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Saint Antoine de Padoue et saint Sébastien - 1476-1478

 

 

Le Pérugin

 

1448-1523

 

Paris, musée Jacquemart-André

jusqu’au 19 janvier 2015

 

Gilles Castelnau

 

19 septembre 2014

Dans le tableau ci-dessus, la flèche que tient saint Sébastien fait référence à son martyre mais rien de tragique dans cette représentation détendue et souriante. La décontraction du saint, son élégance, son demi-sourire, son collant rouge ne donnent pas une atmosphère dramatiques. Quant à Saint Antoine, tout vêtu de bure qu’il soit, avec son regard détourné et le détgachement avec lequel il porte sa bible, il semble bien lui aussi mener une existence tout à fait détendue.

A l’exemple de ce tableau, cette exposition est un émerveillement de grâce délicate, de douceur tendre et d’harmonie élégante, un peu mélancolique aussi. On comprend en la parcourant l’éblouissant succès qu’a connu Le Pérugin, dont on a pu dire à son époque qu’il était « le meilleur peintre d'Italie »

 

Saint Romain, saint Roch et une rue de Deruta - 1476

 

Comme l’indique l’inscription placée sous la scène principale, ce tableau a été commandé au Pérugin par la magistrature de la ville de Deruta en 1476, alors qu’une violente épidémie de peste avait incité la population à invoquer les deux saints qui y sont représentés. Dieu-le-Père dans son médaillon bénit la ville d’un geste paisible, ses vêtements sont colorés et barbe taillée en deux pointes certainement très à la mode du temps. Les saints protecteurs ne semblent guère affectés par la terrible épidémie et se présentent plutôt comme deux compères heureux et souriants.

La peinture du Pérugin est toujours paisible et rêveuse, désincarnée invitant à la méditation intériorisée ; elle convenait à son implantation dans la tranquille ville de Pérouse où il était implanté et dont il tirait d’ailleurs son surnom de « Pérugin ». Il est globalement resté loin de Florence, la magnifique et violente ville des Médicis où évoluait son contemporain Botticelli ; le remarquable développement de son œuvre l’a amené à y ouvrir un second atelier, dépendant de celui de Pérouse, mais il n’y demeurait guère. Loin aussi de Rome la prestigieuse cité du pape où travaillait Léonard de Vinci, avec qui il a un peu collaboré aux fresques de la chapelle Sixtine, sans pourtant s’y attarder. Il a ainsi été préservé de leurs passions et ne s’est donc pas trouvé engagé comme ses deux prestigieux contemporains à la vie animée du monde et sa peinture n’en présente pas les émotions, l’enthousiasme que l’on y vit ou le tragique.

 

Saint Jean l’Evangéliste et saint Augustin - 1502-1521

 

Saint Jean (reconnaissable à la bible qu’il désigne et non saint Philippe comme l’annonce par erreur le cartel de l’exposition) a la tête gentiment inclinée, le regard de côté et peut-être un demi-sourire, une petite bouche à l’expression gourmande et de bien jolis cheveux bouclés. Soj visage est celui d’une jeune fille. Il ne semble pas vraiment convaincu de l’importance de sa bible. Il est fort élégant. Quant à saint Augustin, très bien vêtu lui aussi et porteur d’une crosse d’évêque magnifiquement sculptée, son visage pensif ne reflète pas les conflits difficiles et passionnés qu’il a traversés durant son ministère en Algérie.

Sainte Marie Madeleine - 1500-1502

 

Traditionnellement la Madeleine est représentée en pénitente éplorée, dont les seins nus rappelent la vie débauchée, contemplant un crâne en signe de la vie qui passe, et tenant un flacon du parfum qu’elle a répandu sur les pieds du Christ. Ce portrait ne montre rien de tout cela ; le visage est calme et les yeux n’expriment ni tristesse ni repentance. La Madeleine du Pérugin n’et peut-être qu’une jolie fille rêvant à un mari ?

On comprend que des critiques exigeants aient reproché au Pérugin une certaine fadeur dans sa peintur et une absence d’émotion vraie. Mais c’est justement cette désincarnation même qui place le visiteur dans une atmopshère apaisée et suscitant la méditation.

a

              Botticelli, Vénus et Mars - 1483                      Léonard de Vinci, La dame à l’hermine, 1485

 

 

Voici à titre de comparaison les femmes qu’à la même époque peignaient Botticelli à Florence et Léonard de Vinci à Rome. Les regards sont chargés de sens, la personnalité est forte, ce sont véritablement des femmes vivant leur siècle avec l’intensité nouvelle apportée par la Renaissance.

Mais le Pérugin dont l’énorme succès ne se démentait pas, répondait aux critiques qu’il peignait ce que les gens aimaient voir. Et l’exposition du musée Jacquemart-André qui est si agréable à visiter et dont l’effet est apaisant et heureux, en est une bon exemple.

 

Francesco delle Opere – 1494

 

 

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