Le cœur du christianisme

Par

pasteur de l’Église méthodiste unie des États-Unis

traduction Gilles Castelnau

A la question : « Et si l’on ne croit ni en Dieu, ni en la religion, ni en la prière ? ».
Je réponds : « Tout cela n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est la façon dont nous nous traitons les uns les autres. »

La spiritualité authentique ne repose pas sur des croyances, mais sur la manière de se conduire.

Je me suis souvent posé des questions théologiques comme : Dieu est-il une personne ? Intervient-il dans les affaires humaines ? Les miracles existent-ils ? La prière a-t-elle une incidence ? Jésus était-il réellement divin ? 

Mais j’ai fini par comprendre que la foi authentique n’a que peu de rapport avec les doctrines et les institutions religieuses. La seule chose qui compte, en réalité, est notre façon de vivre.

Jésus se souciait peu des apparats religieux traditionnels. Lorsqu’il a appelé ses premiers disciples, il n’a pas dit un mot sur la religion. Il a simplement dit : « Suivez-moi. » Par ailleurs, le « Grand Commandement » de Jésus (aimer Dieu et son prochain), sa « Règle d’or » (traiter les autres comme nous aimerions qu’ils nous traitent), ses paraboles et ses enseignements fondamentaux (tels qu’ils apparaissent dans le Sermon sur la montagne) n’avaient pratiquement rien à voir avec les préoccupations théologiques courantes.

Lorsqu’un jeune homme lui demanda comment hériter de la vie éternelle, Jésus ne mentionna aucune croyance ni aucune institution religieuse mais il lui dit simplement : « Observe les commandements, vends tes biens, donne le produit de la vente aux pauvres et suis-moi. » (Mc 10.17-21)

Dans la parabole du bon Samaritain, c’est l’attitude bienveillante — et non les croyances religieuses — que Jésus valorise. (Luc 10.17-35)

Dans la parabole du Jugement dernier, Jésus dit que les gens ne seront pas jugés sur leurs convictions doctrinales ou leur fidélité à une institution, mais sur la manière dont ils réagissent face aux pauvres, aux malades et aux étrangers.  (Mt 25.31)

La théologie n’intéressait pas Jésus ; ce qui comptait pour lui, c’était une conduite éthique et empreinte d’amour.

Jacques a déclaré : « La religion pure et sans tache aux yeux de Dieu notre Père consiste à prendre soin des orphelins et des veuves, et à se préserver de la corruption du monde » (Jq 1). Et l’apôtre Paul a affirmé : « La seule chose qui compte, c’est la foi qui s’exprime par l’amour » (Gal 5).

L’Ancien Testament ne dit pas autre chose. Les Dix Commandements (Exode 20) ne disent absolument rien sur les doctrines religieuses. Ils appellent plutôt à une vie éthique, incluant l’interdiction de voler, de mentir, ainsi que l’exigence de fidélité envers son conjoint et de respect envers ses parents. 

Michée disait : « Ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde et que tu marches humblement avec ton Dieu » (Mi 6). 

La simplicité au-delà de la complexité

L’appel de Jésus est : vivre une vie d’amour. 

Efforçons-nous tout simplement de mettre en pratique l’amour, la miséricorde, la grâce, l’honnêteté, l’humilité, l’intégrité, la fidélité conjugale, l’ouverture à l’autre, l’empathie et l’authenticité. C’est cela la vie chrétienne.

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