pasteur de l’Église méthodiste unie des États-Unis
Traduction Gilles Castelnau
Il est évident que les Églises américaines traversent une période difficile. Au cours des dernières décennies elles ont vu leurs effectifs, leur taux de fréquentation et leur réputation chuter de façon spectaculaire. La question se pose : « comment faire ? »
1. Maintenir le statu quo.
Ne pas se poser de question. C’est ce que font la plupart des Églises. Certes, si ce statu quo est synonyme de vitalité et de bonne santé spirituelle, il est logique de le préserver. Mais une Église qui bascule dans un mode de survie ne cherche plus qu’à retenir suffisamment de fidèles pour maintenir quelques programmes, entretenir les bâtiments et régler les factures, ce qui n’est guère une mission c’est ce que recherchent de maintenir le statu quo aussi longtemps que possible plutôt que d’opérer des changements difficiles.
C’est évidemment une zone de confort, car c’est la voie de moindre résistance qui évite les changements et les conflits. Et elle permet de survivre très longtemps.
2. Virage politique et théologique à droite.
Aux Ét ats-Unis, la plupart des Églises sont républicaines et conservatrices sur les plans théologique et politique et les fidèles américains le sont aussi et recherchent plutôt des assemblées conservatrices que des progressistes. Face à cette réalité, s’orienter délibérément vers la droite théologique peut s’avérer une démarche pertinente et stratégique.
Dans l’État du Tennessee, un nombre croissant d’Églises se sont délibérément et sans complexe affichées « MAGA » et ferventes partisanes de Trump et ont effectivement connu une croissance spectaculaire.
3. Virage politique et théologique à gauche.
Certaines Églises ont effectivement décidé de s’ouvrir délibérément aux fidèles de tendance politique et religieuse progressistes pour lesquels les communautés progressistes se font rares. Et le succès s’est avéré à la clé.
J’ai personnellement été pasteur d’une Église méthodiste unie située dans la « Bible Belt », le Sud ultra-conservateur républicaine et évangélique. A la suite de nombreuses discussions et réflexions, nous avons décidé de proposer avec audace et sans complexe une identité de paroisse progressiste de centre-gauche avec la devise : « Cœurs ouverts, esprits ouverts et portes ouvertes ».
En une décennie, nous avons accueilli plus d’un millier de nouveaux membres qui avaient tourné le dos à la droite religieuse.
4. Devenir une Église de maison »
Des responsables religieux créatifs surgissent aujourd’hui dans le paysage religieux en animant des sortes d’Églises de maison intimes, informelles, affranchies des structures institutionnelles. Je fais personnellement partie d’un groupe de pasteurs retraités progressistes qui se réunit librement dans une maison. Comme l’a récemment déclaré l’un de nos membres : « Ce groupe représente davantage pour moi une véritable Église qu’aucune Église traditionnelle ne l’a jamais fait. »
Finalement, j’ai décidé de consacrer l’énergie de ma retraite à un ministère d’écriture, notamment à travers mon site web Doubter’s Parish
5. Disparaître dans la dignité.
Il arrive qu’après des années de lutte, certaines Églises admettent qu’elles ne peuvent plus continuer et décident de mourir dans la dignité. Elles doivent alors décider que faire de leurs locaux et des ressources financières qu’elles ont encore. Elles organisent un dernier culte, au cours duquel elles durant reconnaissent leur arrêt et célèbrent tout ce qu’elles ont réussi à faire dans le passé.
Pourtant une Église ne meurt jamais vraiment : leurs membres conservent le souvenir heureux de tout ce qu’ils y ont reçu et de tout ce qu’ils y ont vécu.
Voici quelques-unes des manières dont les Églises naviguent sur les eaux incertaines de notre époque.
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