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Le 500e

anniversaire de la Réfome

 

Claudine Castelnau

 

 

5 novembre 2017


En France

Les feux du 500e anniversaire de la Réforme protestante s’éteignent après une année de festivités qui ont culminées ce 31 octobre, rappel de ce 31 octobre 1517 où sur la porte de la chapelle du château de Wittenberg, un moine et théologien de 33 ans Martin Luther, affiche ses « 95 thèses » contre les indulgences et la corruption de l’Eglise catholique de l’époque.

Ce texte circule très vite grâce à l’imprimerie et a un retentissement considérable. « Cinq siècles plus tard, rappelle Le Monde, elles sont considérées comme l’acte fondateur de la Réforme protestante, un événement qui a bouleversé la vie de la chrétienté, le destin de l’Europe et l’histoire de l’Allemagne. »

« Comparée aux précédentes, les commémorations de cette année 2017 sont d’une ampleur inégalée », écrit encore le correspondant du Monde à Berlin dans le numéro du 5 novembre.

« Le nombre d’événements est vertigineux, observe l’historien Patrice Veit, coéditeur des Œuvres de Luther dans la Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard). 

Les publications se comptent par dizaines, les expositions sont innombrables et, dans les Länder et les villes, l’offre est impressionnante. Quant à la couverture médiatique, elle est considérable. »

Point d’orgue d’une décennie commémorative, cet anniversaire a surtout été caractérisé, selon Gérald Chaix, professeur émérite de l’université de Tours, par la volonté de « déconfessionnaliser », de « dénationaliser » et d’« historiciser » la figure de Luther. Or, comme l’observe l’historien, cet « effort d’historicisation accompli au cours du dernier quart de siècle » aboutit aujourd’hui à une forme de « dés-héroïsation » de Luther. Désormais, il est vu, dit-il, comme « le témoin du Moyen Age autant que comme le pionnier d’une réforme et d’une modernité qui ne débutent certainement pas le 31 octobre 1517. »

Par ailleurs, si Luther reste un « protagoniste » [de la Réforme protestante], il apparaît moins qu’autrefois comme un « acteur solitaire » : des figures comme , Melanchthon (à Wittenberg), Zwingli (à Zurich), Calvin (à Genève) ou Bucer (à Strasbourg) viennent rappeler que la réforme luthérienne n’est que l’une des formes prises par le processus de réformes qui a caractérisé l’Europe entre le XIVe et le XVIe siècle », souligne Gérald Chaix. [...] Mais, « pour de nombreux observateurs, note Le Monde, le choix d’étaler les cérémonies sur une décennie en a non seulement fait perdre le sens général, mais a fini par lasser. »

Pour un autre interlocuteurs, ces commémorations ont surtout mis en évidence la « crise des Eglises » face à la sécularisation de la société. Un constat partagé par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel qui écrit dans son numéro du 28 octobre : « Sans doute est-ce là le problème fondamental de cet anniversaire de la Réforme : la “déchristianisation” massive. Ainsi, à Eisleben, dans la ville de naissance de Luther, en Thuringe, seulement 7 % de la population déclare aujourd’hui appartenir à une Eglise. »

Tel est au fond le paradoxe, conclut Le Monde : « si Luther n’a jamais été célébré en Allemagne de façon aussi visible, les passions qu’il suscite n’ont jamais été aussi sages. Un paradoxe résumé par le choix du ministère allemand des affaires étrangères de mettre en avant la figurine Playmobil du grand homme – vendue à un million d’exemplaires dans le monde depuis sa mise sur le marché, en 2015 – afin d’en célébrer la mémoire. »


