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SpiritualitÉ des images

 

Paul Sérusier, Le Talisman


Le Talisman de Sérusier

 

 


Musée d’Orsay

jusqu'au 28 avril 2019

 

Gilles Castelnau

 

31 janvier 2019

Nous sommes en 1888 dans le village de Pont-Aven, en Bretagne. Des jeunes peintres s’y rassemblaient à la pension Gloanec autour de Paul Gauguin et de son ami Emile Bernard.
Ils ne voulaient plus de l’impressionnisme où l’on s’efforce de peindre la nature en rendant – de manière sublime, il est vrai - les reflets de la lumière et le scintillement de l’eau.
Ils ne voulaient pas non pllus revenir à l’académisme qui produit de belles scènes historiques ou religieuses trop officielles.
Ils voulaient exprimer l'élan vital qu'il sentait monter en eux comme dans la nature qui les entourait. Ils presentaient l'existence d'une énergie primitive que la sophistication et le conformisme de la société ignorait.

 

Paul Sérusier, Intérieur à Pont-Aven, 1888

 

Dans l’ambiance du réalisme social de l’époque, Paul Sérusier venait de peindre ses voisins de Pont-Aven mais cette peinture bien intentionnée leur paraissait à tous convenue et ennuyeuse..

 

Le Talisman (ci-dessus en exergue)
C’est alors qu’en octobre de cette année Gauguin prononça, dit-on, la phrase décisive à l’adresse du jeune peintre Paul Sérusier : 

Comment voyez-vous ces arbres ? jaunes ?
Eh bien mettez du jaune, le plus beau jaune de votre palette.
Cette ombre ? Plutôt bleue ? peignez-la avec de l'outremer pur.
Et ces feuilles ? Rouges ? mettez du vermillon !

Sérusier essaya immédiatement cette nouvelle idée et peignit en couleurs vives et crues un petit paysage sur une boite à cigares en simplifiant les formes, en utilisant les couleurs pures telles qu’elles sortaient de son tube et en cernant les formes d’un trait foncé. Il l’appela « Le Talisman ».

Tout le groupe trouva le résultat étonnant : une force inattendue, une énergie, un élan nouveau se dégageaient de cet essai.

Paul Gauguin écrivit :

Un conseil, ne copiez pas trop d’après nature. L’art est une abstraction. Tirez-la de la nature en rêvant devant et pensez plus à la création qu’au résultat.

 

Paul Gauguin, Fête Gloanec, 1888

 

Paul Gauguin essaya lui aussi sa nouvelle idée.
Une peinture nouvelle le « synthétisme » était née, cette année-là, à Pont-Aven. Tout le monde en attribua la paternité au seul génie de Gauguin, ce qui irrita Emile Bernard qui participait tout à fait aux recherches de Gauguin.

 

Emile Bernard, L’Arbre jaune, vers 1888.

 

Paul Sérusier dit :

Composer, c’est juxtaposer des formes dans une surface donnée ou choisie. Ces formes sont nécessairement empruntées à nos sensations, ou mieux, aux images mentales qu’elles engendrent.

 

Paul Sérusier, La Barrière fleurie, Le Pouldu, 1889

 

Ils inventèrent le mot « nabi » qui désigne en hébreu les prophètes de la Bible. Ils se voulaient en effet les messagers, les révélateurs de pensées nouvelles et ignorées de tout le monde.

 

Maurice Denis, Offrande au Calvaire, 1890

Et d’ailleurs, certains étaient attirés par les sujets religieux et l’ésotérisme, comme c’était fréquemment le cas à l’époque. De nombreux tableaux nabis représentèrent des scènes de célébration de messe et de prières.

 

Paul-Élie Ranson, Le Paysage nabique dit aussi Le Nabi, 1890

 

La voie était ouverte à l’expressionnisme où la nature qui donnait encore – parfois – son nom au tableau n’était plus pour le peintre qu’un prétexte à « exprimer » ses élans intérieurs joyeux ou mélancoliques.

 

Voir aussi sur ce site
Emile Bernard
August Macke
André Derain

Quant à Gauguin il était parti à Tahiti dans l’idée d’y découvrir des couleurs et des formes primordiales.



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