Le religieux dans la presse

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« Abolition » bulletin de l’ACAT

Le Pakistan  est au 8e rang des pays dans le monde où la persécution des chrétiens est la plus extrême. Dans un pays à majorité musulmane, être chrétien représente un combat quotidien dans un environnement hostile. Le Pakistan a été fondé en 1947, se séparant de l’inde majoritairement hindoue pour vivre selon les préceptes de l’islam. Les chrétiens représenteraient aujourd’hui quelque 2 % de la population du Pakistan, minorité marginalisée, discriminée et invisible au sein  de la société pakistanaise. 

La majorité d’entre eux vivent dans des bidonvilles, privés des services essentiels tels que l’eau et l’électricité, relève la Lettre de décembre de l’ACAT (une association chrétienne  engagée pour les droits de l’homme). Mais au delà de ces privations, les chrétiens pakistanais doivent subir la violence et des conversions forcées. à l’islam. 

La Lettre de l’ACAT cite un spécialiste des relations chrétiens/musulmans au Pakistan qui souligne une discrimination non seulement religieuse mais aussi de castes – importée d’Inde, qui maintiennent  les Pakistanais des basses castes (beaucoup descendent des intouchables hindous) dans des emplois jugés dégradants  et en étant de plus méprisés par leurs communautés parce que chrétiens, alors même que la Constitution garantit des libertés fondamentales dont celle de culte et l’égalité des citoyens pakistanais, y compris des minorités.  

Et pourtant, les chrétiens sont en butte aux agressions de groupes musulmans extrémistes qui se servent entre autres des lois sur le blasphème, détournées en armes contre ceux que l’on veut discriminer et stigmatiser socialement mais aussi utilisées pour des règlements de compte personnels ou pour obtenir des avantages économiques. 

Cette loi antiblasphème prévoit la peine de mort pour ceux qui sont accusés d’avoir insulté le Prophète. « Cette législation, note L’ACAT, semble favoriser les allégations non vérifiées et crée un climat de peur où chacun peut être accusé sans preuve, renforçant l’angoisse au sein de la communauté chrétienne. » 

Cette loi permet aussi que la violence des extrémistes musulmans s’exerce contre ceux qu’on accuse faussement de blasphème. 

C’est le cas récent de Shagufta Kiran, une infirmière chrétienne mariée et mère de 4 enfants qui a été condamnée à mort et à une amende de l’équivalent de 950 euros en septembre 2024 après trois ans de prison, accusée faussement d’avoir fait suivre un message sur un réseau social. 

La plainte d’un musulman pour blasphème contre l’islam a suffi à l’emprisonner et à la condamner à mort. L’ACAT dénonce la brutalité de ces lois motivées sur de simples rumeurs ou de fausses accusations qui vont jusqu’à entraîner la mort. 

Ainsi cette violence a provoqué la mort d’un homme en 2024, battu et lapidé pour de fausses accusations de blasphème quand d’autres ont dû quitter le pays après avoir été libérés après des années de prison. 

Des émeutes, sur des accusations de profanation du Coran ont aussi conduit à des émeutes en 2023 au cours desquelles 87 domiciles de chrétiens et 19 églises ont été détruits. Il faut que ces lois anti blasphème soient dénoncées sur le plan international pour que le Pakistan protège la liberté de religion – inscrite dans sa Constitution – des non musulmans, et renonce à la brutalité et  à l’injustice de ses lois qui frappent les chrétiens mais aussi la minorité hindoue.

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