La photo du Luther en Playmobil a été postée le mardi 31 octobre, sur le compte Instagram du ministère : « On y voit, décrit Le Monde, un Playmobil vêtu d’une robe et d’un chapeau noirs, une bible à la main, photographié en contre-plongée dans une église. En légende : "Paix, liberté et responsabilité" : telles sont les valeurs de Martin Luther et de la #Réforme. Quand nous considérons les 500 ans de la Réforme, il apparaît que notre pays, en matière de politique extérieure, doit plus que jamais défendre ces valeurs, a déclaré le ministre des affaires étrangères, Sigmar Gabriel, à l’occasion du 500e anniversaire de la Réforme. »

 


En Allemagne


Le correspondant du Monde relève que « Vu de France, où la laïcité est l’un des piliers de l’identité nationale, le fait qu’un ministre des affaires étrangères convoque un théologien pour célébrer les "valeurs" de son pays a de quoi surprendre. De même, il peut paraître étonnant que le gouvernement allemand ait décidé, cette année, de faire du 31 octobre un jour férié dans tout le pays, alors qu’il ne l’est d’habitude que dans les cinq Länder de l’ex-RDA communiste. Si ces choix en disent long sur le rôle que jouent les Eglises chrétiennes en Allemagne où les contribuables qui se déclarent chrétiens doivent s’acquitter d’un "impôt d’Eglise" correspondant à un peu moins de 10 % de l’impôt sur le revenu, ils rappellent aussi une réalité historique : la place particulière de Luther dans l’imaginaire allemand, une figure dont les métamorphoses mémorielles reflètent les mutations d’une conscience nationale tourmentée. »

Luther, héros du « roman national » allemand. Utilisé chaque fois que ce pays se cherche des figures tutélaires pour légitimer son aspiration à l’unité politique.

Ce sera fait avec le chancelier protestant Bismarck en 1871, lorsque l’Etat allemand est proclamé à Versailles, après la victoire de la Prusse contre la France de Napoléon III. Luther sera utilisé à des fins patriotiques pendant la Première Guerre mondiale puis récupéré par les nazis et ces « chrétiens allemands » favorables à une aryanisation du christianisme débarassé de sa tradition juive... à laquelle s’opposera l’Eglise dite « confessante » du pasteur Niemöler.

Pendant la geurre froide, la mémoire de Luther est un enjeu politique en Allemagne : la RDA après en avoir fait une figure repoussoir à cause de la justification par Luther de la répression des princes contre les paysans révoltés en 1525, récupère le héros national lors des 400 ans de sa naissance : une manière d’ancrer la RDA dans l’histoire allemande et de rappeler que les lieux de mémoire concernant Luther se trouvent à l’est du rideau de fer... Pour les 500 ans de l’affichage des 95 thèses, l’Allemagne a retrouvé son unité et la mémoire de Luther est apaisée !

 

 

 

En musique

L’hebdomadaire Télérama a choisi l’angle musical pour parler de Luther dans un long article paru dans le N° daté du 25 octobre et intitulé « Et Luther créa Bach » :
« Martin Luther était aussi musicien. Il a fait du chant choral un instrument de propagande religieuse. Et suscité, deux siècles plus tard, la vocation de Johann Sebastian Bach, qui sublima la parole biblique. 
Entre autres conséquences, [la Réforme] susite d’emblée un bouillonnement de créativité parmi les compositeurs du centre et du nord de l’Allemagne, jusque-là très discrets. Comment s’en étonner ? Loin de se méfier de la musique, Luther en parle comme d’une “cadeau de Dieu”. Il la place au même titre que la théologie dans la vie spirituelle des croyants, lui attribue dans l’enseignement, la même importance que les mathématiques et réclame fermement des maîtres d’école et des pasteurs musicalement compétents.
Surtout la demande d’œuvres composées spécifiquement pour l’église, si possible inédites, augmente de manière spectaculaire. Praetorius, Schütz, Buxtehude, pour ne citer que les plus reconnus, sans parler de la dynastie des musiciens dont descend Bach, tous s’abreuvent à la parole biblique pour en tirer des chefs-d’œuvre. Parce que accessible à tous, le chant en allemand à la première place [...] le choral, chanté par l’assemblée, devient un puissant instrument de propagande de la foi. Les fidèles sont encouragés à l’entonner à l’office, à l’école, à la maison.
Une quantité de recueils de cantiques sont édités. Musicien lui-même (il aurait joué du luth et de la flûte), Luther compose les mélodies de trente-six chorals, dont le célèbre Ein feste Burg ist unser Gott (C’est un rempart que notre Dieu). D’autres se chargeront de les harmoniser [...] Contrairement aux calvinistes, qui n’acceptent alors pendant l’office que les psaumes chantés à l’unisson sans accompagnement instrumental, les luthériens placent l’orgue prié d’acocmpagner les fidèles au centre de la liturgie.[...] Et l’allemand, langue de l’Ecriture (Luther a commencé par traduire la Bible) est encouragé pour la musique vocale. »

