En ce temps-là

En ce temps-là parut un édit de César Auguste, ordonnant un recensement de toute la terre.

Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie. (Luc 2.1) Cette nuit‑là, César Auguste fait ses comptes. Au sommet des marches du Palatin, dans ses palais d’or et d’argent, à Rome capitale du ciel et de la terre, l’Empereur fait l’inventaire. Il croit tirer les fils de l’histoire, mais c’est l’histoire qui se sert de lui.  Cette nuit‑là, I’Empereur fait ses comptes et Dieu en profite pour s’enfuir loin de son palais.
César veut compter les hommes comme on compte ses sous. Un homme est un homme et un sou est un sou. L’or est en hausse l’homme est en baisse. On dit qu’au dernier cours l’homme ne valait pas plus que trente deniers d’argent. Les palais sont en marbre, les hommes sont en sang et les croix sont des arbres.
• L’Empereur fait ses comptes. C’est cette nuit‑là que, sans le vouloir, l’empereur met les événements en mouvement et les événements en avènement. Dieu profite d’une distraction de l’empereur pour se glisser comme une erreur dans ses comptes. Cette nuit‑là, sans le savoir, en signant son édit, l’empereur signe un non‑dit, un non-lieu, l’acte de naissance d’un homme de Dieu.
• Celle nuit‑là, l’Empereur fait ses comptes dans son palais et Dieu fait un enfant dans le ventre d’une femme. L’empereur fait des additions et Dieu fait un enfant. Cette nuit‑là, I’Empereur se fait divin et Dieu se fait humain. L’enfant est arrivé à temps juste à temps pour entrer dans le recensement pour entrer dans les comptes entrer dans le rang. César se fie aux apparences et voici que c’est l’homme de Dieu qu’il recense. Car on ne peut jamais mettre les hommes en rang sans qu’immédiatement Dieu prenne place au milieu d’eux. On ne peut jamais mettre l’humanité en numéros sans qu’immédiatement Dieu prenne aussi son matricule. On ne peut jamais toucher à l’homme sans immédiatement toucher à Dieu. 
• Cette nuit‑là, l’Empereur fait ses comptes, il compte les hommes comme on compte son argent et ses biens.
Compter les hommes c’est en faire des numéros. Compter les hommes c’est les réduire en chiffres, c’est leur arracher leur nom, et les appeler par leur nombre. Compter les hommes c’est en faire une marchandise, un bétail.
• L’Empereur fait ses comptes, le monde est son coffre‑fort, la terre est son compte en banque. 
Comptez, comptez les hommes, Comptez, comptez-les bien. 
C’est cela, comptez-les bien, comptez leurs biens. Vos biens m’intéressent. Un homme est un impôt.  Un homme est un consommateur, Un homme est un producteur. Un homme est un contribuable.
L’Empereur aime l’argent, Dieu aime les hommes.  Chacun trouve son compte mais pas pour les mêmes raisons.
L’Empereur et le Sénat veulent de l’or pour les caisses de l’État. Ils veulent de l’argent et Dieu, lui, veut un enfant.
Son rêve, à Dieu, est loin de Rome Son rêve est d’entrer chez les gens. 
Le rêve de Dieu est d’entrer chez les hommes.

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