Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


SpiritualitÉ des images


Marie Laurencin, « La Répétition » 1936

 

 

L’exposition « 21 rue La Boétie »



Musée Maillol Paris

jusqu’au 23 juillet 2017

Exposition précédemment en Belgique

 

Gilles Castelnau

 

 

7 mars 2017

« 21 rue La Boétie » était l’adresse de la galerie d’art tenue de 1910 à 1940 par le prestigieux Paul Rosenberg. Sa petite-fille Anne Sinclair nous en fait souvenir par un livre : 21 rue La Boétie (éd. Grasset, 300 pages, 20,50 €). Elle soutient cette belle et intéressante exposition. Les commissaires ont réuni une soixantaine de tableaux chefs-d’œuvre d’art moderne qui ont appartenu et transité par la galerie de Paul Rosenberg.

 

Claude Monet, Bateaux à Honfleur, 1866

 

Celui-ci aimait notamment les peintres qui, à l’époque, étaient modernes et... discutés. Il connaissait et était l’ami de Henri Matisse, Édouard Manet, Claude Monet, Pablo Picasso, Marie Laurencin, et de bien d’autres encore.

 

Henri Matisse, La Leçon de piano, 1923

 

On se plaît évidemment dans cette exposition à contempler ces tableaux que nous aimons et on se surprend toujours à penser qu’à l’époque où Rosenberg en faisait grand cas, le grand public les toisait souvent avec dédain, en considérant l’absence de « fini », de netteté des traits, le peu d’intérêt de la scène qui était – mal – représentée.

 

Pablo Picasso, Arlequin 1921

 

Quant à Picasso, il était la risée de tout le monde. « Mes arlequins ! Mes arleqhins ! Mes arlequins ! » C’est par cette supplique que commence une lettre datée du 21 janvier 1921 de Rosenberg à Picasso. Le marchand qui prépare une importante exposition, se fait pressant, il veut que son artiste et ami lui fournisse « ses » arlequins.

Les commissaires écrivent sur un des murs :

M. Rosenberg ne recule pas devant les cubistes ; il vénère Picasso, et met Braque sur les autels ; il fait succéder une merveilleuse exposition d’Ingres, de Manet, de Delacroix, où brillait un Corot digne du Titien, à une exposition de guitares et de bouteilles en puzzle, comme les fabriquent M. Glaize ou M. Léger, et s’efforce de démontrer que « ceci » vient de « cela ». Il voit dans les cubistes la ligne authentique des maîtres. Que dis-je ? Il trouve dans leurs ouvrages la beauté hiératique, solennelle et monumentale des grandes œuvres de l’Égypte. Cet homme d’avant-garde exagère la tradition. (Journal d’Amérique latine du 30 août 1925)

 

Tout bascula lors de l’invasion allemande et du règne nazi.

Hitler visite Paris

 

Le « 21 rue La Boétie » fut transformé en « Institut d’études des questions juives » et les nazi et leurs collaborateurs y organisèrent l’exposition « La France et le juif » qui eut lieu au palais Berlitz, près de l’Opéra à Paris en 1941.

Paul Rosenberg et sa famille, qui étaient juifs, réussirent à s’échapper de Paris pour se réfugier à New-York. L’atmosphère artistique changea du tout au tout. La peinture moderne ne fut plus critiquée pour des raisons artistiques mais pour son opposition à l’idéologie nazie.

 

Paul Junghanns, Soir d’été, 1939

 

Hitler s’intéressait beaucoup à la peinture et tenait à ce qu’elle représente la valeur de la « race » et de l’humanisme aryens : force, équilibre, harmonie avec la nature, sérieux, absence d’humour. Joseph Goebbels lança l’expression d’« art dégénéré » pour désigner toutes les expressions artistiques qui divergeaient du totalitarisme hitlérien et fit organiser à Munich en 1937 une exposition destinée à éduquer le peuple allemand.,

 

Franz Marc, Chevaux au pâturage, 1910


Figurèrent notamment dans cette exposition ignominieuse
les Chevaux de Franz Marc – pourtant « mort pour l’Allemagne » à Verdun en 1916 - qui n’étaient pas aussi « réalistes » que ceux de Paul Junghanns.

 

Paul Rosenberg s’efforça de se faire restituer ses bien à son retour à Paris après la guerre, mais Anne Sinclair dans son livre rapporte qu’il lui manque encore une cinquantaine de tableau !

Marie Laurencin, Anne Sinclair, 1952 (la petite Anne avait alors 4 ans)




Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réaction

 

 

haut de la page

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.