En 1685, Johann Sebastian Bach né à Eisenach en Thuringe, ville où a habité Luther et où il a traduit la Bible en allemand. « Bach mourra en 1750, laissant une œuvre qu’il est impossible, sous peine de mauvaise foi, de désolidariser du cadre luthérien, relève Télérama. Luther forma la vision du monde de Bach, soutint sa vocation et la rattacha . au service de l’Eglise, bien plus profondément que ce n’était le cas pour ses contemporains allemands Téléman, Haendel » affirme le chef d’orchestre John Eliot Gardiner.

Bach aura un goût appuyé pour les chorals dont il n’invente pas les mélodies mais auxquelles il offre de somptueux écrins instrumentaux. Autre titre de gloire, ses cantates, écrites pour encadrer la prédication à l’église. A Leipsig, la municipalité qui l’embauche lui demandera des cantates pour tous les dimanches et fêtes de l’année liturgique. Trois cents cantates au total. Et des Passions, véritables opéras sacrés.
Parmi les nombreux compositeurs de la Réforme, Bach est le seul à n’avoir jamais cessé d’être joué et admiré. « Cinq cents ans après l’acte fondateur de Luther, dans une Europe largement déchristianisée, la vitalité persistante des musiques de la Réforme ne surprend personne : Si cette musique n’était que fonctionnelle, elle aurait disparu. On perd quelque chose si l’on oublie complètement le cadre liturgique [...] mais par sa beauté, sa qualité, elle peut vivre sans lui. » affirme le chef de l’ensemble musical, Vox Luminis.

 

 

En timbre du Vatican



Enfin le Bureau philatélique et numismatique de l’Etat de la Cité du Vatican a annoncé que les prochains timbres qui seront émis, le 23 novembre, rendront hommage aux 500 ans de la Réforme et à saint François de Sales, figure de la Contre-Réforme pour les 450 ans de sa naissance en 1567...
Le correspondant du quotidien La Croix précise que « le timbre des 500 ans de la Réforme, d’une valeur faciale de 1 €, représente, au premier plan, Jésus crucifié sur un fond doré et intemporel de la ville allemande de Wittemberg où, le 31 octobre 1517, Martin Luther afficha ses 95 thèses considérées comme le point de départ de la Réforme. »

Et l’Ufficio filatelico de la Cité du Vatican décrit ce timbre : « Agenouillés respectivement à gauche et à droite de la croix, se trouvent Martin Luther soutenant la Bible, source et objectif de sa doctrine, et Philippe Mélanchthon, ami de Martin Luther, un des plus grands protagonistes de la Réforme, qui tient en main la confession d’Augsbourg, première exposition officielle des principes du protestantisme. »

Il faut préciser que la Confession d’Augbourg de 1530, est un texte majeur du luthéranisme. Rédigée par Philippe Mélanchton, approuvée par Luther et par tous les princes luthériens d’Allemagne, lors de la Diète d’Augsbourg qui avait été convoquée par Charles Quint pour tenter de faire cesser les discordes entre catholiques et luthériens. Elle devient, dès 1555, la confession de foi de l’Eglise luthérienne et l’est toujours.


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