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Spiritualité des images 

 

 

 

Le Titien « Danae et la pluie d’or »

« Titien, Tintoret, Véronèse

Rivalités à Venise »

 

musée du Louvre jusqu’au 4 janvier

 

 

Gilles Castelnau

 

18 septembre 2009

Dès la première salle de cette magnifique exposition on est emporté dans l’éblouissement de la beauté avec un tableau de chacun des trois maîtres.
Titien, « Danae et la pluie d’or ». (ci-dessus). Danaé dont Zeus, amoureux, se métamorphose en pluie d’or pour s’attacher à elle est effectivement bien belle. Son visage est charmant, ses seins sont désirables et son regard tendre et pensif. Elle est couchée sur des draps de soie fine, un couvre-lit mordoré est à ses pieds et l’angelot de l’amour n’est pas loin. L’atmosphère est onirique, heureuse, exaltante.

La première Renaissance italienne, les Donatello, Piero della Francesca, Botticelli, nous avaient déjà montré des hommes et des femmes dégagés des stricts cadres gothiques - où l’on ne pouvait être représenté qu’agenouillé devant la croix ou devant la Vierge - et qui « renaissaient» à une piété libre et personnelle.
Léonard de Vinci, Michel Ange et Raphaël peignaient leurs personnages dans toute leur réalité humaine mais demeuraient en général dans une ambiance chrétienne. (Il est vrai que Raphaël laissait son amour des belles femmes et notamment de sa Fornarina, déborder ses pensées religieuses !)
Mais le Titien, Tintoret et Véronèse nous entraînent corps et âmes dans l’univers enchanté et magique d’un paganisme… heureux.

Le Tintoret, « Apollon et Marsyas » : Je ne saurais mieux dire : Le monde païen est heureux. Et la tradition ? et  l’Église ? et la religion ? 
Quelle religion ? On est à Venise, on est libres, on commerce avec le monde entier, on est riches, on est – effectivement – heureux...

 

Véronèse, « le Christ s’adressant à une femme à genoux »

 

Véronèse peint un sujet biblique. Il y a même le Christ. Voyez : on n’est pas contre l’Église.
La femme est entourée de deux amies très élégantes. Leurs vêtements, aux diverses couleurs pastels (le fameux vert Véronèse) ont des plis magnifiques. Bijoux, décolletés, visages doux et jolis, les nombreux personnages en mouvement sont tous beaux, même les hommes âgés et au visage mangé de barbe. Le Christ a une grande tunique bleue, des vêtements de rêve, aux tons pastel bleus et roses.
Véronèse a ajouté des colonnes cannelées, un enfant nu et même un chien. On est vraiment dans les salons de la sérénissime Venise du 16e siècle, riche, belle, paradisiaque.

Qui parle des évangiles ? Le Christ ne regarde pas vraiment la femme ; il ne la félicite pas de sa foi, comme le disent les textes. Et lorsque ceux-ci précisent qu’une « force était sortie de lui » pour guérir la femme, Véronèse n’a pas jugé utile de le représenter. D’ailleurs le regard de la femme est plus amoureux que reconnaissant ou même croyant !

La salle suivante présente des portraits de doge, de militaire, de grandes dames de la haute société vénitienne qui sont tout à fait à l’aise dans cette atmosphère prospère. Grâce, reflets de lumière, couleurs, belles femmes…

 



Le Tintoret, « Suzanne et les vieillards »

 

Le Tintoret, « Suzanne et les vieillards ». (remarque. Aucune reproduction, même pas celle-ci, ne peut rendre la beauté du tableau) Suzanne n’est pas belle comme les amoureuses du Titien, mais les nombreux détails répartis sur toute la surface du tableau sont splendides et créent une ambiance de rêve : bijoux, la petite mare avec ses canards, mur de verdure et ses mille fleurs et même le cerf en haut à gauche, dans le bois.
Les méchants vieillards sont réduits à une tête dans le coin et un personnage lointain presque caché par la haie. Le drame biblique de l’injustice, du mensonge et de la vertu est bien oublié au profit d’un petit paradis que chacun peut reconstituer dans son parc. Un texte au mur remarque d’ailleurs « le caractère profane de l’image ».

 

.

 

Le concile qui se tiendra à cette époque dans la ville voisine de Trente s’efforcera de mettre bon ordre à ce dérapage de la pensée des classes dirigeantes italienne, en même temps qu’il s’opposera au protestantisme naissant. C’est bien l’état d’esprit des Titien, Tintoret, Véronèse et des autres maniéristes qu’il s’efforcera de reprendre en mains :
A la fin de l’exposition un des commissaires de l’exposition a écrit :
« A partir du 16e siècle, la représentation des thèmes sacrés dans une ambiance crépusculaire ou nocturne devient un genre caractéristique de la peinture à Venise. Cette tendance s’inscrit dans la réforme engagée par l’Église catholique qui détermine une nouvelle sensibilité spirituelle préconisant l’expérience individuelle de la religion. Celle-ci privilégie les scènes de prière, de pénitence ou les épisodes tragiques de la vie du Christ. »

Et en effet les visiteurs – déçus ? – ne verront plus que Christ priant à Gethsémané, descentes de croix, Christ mort, mise au tombeau, saint Jérôme ascète méditant. Le Titien, le Tintoret et Véronèse ne sont plus en concurrence que pour des sujets de mort, dont on peut évidemment se demander, s’ils sont plus fidèles au dynamisme créateur du Christ que les sujets de vie tellement païen que tout le monde était venu voir !

 

 

voir aussi « la Vierge au lapin »

 

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