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SpiritualitÉ des images

 

 

Tivoli. Les jardins de la Villa d’Este (Italie), 1843

 

Corot

1796-1875

Le peintre et ses modèles



musée Marmottan-Monet

jusqu’au 8 juillet 2018

 

Gilles Castelnau

 

 

18 mars 2018 

Les foules se pressent pour visiter cette exposition de portraits et ceci est, en effet tout à fait justifié car elle est vraiment très belle.
Le musée du Louvre présente dans ses collections permanentes plusieurs dizaines de magnifiques paysages de Corot, paisibles et enchanteurs. De petits personnages y figurent souvent, sans y avoir de personnalité individuelle, baignés de la même lumière, objets des mêmes reflets que l’ensemble du paysage. Ils font, pour ainsi dire, partie intégrante de la vie de la nature, en une sorte de panthéisme.

Les jardins de la Villa d’Este
Ce premier tableau de l’exposition, placé ci-dessus en exergue, accueille les visiteurs. Il montre un de ces paysages italiens habituels de Corot mais y ajoute la figure d’un paysan en mouvement, en train de s’asseoir sur le mur.
Le commissaire de l’exposition, Sébastien Allard, suggère ainsi la relation entre la grande lignée des tableaux de paysages de Corot, immobiles et sereins et les portraits que l’on voit ici, dont les jeunes filles (ce sont presque tous des portraits féminins) semblent tranquilles mais sont en fait animés d’une vie intérieure frémissante.

 

Moissonneuse, 1838


Ainsi cette moissonneuse. Bien que Corot ait pris soin de lui peindre une faucille dans la main et de la situer dans un champ – un peu lointain d’ailleurs et dont elle ne semble d’ailleurs guère faire partie – et bien qu’il ait aussi pris la peine de représenter un magnique ciel d’orage – dont elle ne semble pas se préoccuper – cette jeune fille frappe surtout par sa saisissante présence.

Elle n’est pas très belle. Elle n’est pas bien coiffée. Ses vêtements de travail sont quelconques, dans sa fatigue, sans doute, elle ne se tient pas droite. Mais quel regard ! Elle semble interpeller le visiteur, poursuivre même une conversation déjà entamée et attendre une réponse. Elle ne pose pas pour que le peintre réalise son portrait, elle est en mouvement, elle vient peut-être d’appuyer ainsi son menton sur sa main, elle pourrait bouger, se lever, avoir un mouvement persuasif de sa main libre...

Corot se révèle psychologue et qui plus est, ami de ses modèles.

 

Liseuse couronnée de fleurs ou La Muse de Virgile, 1845

 

On sait que Corot ne faisait pas poser ses modèles mais voulait les voir bouger, rire, parler, espérant saisir dans ces mouvements fugitifs un peu de leur esprit. Il ne peut s’empêcher de placer cette liseuse dans un paysage inventé et de lui peindre des fleurs devant les pieds. Il lui met enfin un livre entre les mains, mais il est clair qu’en le tenant comme elle le fait, elle ne peut pas le lire !Elle est vivante et manifestement c’est ce que Corot aime.

On sait aussi que Corot ne montrait pas ses portraits. Il ne voulait faire carrière qu’avec ses paysages – et il y réussissait d’ailleurs très bien. Sa célébrité était grande. Ses revenus considérables. Il avait été fait chevalier puis officier de la Légion d’honneur. Il ne permettait de voir ses portraits, qu’il gardait pour lui, qu’à des amis venus le visiter.

 

La Femme à la perle, 1868-1870

 

Corot s’est plu, ici, à peindre la Joconde à sa manière. Le titre habituel de « femme à la perle » ne convient pas puisque cette jeune fille ne porte pas de perle. Il l’a déguisée en paysanne italienne : on sait qu’il achetait des vêtements folkloriques pour en habiller ses modèles. On connaît celle-ci qui se nommait Berthe Goldschmidt.

 

L’Italienne, 1872

 

Cette fois-ci, la modèile qu’il a habillée des vives couleurs d’un tablier italien n’en semble pas heureuse. Elle boude. Et manifestement Corot n’a pas pris le temps ni la peine de peindre correctement sa robe et son beau tablier.

 

La Bacchante à la panthère, vers 1835-1840

 

Ce tableau tranche sur tous les autres. Comment Corot qui aime tant les jeunes filles qu’il peint si gentiment avec tant de sentiment, arrive-t-il à cette scène si déplaisante ?

Cette femme est peut-être une « bacchante » mais son visage est laid et son corps nu épaix.
La panthère est complètement ratée.
La petite fille sur son dos a un joli visage et des fleurs dans les cheveux mais son corps est obèse.
Le pire est naturellement que la bacchante offre un oiseau mort à la panthère. Et le tout dans un sinistre paysage gris.
Ce tableau est une bien vilaine action !

 

Homme en armure dit aussi L’Homme d’armes assis, vers 1868-1870

 

Il ne sera pas dit que Corot ne peignait que des filles. Qu’y a-t-til de plus viril qu’un soldat en armure ? Et celui-ci qui ne lâche pas sa grande épée et ne prend pas le temps d’asseoir plus commodément, médite et pense avant peut-être de retourner à la guerre ?

 

Le Moine au violoncelle, 1874

 

Ce triste tableau est le dernier peint par Corot peu avant sa mort. Finies les jeunes filles en fleur, les paysages de la forêt de Fontainebleau. Que reste-t-il à l’homme au soir de sa vie ? La solitude, la vieillesse, la religion et... la musique

Il reste aussi le souvenir de son étonnante générosité :

Je lis sur le blog internet de Gérard Gensane :

Vers la fin de sa vie, le célèbre caricaturiste Daumier avait quasiment perdu la vue. Il se rend chez son ami Corot, très gêné, et lui demande de lui avancer le prix d’un mois de loyer. Corot lui achète illico  une maison à Auvers-sur-Oise.
 
Corot aida ses amis, mais aussi des anonymes. Pour secourir quelques peintres débutants, il lui arriva de signer leurs toiles. Il avait d'ailleurs choisi une signature en majuscules facilement imitable.

En 1871, il donna 20 000 francs aux pauvres de Paris pendant le siège des Prussiens.
En 1875, il donna 10 000 francs à la veuve de Jean-François Millet pour l’aider avec ses enfants.
Il offrit également une aide financière à un centre pour jeunes déshérités à Paris.
 

On y pensera en visitant cette belle exposition.


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