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SpiritualitÉ des images

 

Le Vin de Circé, 1863-1869


Sir Edwards Burne-Jones

1833-1898

 

Londres, Tate Britain
jusqu'au 24 février 2019

 

Gilles Castelnau

 

26 décembre 2018

C’est une très grande et éblouissante exposition que nous offre le musée de la Tate Britain de Londres.
On est habitué en France à être piqué de curiosité et parfois ému par les drames humains – souvent orientaux – qu’un Gérôme nous montre avec un réalisme saisissant.
On aime toujours les reflets sur l’eau et la lumière dans les branches de Corot, Monet et des autres impressionnistes.
Certes Paul Gauguin nous a fait rêver avec ses tableaux de vahinés et de plantes luxuriantes aux îles Marquise.
Mais seul Gustave Moreau a imaginé, en France, une peinture symboliste.

Il en est tout autrement de Burne-Jones ! Avec ses représentations imaginaires et fantastiques, il a été une très grande figure de l’art de l’ère victorienne. Il a fait partie avec Hunt, Morris, Rossetti et Millais de la confrérie des préraphaélites.

C’était un groupe éphémère de jeunes peintres novateurs qui reprochaient au merveilleux portraitiste qu’avait été le grand Raphaël d’être à l’origine d’une ennuyeuse peinture académique, conventionnelle et inexpressive, indigne de l’humanité. Ils entendaient remonter au-delà de Raphaël dans l’explosion humaniste de la Première renaissance italienne Quattrocento et avaient ajouté à un tableau de Raphaël : « cracher ici » ! 
Après en avoir été un membre fondateur, Burne-Jones s’en était détaché mais en conservait l’idéal.

Cette exposition nous montré qu’il proposait une vision – très belle - des mythes et des légendes de l’antiquité et de l’imaginaire anglais. Il emmenait ses visiteurs bien loin du monde présent, dans un univers jamais déplaisant, toujours peuplé d’hommes et surtout de femmes jeunes et beaux, présentant presque tous, étrangement, le même visage mélancolique et méditatif.

On traverse ainsi, dans ces grandes salles de la Tate Britain, des scènes oniriques dans une saisissante atmosphère surnaturelle et étrange.

Sir Edward Burne-Jones a été en 1885, membre de l'Académie Royale de peinture.
Il a été anobli en 1894
Il a reçu à son décès une cérémonie funéraire à l'Abbaye de Westminster. C'était la première fois qu'un artiste était ainsi honoré.

 

Le Vin de Circé, placé ci-dessus en exergue.
La sorcière Circé de l’Odyssée d’Homère prépare la potion mortelle destinée à transformer en cochons les compagnons d’Ulysse dont les trois bateaux approchent. Les deux panthères à ses pieds sont des hommes qu’elle a ainsi métamorphosés.
La perversité suggérée par ce tableau a évidemment beaucoup surpris la société anglaise. Il a été suivi de bien d’autres.

 

Phyllis et Démophon, 1870

 

Ce tableau décrit une scène tragiques de la belle Phyllis avec l’inconstant Démophon. Elle s’était pendue de désespoir à son départ et les Dieux, l’avaient transformée en amandier stérile qui devait refleurir lorsque Démophon reviendrait. C’est le cas ici mais Burne-Jones semble représenter un Démophon peu désireux de retrouver les amours anciennes.
Burne-Jones a donné à Phyllis le visage de sa maîtresse Maria Zambaco. La société londonienne a été scandalisée de la nudité de Démophon mais Burne-Jones refusa de la voiler.

 

L’amour parmi les ruines, 1870-1873

 

En fidèle préraphaélite Burne-Jones place ces amoureux dans un environnement naturel de plantes et de fleurs sauvages. Leur enlacement langoureux est émouvant. Mais la jeune fille pelotonnée sur l’épaule de son ami laisse néanmoins son regard se perdre dans un lointain vague, quand lui-même semble contredire son geste tendre par un visage dur et fermé.

 

L’escalier d’or, 1876-1880

 

On est bien dans une sorte de rêve. C’est un très grand tableau de 2,70 m. Dix-huit jeunes filles toutes vêtues de la même grande robe en tissu léger, pieds nus, coiffées semblablement, ayant le même âge et le même visage se pressent les unes contre les autres dans un improbable escalier. On dirait un mouvement perpétuel, incessant, bizarre !

