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SpiritualitÉ des images

 

Fleury-Joseph Crépin
Tableau merveilleux n° 11

 

Esprit es-tu là ?

Les peintres et les voix de l’au-delà



musée Maillol
jusqu’au 1er novembre 2020

 

Gilles Castelnau

 

15 juin 2020

Le musée Maillol expose les œuvres de trois peintres issus du milieu ouvrier du nord de la France et qui, plongeant par hasard dans le milieu spirite, lui ont donné une forme picturale.
Ces dessins spirituels semblent de même nature que les mandalas bouddhistes ou hindous. Ils ont l’avantage d’exprimer l’élan intérieur que l’on peut éprouver et leur contemplation permet, si on le souhaite, de se détacher pour un instant du monde réel dans lequel nous sommes pour ainsi dire emprisonnés et de pénétrer un au-delà mystérieux.

 

Augustin Lesage (1876-1954)


Il est mineur à Saint-Pierre-lez-Auchel dans le Pas-de-Calais. Il n’a pas fait d’études au-delà de l’école primaire. Un jour à l’âge de 35 ans, alors qu’il travaille au fond de la mine, il entend une voix lui dire : « Un jour, tu seras peintre. » Il ne lui en faut pas plus pour qu’il plonge dans le milieu spirite qui évoque les esprits, écoute les conseils que ceux-ci lui donnent et se mette à dessiner et à peindre dans sa maison.

 

Composition géométrique, 1946


Depuis le 19e siècle l’intelligentsia française et européenne faisait tourner les tables, écoutait les « esprits » et explorait ainsi le monde de l’au-delà. Allan Kardec en avait systématisé les méthodes en 1857 dans son « Livre des esprits ». Victor Hugo lui-même, Conan Doyle et bien d’autres pratiquaient la chose. Et personne ne s’étonnait qu’un simple ouvrier mineur qui avait tout juste le certificat d’études et n’avait jamais étudié l’art, se mette à peindre de manière si saisissante.

Augustin Lesage disait : « Je sais bien que je ne puis rien peindre si je ne me mets pas sous l’influence des esprits » et à sa mort il avait réalisé huit cents peintures.
Il s’efforçait de laisser instinctivement sa main suivre les gestes que son inspiration lui indiquait !

 

Les Mystères de l’Antique Égypte, 1930


Laissons les cartels de l’exposition commenter ces tableaux : ils sont riches et instructifs :

Lesage représente ici des objets de la tombe de Toutankhamon, découverte en 1922 par Howard Carter dans la vallée des Rois. Il reproduit une des statues en bois plaqué d’or qui gardaient l’entrée de la chambre funéraire, un vase à onguents en forme de bouquetin, le trône du souverain et la scène, sur le dossier, le figurant en compagnie de son épouse.
Lesage reproduit aussi des objets des tombes royales d’Ur en Irak, trouvés en 1927-1928 par Leonard Woolley : un bouquetin se nourrissant des feuilles d’un arbuste, la harpe et la tête de la reine Puabi, ornée de ses bijoux. Lesage la représente ici trois fois et dans quinze autres toiles.

 

 

Fleury-Joseph Crépin (1875-1948)

 

Tableau n° 157, 14 novembre 1941

 

Plombier-zingueur, musicien, peintre et guérisseur.
Les travaux nécessaires à la reconstruction du bassin minier dans les années 1920 permettent à Crépin de développer à Montigny-en-Gohelle, de multiples activités : quincailler, plombier-zingueur, installateur de pompes, chercheur de sources mais aussi guérisseur par l’imposition des mains. Il joue également de la clarinette, pour animer les bals et compose. Un soir de décembre 1938, alors qu’il recopie de la musique, sa main cesse de lui obéir pour tracer d’étranges motifs. A partir de mars 1939, il se met à « peinturer ». Peu après des voix lui disent : « Quant tu auras peint 300 tableaux, ce jour-là, la guerre finira. »


On pourra discuter de la réalité des « voix » entendues : Quelqu’un qui parle à Dieu est pieux, dit-on mais quelqu’un qui entend Dieu lui parler est schizophrène.
D’ailleurs il n’existe pas de corrélation entre le nombre de tableaux peints par Crépin et la fin de la guerre. Il n’existe pas de destin du tout. On ne peut pénétrer la connaissance de l’au-delà : « vous ne saurez ni le jour ni l’heure » a dit Jésus-Christ.

