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SpiritualitÉ des images

 

Autoportrait à la palette,  1865-66

Frédéric Bazille


la jeunesse de l’impressionnisme



 

musée d’Orsay, Paris, jusqu'au 5 mars 2017

National Gallery of Art, Washington D.C., du 9 avril au 9 juillet 2017

musée Fabre, Montpellier en 2016


Gilles Castelnau

 

 

5 août 2016

Frédéric Bazille (1841-1870) est issu d’une famille de la grande bourgeoisie protestante de Montpellier. Lire ici le  récit détaillé de sa vie. Il aimait y séjourner l’été dans la belle propriété familiale de Méric, située à côté du village de Castelnau-le-Lez. Il y a réalisé plusieurs de ses plus belle toiles qui manifestent son enchantement de la lumière du Midi.
Il demeurait sinon à Paris 9 rue de la Condamine, dans le quartier de Batignolles. La pension que ses parents lui octroyaient (50 francs par mois), lui permettait d’y louer un atelier où il logeait volontiers de jeunes peintres avec qui il sympathisait et qu’il aidait ainsi : Claude Monet, Alfred Sisley et Auguste Renoir. Il a même réussi à faire acheter par sa famille un tableau de son ami Claude Monet pour 2500 francs.

C’était tout un groupe d’amis qui se réunissait régulièrement, passionné de cette peinture moderne et dont certains allaient bientôt être appelée « impressionniste » : Édouard Manet, Berthe Morisot, Paul Cézanne, Pissarro. Les auteurs Émile Zola, Paul Verlaine aussi.
Sur les conseils de son cousin, peintre lui aussi, Eugène Castelnau, il s’inscrit à l'atelier du peintre suisse Charles Gleyre (dont une belle exposition figure actuellement au musée d’Orsay, recensée sur ce site. C’est là qu’il devient ami avec Auguste Renoir.

En 1866, à l’âge de 24 ans, une de ses toiles, la nature morte « Poissons » est acceptée au Salon. Elle y sera suivie de plusieurs autres.

Sa carrière picturale n’aura duré que 7 ans : en août 1870, à 29 ans, saisi par les mauvaises nouvelles de la guerre, il s'engage dans un régiment de zouaves et le 28 novembre il est tué au combat de Beaune-la-Rolande.

 

Vue de Village, (Castelnau-le-Lez), 1868


Les impressionnistes, dont Claude Monet deviendra en 1872 le chef de file avec son célèbre tableau « Impression soleil levant », ne s’intéressaient pas à la vie de la société, à ses passions et ses malheurs, ses luttes et ses constructions. Ils plongeaient dans le calme de la nature, baignée de lumière, dans ses couleurs chatoyantes aux doux reflet des vaguelettes, dans la tranquillité de la vapeur du matin ou de la brume du soir.
C’est dans cette mesure que l’on a pu dire de Frédéric Bazille qu’il était déjà un impressionniste ou du moins qu’il en était un des précurseurs.
Ce tableau est peint en plein air dans la propriété de Méric. La jeune fille est tout simplement la fille du métayer de ses parents qu’il a vêtue d’une belle robe, sans prétention néanmoins. Scène de vie heureuse au soleil, devant le village familier.

Berthe Morisot, dans une lettre à sa sœur Edma du 1er mai 1869 écrit :
« Le grand Bazille a fait une chose que je trouve fort bien : c'est une petite fille en robe très claire, à l'ombre d'un arbre derrière lequel on aperçoit un village. Il y a beaucoup de lumière, de soleil. Il cherche ce que nous avons si souvent cherché, mettre une figure en plein air ; cette fois il me paraît avoir réussi. »

Cette toile a été présentée et acceptée au Salon de 1869.

La peinture de Bazille ne fait pas de scandale, elle n’est pas très loin des peintres pompiers : voir sur ce site
Exposition Claude Monet
Exposition Jean-Léon Jérôme 
Certes, il ne craint pas de représenter comme eux le réalisme de la vie humaine, mais il ne la situe pas dans son élan d’activités et de souffrance : plutôt, comme vont le faire effectivement ses amis les futurs impressionnistes, il situe tout simplement les hommes dans l’harmonie de la nature ou d’une fraternité paisible.