 

Le matin de la Résurrection, 1886


Burne-Jones avait pensé à devenir pasteur. Il a même pendant un temps étudié la théologie. Ce tableau lui a été commandé par l’église St-Peter de Londres.

C’est le texte de l’Évangile de Jean qui est illustré :

Marie se tenait dehors près du sépulcre, et pleurait.
Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le sépulcre et elle vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l'un à la tête, l'autre aux pieds.
Ils lui dirent :
- Femme, pourquoi pleures-tu ?
Elle leur répondit :
- Parce qu'ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais où ils l'ont mis.
En disant cela, elle se retourna, et elle vit Jésus debout ; mais elle ne savait pas que c'était Jésus. (Jean 20.11)

Le Christ vivant, reconnaissable à une petite auréole lumineuse, n’est pas représenté, comme c’est fréquemment le cas, dans une attitude glorieuse et magnifique, « céleste », présentant les blessures de ses mains et de ses pieds, devant des soldats épouvantés ou des disciples stupéfaits. Il est ici immobile, silencieux, calme, entièrement vêtu d’une grande tunique sombre. Il n’est même pas nimbé de lumière. Si ce n’était son auréole on dirait un personnage ordinaire. Burnes-Jones illustre ainsi l’évangéliste : « elle ne savait pas que c'était Jésus »
Marie-Madeleine s’agite dans une attitude de surprise peut-être effrayée. Elle a, comme aussi les deux anges, le même visage que toutes les autres femmes de Burnes-Jones, dont celles de l’Escalier.
Les anges aussi, assis dans la même pose et effectuant le même geste devant leur bouche. Ils ont de grandes ailes avec des plumes noires et grises.
Le tombeau vide est immense.

 

Le Rocher de la mort, 1885-1888

La belle Andromède est sauvée par Persée alors qu’elle était offerte en sacrifice au monstre envoyé par Poséidon, le Dieu de la mer. Celui-ci entendait ainsi se venger de Cassiopée qui avait prétendu qu’Andromède était plus belle que les nymphes de Poséidon.
Burne-Jones la représente nue – et très belle – paisible et immobile, le visage tranquille comme les jeunes filles de l’Escalier ou les anges de la Résurrection. Elle ne regarde pas son sauveur et semble fixée sur ses pensées intérieures.
Quant à Persée, étrangement revêtu d’une souple armure, son visage exprime peut-être de la surprise mais ni excitation ni amour. Pourtant il est clair qu’il épousera la belle.

 

La Tonnelle rose, 1886-1890


Ce tableau est l’un des quatre panneaux illustrant le récit de La Belle au bois-dormant.
Burne-Jones se souvient de la passion préraphaélite pur les fleurs de la nature qui enjolivent la scène en harmonie – et ceci est typique de son idéologie – avec les joyaux qui débordent du coffre. La princesse et ses suivantes ont toutes le charmant visage paisible que l’artiste peint si bien.

 

Persée et les Grées, 1892

Persée obtient par ruse que les Grées, nymphes du Styx lui révèlent où se cache la Méduse : Les trois Grées ne possèdent collectivement qu’un œil. A l’instant où elles se le transmettent, Persée réussit à s’en emparer. C’est ce que représente ce tableau.

 

L’amour guidant la pèlerin, 1896-1897


L’amour est un bel ange au ailes étrangement noires, au visage et à la robe traditionnels des tableaux de Burne-Jones. Il s’appuie sur une immense flèche qu’aucun arc ne pourrait envoyer. Il est survolé par un nuage de mille petits oiseaux et pose le pieds à proximité de deux rouges-gorges. On comprend qu’il appartient au monde heureux.
Il aide le pèlerin (remarquons sa moustache) à s’extraire d'un buisson d'épines inextricable mais où pourtant se reposent les oiseaux.

 

Flamma Vestalis, 1896 (La Flamme de la vestale)

 

C’est Margaret, la fille de l’artiste, dans un vêtement de la Renaissance italienne.
Les vestales étaient, chez les Romains, gardiennes de la flamme sacrée. Mais son chapelet évoque une religieuse.



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