pasteur retraité de l’Église unie du Christ aux États-Unis
traduction Gilles Castelnau
Ne percevez-vous ni ne comprenez-vous encore ?
Vos cœurs sont-ils endurcis ?
Avez-vous des yeux pour ne pas voir ?
Avez-vous des oreilles pour ne pas entendre ?
Marc 8, 17-18
Croire en Dieu
On ne peut plus, aujourd’hui, adhérer honnêtement à la conception traditionnelle de Dieu que les théologiens appellent le « Dieu du théisme ». Ce « Dieu dans le ciel », extérieur à l’univers et indépendant des êtres humains, est perçu comme un Dieu qui n’intervient dans les affaires humaines qu’aux moments qu’il choisit lui-même. Cela soulève un problème insoluble face à la souffrance. Si Dieu est l’amour absolu, comment peut-il intervenir dans telle situation de souffrance sans le faire dans toutes les autres ?
Mais il est parfaitement possible de concevoir plutôt Dieu comme une Énergie présente partout en permanence, un Amour infini, Mystère insondable.
Chaque génération a la responsabilité d’élaborer sa propre compréhension de Dieu selon sa propre vision de la vie et en accord avec les dernières avancées de la recherche intellectuelle et scientifique. Il vaut mieux évaluer ces conceptions en termes de leur « pertinence » que de leur évatuelle « vérité » ou de leur « erreur ». Lorsqu’une conception ne semble plus pertinente selon notre expérience moderne il vaut alors mieux en imaginer une nouvelle.
En ce qui concerne notamment la conception théiste d’un Dieu surnaturel on peut se demander si aujourd’hui quelqu’un peut encore admettre que notre univers se compose de trois niveaux : un Dieu demeurant là-haut au ciel, l’enfer où l’on peut « descendre » et la terre entre les deux ? Bien des gens s’imaginent qu’il « devraient » y croire mais en répètent les termes évidemment sans y adhérer.
La réflexion et le raisonnement ont, certes, un important rôle à jouer dans la conception que l’on se fait de Dieu. Mais ils ne sont pas suffisants pour une vie spirituelle satisfaisante : le sentiment et l’intuition permettent de pénétrer l’univers du poète et du mystique et l’émerveillement du mystère de Dieu.
Jésus était un mystique ; Paul l’était aussi et nombre de prophètes d’Israël.
Ainsi le Premier Ésaïe écrit :
L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes ; deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les pieds, et deux dont ils se servaient pour voler. Ils criaient l’un à l’autre, et disaient :
– Saint, saint, saint est l’Eternel des armées ! toute la terre est pleine de sa gloire !
(en hébreu : kadosh, kadosh kadosh yahvo sebaot, melô kol haoretz kebodô)
Les portes furent ébranlées dans leurs fondements par la voix qui retentissait, et la maison se remplit de fumée.
Alors je dis :
– Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures…
(en hébreu : Oï li ki nidméti ki ici semé-sifataïm anoki)
Mais l’un des séraphins vola vers moi, tenant à la main une pierre ardente, qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes.
Il en toucha ma bouche, et dit :
– Ceci a touché tes lèvres ; ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié. (6, 1-8)
La réflexion sur la théologie non-théiste et la contemplation mystique apportent une manière certainement intéressante de concevoir Dieu et de pénétrer un peu son insondable mystère.
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