 

Réunion de famille, 1867

 

Sur la terrasse de Méric, il réunit sa famille proche dans une entente tranquille. A l’ombre du grand châtaignier qui existait effectivement à l’époque, les personnages regardent le peintre, comme on le ferait de nos jours pour une photographie. Sauf le Père, isolé dans ses pensées. Il aime son fils Frédéric et lui verse régulièrement une pension honorable. Mais il pense que celui-ci ferait mieux de poursuivre ses études de médecine pour lesquelles il avait obtenu qu’on l’envoie à Paris et qu’on l’y entretienne.
Tous sont naturellement vêtus bourgeoisement mais sans aucune prétention.
Les protestants aimaient tenir leur rang et la famille Bazille n’y manquait certes pas. Mais ils réprouvaient l’ostentation qu’ils croyaient constater dans les milieux catholiques où, disaient-ils, l’argent était trop facilement gaspillé à des plaisirs vains au lieu d’être investi pour le développement de la société.
M. Bazille père était avocat, adjoint au maire de Montpellier, président de la société d'agriculture de l'Hérault, membre du conseil supérieur de l'agriculture et de la société nationale d'agriculture. Il participa à la découverte du phylloxéra en 1868. Il fut nommé officier de la Légion d'honneur en 1875, sénateur de l'Hérault de 1879 à 1888, siégeant à gauche.

On a pu sans peine les identifier.
En plus de la famille de Gaston Bazille et de son épouse Camille, se trouve la famille d'Adrienne, sœur de Camille Bazille avec son mari Eugène des Hours et leus enfants :
de gauche à droite :
• Frédéric Bazille lui-même (il a dit son portrait peu ressemblant mais que les juges et les visiteurs du Salon ne s’en soucieraient pas) et son oncle par alliance Eugène des Hours (pourquoi n'est-il pas comme les autres maris à côté de sa femme assise à la table ?)
• Assis : Parents de Frédéric : Gaston Bazille et son épouse Camille Vialars.
• Debout : Émile Teulon et son épouse Pauline des Hours.
• Assises : Adrienne Vialars, épouse d'Eugène des Hours et sa fille Thérèse.
• Les trois : Marc Bazille et son épouse Suzanne Tissié. Julie des Hours.

Gaston Bazille x Camille Vialars
• 1 • Suzanne Bazille
• 2 • Frédéric Bazille
• 3 • Marc Bazille x Suzanne Tissié

Eugène des Hours x Adrienne Vialars
• 1 • Pauline des Hours x Emile Teulon
• 2 • Thérèse des Hours x Gaston Auriol
• 3 • Julie des Hours x Jacques Pagezy

 

Les Remparts d’Aigues-Mortes, du côté du couchant, 1867

 

Les protestants vouent un véritable culte à la Tour de Constance d‘Aigues-Mortes où les protestantes étaient enfermées dans de terribles conditions insalubres durant le 18e siècle pour les obliger à changer de religion. Ainsi Marie Durand,  sœur du pasteur Pierre Durand, pendu à Montpellier en 1732. Elle fut emprisonnée à la Tour à l'âge de 17 ans en 1730 et n'en fut libérée que trente-huit ans plus tard, en 1768. (voir sur ce site)
Frédéric Bazille en peignit cette vue émouvante.

 

Édouard Manet, Olympia, 1863

 

Édouard Manet avait peint en 1863 sa terrible Olympia, dont le regard vulgaire et provoquant transperçait les pensées des hommes (et de leurs épouses).

 

Nu couché, 1864

Frédéric Bazille s'essaya, lui aussi, l'année suivante à ce genre transgressif, mais il ne put s'empêcher d'ajouter à la belle un pagne pudique et lui fit tourner la tête en signe de la honte de son indécence.

 

Atelier, 1870


Voici l’atelier des Batignolles où Frédéric Bazille demeurait avec Auguste Renoir et où leurs amis se réunissaient volontiers.
On y reconnaît la haute silhouette de Frédéric Bazille (il mesurait 1 m 88) qui fut peinte par Manet.
Édouard Manet une baguette à la main et un chapeau sur la tête considère la toile placée sur le chevalet cachée par Bazille.
Au piano, Edmond Maître. Au-dessus de sa tête une petite nature morte de Monet que Bazille lui a achetée pour l’aider financièrement. On n’identifie pas nettement les trois hommes de gauche
Les trois personnages de gauche sont plus difficilement identifiables. Il s'agit sans doute de membres de leur groupe d’amis comme  Monet ou Renoir.

 

Fleurs, 1868

 

 

 

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