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 Spiritualité des images

 

Andrea Mantegna

1431-1506

 

musée du Louvre

 

jusqu'au 5 janvier 2009

 

 

Gilles Castelnau

 

 

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Iacopo Bellini, 1440  La Vierge d'humilité        Andrea Mantegna, Saint Marc 1447-48

 

29 septembre 2008

En comparant la représentation si vivante de « Saint Marc » que nous donne Andrea Mantegna à l'allure tellement stéréotypée de « la Vierge d'humilité » de Jacopo Bellini, pourtant peinte à la même époque, on comprend de façon saisissante le renouveau apporté par la première Renaissance italienne à laquelle participait activement Mantegna (Renaissance la France n'a découverte que près d'un siècle plus tard).

Certes Iacopo (père de Giovanni Bellini) s'est efforcé de peindre de beaux plis à la robe de la Vierge, il a décoré son auréole et a donné du brio à celle de Jésus, il a rendu avec soin le magnifique vêtement de  son adorateur et traité le paysage du fond avec minutie. Mais il est encore dans l'atmosphère gothique de la fin du Moyen Âge qui dominait l'Europe depuis la construction des grandes cathédrales, dans laquelle l'identité de l'homme ne provenait pas de sa personnalité mais seulement de son appartenance au monde céleste. Les peintres et les sculpteurs ne cherchaient pas à rendre l'individualité de leur modèle mais à le situer à la place qui lui convenait dans une scène forcément religieuse.

Voyez, par contraste, comme le visage du Saint Marc de Mantegna est expressif et typé : on le reconnaîtrait entre mille. Très réaliste avec sa barbe soyeuse, ses beaux sourcils et ses grands yeux à la fois vivants et pensifs.

La pensée gothique faisait de nous les fidèles participants du monde de Dieu tel que nous le présentait l'Église et les récits bibliques. La Renaissance est l'époque des cercles humanistes où l'on parle des grandes découvertes des continents lointains, des peuples inconnus, de l'astronomie, des mathématiques, de la médecine.
Les peintres - et notamment Mantegna - comprennent le sentiment de vérité et de réalisme qu'apportent la connaissance de la perspective et de l'anatomie du corps humain. (Un enfant contemplant le grand Saint Sébastien percé de flèches le croyait victime des Indiens !)

La valeur de l'homme, son être profond, ne tient plus à sa participation au monde divin mais se découvre à sa réalité humaine elle-même, à son caractère, à sa personnalité, à sa force intérieure.
Ce n'est pas encore l'individualisme romantique, où chacun suit sa propre route dans une liberté splendide ou une destinée dramatique comme le XIXe siècle nous le montrera. Le quattrocento italien ne se détourne pas du surnaturel ni de la fidélité à l'Église. La première Renaissance s'écarte seulement d'une spiritualité qui identifierait la sainteté avec le renoncement à soi-même et au monde pour ne trouver son existence que dans l'humble soumission à l'Église. Ce n'est en rien un rejet de la foi, bien au contraire, mais une grande indépendance de la pensée dans la recherche de spiritualité.
On ne montre plus l'homme comme transcendé par sa participation à une scène divine mais on représente des êtres de chair et de sang en lesquels la présence divine est incarnée et à l'oeuvre (ou tragiquement absente).

 

La Vierge de la Victoire

La tonnelle auréolant et honorant la Vierge et le monde qui l'entoure est superbement garnie de citrons et d'oranges, d'oiseaux et de perles de couleurs. Beauté d'une nature créée et voulue par Dieu, connue et cultivée par les hommes et qui remplace le fond toujours doré signifiant le Paradis qui entourait les scènes gothiques.
Saint Michel à gauche et saint Georges à droite sont descendus du ciel. Mantegna leur a donné des visages expressifs et sympathiques, des chevelures splendides, des vêtements magnifiques et même quelques bijoux pour qu'ils rejoignent en véritables hommes de son temps le donateur du tableau à genoux dans sa belle armure rutilante. La Vierge est belle et Jésus est un vrai petit garçon.

Le monde de Mantegna est sympathique, ses personnages sourient à l'existence et au monde, en libres et heureux enfants de Dieu.
Dans quelques années Savonarole, le moine fou, s'épouvantera de ce bonheur trop indépendant de l'intégrisme ascétique de naguère et fera brûler ces tableaux et ces bijoux. Mais on le brûlera à son tour et on verra apparaître la grande Renaissance avec Raphaël, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Cranach et ... Martin Luther.

 


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