L’amour qu’a montré Jésus envers tous les hommes et notamment à l’égard des plus démunis est, nous dit-on souvent, l’essentiel de son message. Et nous sommes ses disciples si nous laissons monter en nous cet esprit d’entraide et d’humanité bien plus sûrement que si nous croyons en sa divinité ou si nous affirmons qu’il est « engendré non pas créé et consubstantiel au Père ».
C’est tout à fait vrai. Et lorsque les pasteurs et les prêtres nous donnent des sermons centrés sur le bonheur de se sentir aimé et d’accepter nous aussi notre prohain, nous avons bien raison de les écouter plutôt que de répéter sempiternellement les formules lancinantes des liturgies traditionnelles et obsolètes.
Mais ce n’est pas tout : Pentecôte célèbre l’esprit de dynamisme créateur et de force qui suit Pâques, jour de la Résurrection, de la victoirede la vie sur la mort. Jésus ne se bornait pas à annoncer sans condition au paralysé un pardon d’amour, il lui transmettait aussi la capacité de « se lever et marcher ». L’amour de Dieu n’est pas fait que de tendresse et de chaleur humaine, il contient aussi un élément de force et de courage permettant d’affronter et de surmonter les difficultés et les malheurs de la vie.
Paul disait bien :
« À celui qui peut, par la puissance qui agit en nous, faire infiniment au delà de tout ce que nous demandons ou pensons… » (Éph 3.20)
L’Ancien Testament est, lui aussi, plein de la créativité vivante de Dieu donnant toujours au peuple l’élan de renouveau dans les épreuves de la vie quotidienne.
Ainsi Esaïe chantait :
« Fortifiez les mains languissantes et affermissez les genoux qui chancellent ;
Dites à ceux qui ont le cœur troublé : Prenez courage, ne craignez point ;
Voici votre Dieu, la vengeance vient, la rétribution de Dieu ;
Il vient lui-même, et vous sauve.
Alors s’ouvrent les yeux des aveugles, s’ouvrent les oreilles des sourds ;
Alors le boiteux saute comme un cerf » (Es 35.3)
Le grand flux de vie qui « fait briller la lumière » sur « les ténèbres à la surface de l’abîme de la terre qui était informe et vide » (Genèse 1), flux qui enthousiasme, qui disait le dernier verset du Psautier : « Que tout ce qui respire loue l’Éternel » (Ps 150), qui fait s’ouvrir parfois une fleur entre deux pavés poussiéreux d’une rue en travaux et nous ramène les hirondelles au printemps, ce flux souffle aussi sur chacun de nous dans son esprit d’amour et nous rend capables de résister aux sentimentx de faiblesse et de défaite qui nous angoissent parfois – ou souvent. Nous pouvons puiser en nous la capacité de vaincre les puissances de mort et… de ressusciter l’amour.
Puiser en nous la force de vie valorise notre amour qui, autrement ne serait que sentimentalisme impuissant.
Puiser en nous l’élan d’amour valorise notre force de vie qui, autrement ne serait que fascisme destructeur.
Dieu est en nous, force et amour. Il est plus que nous. Nous ne sommes pas sans lui, il ne fait évidemment rien sans nous.
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