu'il
nous apprécie tout simplement pour ce que nous sommes.
Nous respectons les autres mais sans nous
agenouiller et nous prosterner devant eux.
Mais nous avons l'habitude d'attribuer
à Dieu les symboles qui exprimaient autrefois la
grandeur : royauté,
trône, force, puissance, gloire etc. Mais le risque est que
nous nous les attribuions à nous aussi. Après tout on
souhaite toujours être un peu comme Dieu et prendre
modèle sur lui !
D'ailleurs, ce langage convient-il vraiment
à Dieu ? Sa grandeur est-elle réellement faite de
puissance, de richesse et de gloire ? Ce n'est pas seulement
notre mentalité moderne qui pose une telle question.
Jésus lui-même attirait l'attention de ses disciples sur
cette fausse conception de la grandeur :
Jésus appela ses
disciples et leur dit : Vous savez que ceux qu'on regarde comme
les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les
dominent.
Il n'en est pas de même au milieu de vous.
Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu'il soit votre
serviteur et quiconque veut être le premier parmi vous, qu'il
soit l'esclave de tous.
Car le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour
servir. Marc 10. 42
A ses yeux - et toute sa
manière de vivre le démontrait - la véritable grandeur se trouve dans le souci
pour les autres et dans l'amour tout simple. Il a dit lui-même
qu'il n'était pas venu pour être servi mais pour
servir.
Sa mort sur la croix montre la même
chose. Il était un roi, mais un roi différent : sa
couronne était d'épines. L'annonce du « Royaume » de Dieu était une bonne nouvelle pour les
gens ordinaires car c'était un Royaume d'amour.
De même, l'image du Père que
nous a donnée Jésus n'est pas celle d'un hommes distant et puissant mais, comme dans la
parabole de l'enfant prodigue, d'un père d'amour et de
compassion.
Jésus enseignait une nouvelle
manière de comprendre la grandeur telle que Dieu la voit et
nous la comprenons petit à petit. Il ne s'agit pas de
puissance et de richesse mais de compassion : il a parlé
de la grandeur de la pauvre veuve, il a lavé les pieds de ses
disciples, il a suivi cette route jusqu'à la mort.
Pourtant on continue à penser
à Dieu en termes de puissance, richesse et gloire comme si ces valeurs comptaient
pour lui malgré ce que Jésus en disait. Ceci est
notamment évident dans les paroles de nos cantiques que nous
chantons dimanche après dimanche.
Il semble donc que Dieu attacherait de
l'importance à sa toute puissance, à sa force et sa
gloire alors que Jésus entend pratiquer la simplicité,
la compassion et l'amour. Imiter Dieu nous éloignerait alors
de Jésus.
Commençons par admettre que Dieu et
Jésus n'ont pas deux systèmes de valeurs
contradictoires. Bien au contraire, Dieu était en Christ. En
Jésus nous voyons Dieu et nous comprenons ce qu'il est.
Comprendre autrement la grandeur de Dieu
nous ouvre à une autre manière de lui rendre notre
culte. Au lieu d'évoquer tout
de suite une cour royale dans toute sa splendeur, nous ferions mieux
de mentionner le respect qu'il nous est arrivé de ressentir
à l'égard d'une personnalité, un sentiment
d'admiration et d'amour. De telles images réorienteraient
convenablement nos pensées. Le message central des
Écritures et du ministère de Jésus est
certainement que la conception courante de la grandeur d'un roi ou
d'un père est totalement renversée.
Tout reste à faire. Il vaut
certainement la peine que l'on refasse un peu de théologie en
réfléchissant à ce que Jésus nous a
enseigné !
Traduction Gilles
Castelnau
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