
Les Trois grâces (1531)
Cranach et son temps
1472-1553
Paris, musée du Luxembourg
jusqu’au 23 mai 2011
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Gilles Castelnau
16 février 2011
Le tableau ci-dessus vient d’entrer au musée du Louvre grâce à une souscription publique lancée en novembre dernier à laquelle 7000 donateurs ont participé. Une présentation exceptionnelle en sera faite du 2 mars au 30 mai 2011, dans la galerie Médicis au 2e étage de l’aile Richelieu avant de rejoindre sa place définitive dans les collections permanentes.
En même temps une exposition est ouverte au palais du Luxembourg après avoir eu lieu à Bruxelles.
Lucas Cranach l’Ancien et Albrecht Dürer sont les grands représentants de la peinture de l’Allemagne protestante.
Cranach, après un séjour à Vienne où sa peinture était marquée d’une vitalité pathétique magnifique et violente, fut invité en 1505, à l’âge de 33 ans à s’installer dans la ville de Wittenberg, capitale de la Saxe par son prince électeur Frédéric le Sage. Il y fut peintre officiel de la cour et y demeura, actif et célèbre jusqu’à sa mort, apprécié également par les princes suivants Jean le Constant et Jean-Frédéric le Magnanime.
Il sut répondre aux désirs d’une haute société riche, puissante et protestante (c’est à Wittenberg que Luther affichera en 1517 ses fameuses 95 Thèses, sur la porte de la chapelle du château). Il réalisa les portraits de toutes les belles dames et de leurs filles, peignit leurs meubles et les fresques de leurs chateaux. Il fut à deux reprises bourgmestre de Wittenberg où il était connu de tous, et vêtu comme les grands seigneurs.

Les Princesses Sibylle, Émilie et Sidonie de Saxe Vers 1535
Il aimait à peindre aussi des femmes tirées de la mythologie, de l’histoire ancienne, de la Bible : Vénus, Diane, Lucrèce, Salomé, Judith, Bethasébée. Nues ou luxueusement habillées.

Allégorie de la justice 1537
Il les représentait parées comme les dames de la cour ou vêtues d’un voile léger qui soulignait leurs charmes : le visiteur de l’exposition se demandera si leur élégance sophistiquée était celle de fragiles adolescentes de bonne famille, si elles étaient puritaines, vertueuse ou aguicheuses, mutines ou sérieuses et si leur nudité était érotique, naïve ou séductrice ?

Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste 1526-1530
Cranach était totalement engagé, comme son compatriote Albrecht Dürer, dans les idées nouvelles du protestantisme. Il était ami de Martin Luther dont il avait fait le portrait l’année où celui-ci avait affronté – au péril de sa vie – le pape Léon X et l’empereur Charles Quint à la diète de Worms à la suite de quoi il avait été mis au ban de l’empire et s’était réfugié dans le château de son protecteur, le prince-électeur Frédéric le Sage.

Portrait de Martin Luther en moine augustin avec bonnet doctoral vers 1520
Il fit le portrait de sa fille (morte au grand désespoir de Martin Luther en 1542 à l’âge de 14 ans) et illustra la traduction en allemand que Luther faisait du Nouveau Testament.
Que disait Luther de la peinture de son ami ? Gageons qu’il en appréciait la réserve, et la retenue.
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En ces mêmes années de la première moitié du 16e siècle, ces autres peintres de cour qu’étaient Le Titien, le Tintoret et Véronèse, vivant dans le luxe de la puissante capitale – très catholique - qu’était Venise, révélaient par leur peinture une idéologie toute différente.

Le Titien, Danae et la pluie d’or 1545
Danaé dont Zeus, amoureux, se métamorphose en pluie d’or pour s’attacher à elle est effectivement bien belle. Son visage est charmant, ses seins sont désirables et son regard tendre et pensif. Elle est couchée sur des draps de soie fine, un couvre-lit mordoré est à ses pieds et l’angelot de l’amour n’est pas loin. L’atmosphère est onirique, heureuse, exaltante et fait apparaître par contraste la sobriété et la sage modération des tableaux de Cranach.

Tintoret, Mars et Vénus surpris par Vulcain 1550

Le Titien, Vénus d’Urbino 1538
A Rome, Michel Ange peignait des hommes

Michel Ange, plafond de la chapelle Sixtine
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Voir aussi sur ce site
Portrait de Magdalena Luther, la fille de Luther
Lucas Cranach l’Ancien Gilles Castelnau et Élisabeth Foucart-Walter
Le portrait d'Anton Fugger au Louvre
L’âge d’argent de Lucas Cranach
Titien, Tintoret, Véronèse, rivalité à Venise