 

 

Tableau merveilleux n° 11, 15 juin 1946 : Ce tableau est ci-dessus en exergue.


Ses voix lui disent : « Après la guerre, tu feras 45 tableaux merveilleux et le monde sera pacifié. » Il peint la nuit ou le jour, dans la solitude, évoquant seulement à ses côtés la présence d’ombres, ses guides. Il achève la 300e œuvre le 7 mai 1945, la veille de l’armistice, et, en reconnaissance, envoie à Montgomery, à Staline, à Eisenhower, à de Gaulle et à Joukov des tableaux aujourd'hui disparus. Il peint encore une certaine de peintures avant de commencer, le 3 novembre 1947, la série des « Tableaux merveilleux ». A sa mort le 10 novembre 1948, deux « Tableaux merveilleux » restent inachevés.

 

 

Victor Simon (1903-1976)

 

Fils d’un ouvrier mineur, il passe son enfance entre Divion et Bruay-en-Artois. Dès l’âge de six ans, ses nuits sont peuplées de visions où se côtoient temples sacrés et épreuves initiatiques passées par les prêtres égyptiens. A douze ans et demi, il commence à travailler à la mine alors que la guerre fait rage. Prenant goût à l’étude, il peut quitter le fond et travailler dans les bureaux de la mine.
A 17 ans, il assiste à une séance de psychisme expérimental qui lui laisse une impression prodigieuse sur le monde invisible. En 1933, alors qu’il tient un café, des voix lui commandent de peindre.
Avant de commencer « Résurrection », sa première toile aujourd'hui disparue, il rend visite à Augustin Lesage qui parlera de lui comme du continuateur de son œuvre.
Dès lors la vie de Simon est dévolue à la spiritualité. Il réalise des peintures pensées comme un temple idéal, donne des conférences et écrit.
Il publie un journal, « Forces spirituelles », édité de 1947 à 1976, et trois livres : « Reviendra-t-il ? » (1953), « Du Sixième Sens à la quatrième dimension » (1955), « Du Moi inconnu au Dieu inconnu » (1957). Passionné par la science des religions, particulièrement celle de l’Égypte antique, et les phénomènes supranormaux, il développe son altruisme grâce à son don de guérisseur.

 

La Toile judéo-chrétienne, 1937

 

C’est sa deuxième grande peinture après « Résurrection » aujourd'hui disparue. Dans une période troublée, c’est une étrape spirituelle vers une religion universelle. La composition abrite ses deux maîtres spirituels : son guide vénusien et le Christ. Deux panthères noires féroces et protectrices, gardent l’entrée du temple illuminé par le soleil levant. L’œil se perd dans les motifs ornementaux évoquant les tapis persans. Cette œuvre est restée cachée pendant cinquante ans avant d’être exhumée et restaurée pour l’exposition.

 

La Toile jaune, 1970 – 21 février 1971

 

« La Toile jaune », dernière peinture de Victor Simon, nous donne à voir l’humanité future. En bas, le corps mental est accompagné de deux figures l’introduisant vers le plan supérieur. Au centre du cercle, le visage du Christ porte sur son front « le Moi éternel ». Les rayons de lumière symbolisant les phases de l’évolution : le corps astral, le corps mental, le corps causal, l’âme morale. Au sommet est représentée la « race bleue » : homme et femme, détachés de leur enveloppe terrestre, reçoivent les radiations spirituelles pour atteindre le plan astral, en dehors du temps et de l’espace. Le foisonnement minutieux des motifs peints par Simon demande l’attention d’un miniaturiste. Appliqué à des grands formats, ce travail extrêmement précis devait conduire Simon mais aussi Lesage et Crépin, si ce n’est à des états de conscience modifiée, au moins à des états de rêverie hypnotique.


 

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