
Baigneuses à Tahiti, 1897
Gauguin
l’alchimiste
Grand Palais, Paris
jusqu’au 22 janvier 2018
Gilles Castelnau
31 octobre 2017
C’est une très grande et belle exposition que le Grand palais nous offre (plus de 200 œuvres nous dit-on, dont 60 peintures, 30 céramiques et autant de sculptures) et sa taille immense permet heureusement à la foule des visiteurs de s’étendre presque agréablement.
Paul Gauguin est aimé. On voit des parents qui lui amènent leurs enfants pour leur faire découvrir sans doute les couleurs vives et les paysages de rêve qui créent justement l’atmosphère enchantée qui séduit tout le monde.
Les « Baigneuses » placées ci-dessus en exergue évoluent avec beauté dans une nature imaginaire dont on ne sait pas très bien ce qui est représenté. Elles dansent avec grâce et de manière incompréhensible, elles sourient, montent aux arbres, elles semblent même planer.
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la Ronde des petites bretonnes, 1888

Paysannes bretonnes, 1894
Déjà, alors qu’il était encore en Bretagne, Gauguin peignait ainsi le village de Pont-Aven et ses habitantes, êtres détachés des contingences matérielles, appartenant à un monde irréel.

Arearea (Joyeusetés), 1892
Gauguin aimait les femmes. Il les représente immobiles et secrètes.

Soyez mystérieuses, 1890
« Soyez Mystérieuses » a-t-il écrit sur la banderole en haut à gauche de ce tableau de bois. Et le mystère surgit de ces visages énigmatiques et de ces étranges tortillons verts qui sont peut-être des algues marines.

Idole à la perle, 1892
On croit connaître Gauguin et ses peintures de vahinés, mais cette exposition nous fait découvrir des aspects de son œuvre que l’on n’avait jamais vus. On y voit, notamment, de nombreuses sculptures et des objets en bois qu’il confectionnait avec une habileté étonnante. Cette « idole » - qu’il a imaginée - est superbe avec ses rehauts peints et dorés, la perle et la chaînette en or. A Tahiti et aux îles Marquise Gauguin recherchera – et créera au besoin – les symboles d’une religion fondamentale, avec ses idoles.

L’invocation, 1903
Beauté saisissante de ces scènes exotiques, images (inventées) d’un univers encore primitif où l’on découvre peut-être un paradis d’innocence et de vérité humaine non polluée par la société industrielle et commerciale naissante en cette fin de 19e siècle.

La cueillette des fruits, 1899
Les femmes, à gauche, portent des fruits et des fleurs sous un ciel jaune, le cavalier semble dormir sur son cheval qui broute l’herbe… vision de Gauguin d’un paradis terrestre imaginaire.
Claire Bernardi et Ophélie Ferlier-Bouat, commissaires de l’exposition ont reproduit sur le mur ces paroles de Gauguin :
« L’art est une abstraction ; pensez plus à la création qu’au résultat, c’est le seule moyen de monter vers Dieu en faisant comme notre Divin Maître, créer. » (Gauguin à Émile Schuffenecker, 14 août 1888)
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