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Notions fondamentales de culture religieuse

 

Michel Théron

 

Editions Olivétan  livre électronique

Plus de 700 pages - 9,99 €

 

 

6 avril 2016

Michel Théron est un homme de grande culture. Il est professeur agrégé de lettres et docteur en littérature française, féru d’art et de tous les moyens d’expression modernes.

Il est aussi théologien du christianisme et homme de grande spiritualité. Il n’est véritablement inféodé à aucune Église, ne s’implique dans aucune école théologique étroite mais a le don de mettre en rapport les personnages de la Bible avec ceux de la mythologie gréco-romaine et de la littérature française et étrangère.

Cet immense ouvrage est une mine de remarques exégétiques bibliques, de renseignements concernant les évangiles apocryphes, les prises de positions des théologiens anciens, des comparaisons avec le théâtre de Molière ou les Fables de La Fontaine.

Il n’est pas forcément question de le lire d’un bout à l’autre mais on peut piquer au hasard des pages mille et un petits diamants de réflexions surprenantes, séduisantes, très éclairantes.

Ce livre ne se trouve pas en édition papier et n’est lisible qu’en édition pdf. Et si l’on se connecte sur internet les centaines de liens hypertextes qu’il comporte renvoient à d’autres documents prolongeant la réflexion à la manière d’une encyclopédie.

Sa lecture est à la fois variée, souriante et très sérieuse. Elle ouvre à des remarques qui renouvelleront, à coup sûr, la spiritualité des chercheurs curieux.
En voici deux passages pour l’exemple.

 

.

 

Animal

pages 53 à 63

[...] C’est cependant un fait que les mots « animal » et « bête » sont chez nous fortement péjoratifs. L’instrumentalisation que nous faisons des animaux, par exemple par la pratique des expériences sur cobayes ou de la vivisection, signifie notre choix culturel : gageons que d’autres cultures en seraient bien effrayées !

Face à cette option majoritaire dans la culture occidentale à racine biblique, on comprend pourquoi Darwin au 19e siècle a causé un séisme plus important que celui causé auparavant par Copernic et Galilée. En effet les astres nous sont bien lointains, et bien plus proches les animaux. Quel rapport d’eux à nous ? On les pensait tout différents, et voilà qu’on nous dit qu’effectivement ils nous sont bien proches. L’Église chrétienne enseignait jusqu’à une date récente qu’à côté du règne animal, et bien séparé de lui, il y avait un règne humain. Darwin a fait justice de cela : il est même faux de dire désormais que l’homme descend du singe. Il est un singe, cousin d’autres singes.

[...] L’évangile selon Thomas rapporte une parole de Jésus en son logion 7 :
« Heureux est le lion que l’homme mangera, et le lion deviendra homme, et souillé est l’homme que le lion mangera, et le lion deviendra homme. »
Cette parole, nouvelle Béatitude, n’a aucun équivalent dans les textes canoniques. Or elle est très intéressante, si on voit bien que la même expression « et le lion deviendra homme » répétée en deux contextes différents acquiert chaque fois elle aussi un sens différent, en vertu de cette figure de l’antanaclase qui est l’archétype stylistique majeur de tout l’EvTh.
On nous dit d’abord qu’il faut « manger le lion », c’est-à-dire qu’il faut intégrer, assimiler la bête en soi. Le lion alors s’humanise (« Et le lion deviendra homme »). Mais si au contraire nous sommes mangés par le lion, alors le lion s’incarne en nous, il prend forme d’homme : le scénario s’inverse et l’homme s’animalise, la formulation « et le lion deviendra homme » semblant être la même mais prenant manifestement un sens opposé.

Ce scénario d’animalisation de l’homme est le sujet de la pièce d’Ionesco, Rhinocéros. Les sens possibles en sont multiples, à commencer par celui de la peste brune du nazisme contaminant les hommes. Mais on peut penser aussi à tous les autres totalitarismes, de quelque bord qu’ils viennent, et par exemple à la dictature du conformisme et du prêt-à-penser dans les démocraties dites libérales.

– v. aussi : Satan / Diable.

 

 

Zèle

pages 661 à 666

[...] Il me semble que, quand on pense à Jésus, on cherche en lui un modèle unique, l’archétype d’une seule attitude, et non pas un homme inconstant et changeant comme chacun de nous peut l’être. Peut-être (ou sans doute...) ces différents visages de Jésus correspondent-ils, dans le texte tel qu’il nous est parvenu, à des strates et des contextes rédactionnels bien différents.

Singulière figure en tout cas que la sienne, beaucoup plus complexe et contrastée, sinon polymorphe, qu’on ne le croit habituellement. Comme il n’a rien écrit, sauf sur le sol, dit-on, et à la merci du premier vent (Jn 8/6-8), il n’est connu, exactement comme Socrate, que par ce que ses disciples nous en ont dit : soit, pour ce dernier, Platon, Xénophon, etc. C’est une sorte de forme vide, que nous devons remplir nous-même.

Bref, y a-t-il un, ou des Jésus ? Je laisserai ici le lecteur répondre, et s’il pense qu’il y en a plusieurs, choisir, s’il le veut, celui qu’il préfère. Aussi bien peut-être Jésus nous a- t-il laissé lui-même le choix, dans une très intelligente question miroir : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » (Mt 16/15 ; Mc 8/29 ; Lc 9/20). En somme, tel nous le penserons, tel, pour nous, il sera.

Liens externes articles : Le Christ polymorphe – Le Christ pélican – Le Christ compagnon – Le Christ exégète] [...]

 

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