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Jésus aimait...

 

Roger Parmentier

 

 

17 mars 2010

Jésus aimait les pâquerettes, les violettes, les coquelicots, les fleurs de champs, mais tel que je le connais il devait préférer les violettes pour leur parfum exquis et leur discrétion. Il les aimait tant et il les trouvait splendides, infiniment plus que les atours et les autres parures somptueuses des grands de ce monde, de Salomon à nos gens de cour, de robe, de religion ; pour ces derniers il se moquait volontiers de ceux qui aimaient se pavaner en longues robes.

 

Jésus aimait toutes les fleurs, car même les plus modestes sont splendides, heureuses de rendre un hommage silencieux à ce ou à celui qui les a fait surgir, heureuses même si personne ne les regarde.

 

Jésus aimait les arbres, feuillus ou non, véritables trait d’union entre la terre et le ciel. Il aimait que les oiseaux viennent faire leur nid en grand nombre et leurs rassemblements, quand c’est la saison dans leurs branches.

 

Il aimait les arbres même stériles, qu’il faudrait couper à la hache.

 

Jésus aimaitla vigne, ce vivant symbole séculaire du peuple choisi, parait-il, aux grappes dorées ou noires, si délicieuses et grâce auxquelles on produit cette merveille, le vin.

 

Il aimait les oliviers et surtout cette sorte de jardin, son lieu de prédilection pour enseigner ceux qui le suivaient au mont des Oliviers. Ils évoquaient pour lui l’huile tirée de leurs précieuses olives, qui triomphait dans tant de domaine, y compris consacrer, entrer dans la composition des parfums et alimenter la lumière des lampes à huile.

 

Jésus aimait et il savait observer pour mieux aimer. Par dessus tout il appréciait les figuiers et leurs figues, au point d’en réclamer quand ce n’était pas la saison. Et il savait bien qu’on ne peut cueillir les figues sur des chardons, pas plus que des raisins sur les ronces...

 

Il aima un sycomore, ou un murier, sur lequel s’était perché un filou de haut vol qui avait une folle envie de le voir. Il ne le méprisa pas et osa même s’inviter chez lui, bravant l’opinion publique déconcertée. Jésus aima Zachée.

 

Jésus aimaitles arbres de l’hiver aussi, lançant vers le ciel leurs branches dénudées comme des appels au secours, mais qui préparent silencieusement, en secret, l’explosion joyeuse du printemps.

 

Il aimait les champs labourés avec tant de peine et ensemencés ensuite par le semeur généreux, sorti pour semer, mais dont les grains se perdaient parfois dans les ronces ou les superficiels, comme aujourd’hui il arrive aux prédicateurs... Et la moisson, quelle fête quand la récolte est abondante, promesse que les familles ne mourront pas de faim...

 

Jésus aimait les animaux, bien sûr, les brebis, les moutons, les agneaux, tous si vulnérables, proies faciles pour les loups (qui pensaient aussi qu’il fallait bien qu’ils mangent...). Jésus aimait la brebis perdue et désespérée ; pour laquelle il valait bien la peine que le troupeau soit un moment délaissé pour tenter de la trouver et de la sauver (il ne s’agit pas de salut éternel, à quoi pensez-vous ?). Et quel bonheur quand elle est retrouvée et tirée d’affaires !

 

Jésus aimait...Les ânes, bien sûr, les ânesses, les ânons, si innocents, si attendrissants malgré leur entêtement célèbre, mais qui ne les empêchait pas d’être si serviables… au point que Jésus se demandait si un ânon ne serait pas une parfaite monture pour une entrée provocatrice et triomphale à Jérusalem.

 

Jésus aimaitles oiseaux à la vie si courte et sans cesse menacée, les moineaux aux plumes moins éclatantes que d’autres, mais si touchants, et les corbeaux ces mal-aimés, que pourtant le père nourrit...

 

Jésus aimait...

 

Jésus aimait tous les humains et spécialement les enfants, la plus grande richesse, même coûteuse à élever. Il aimait les enfants et leur merveilleux visage, leur merveilleuse confiance. Et contrairement à d’autres qui les trouvaient impurs, il les aimait même malpropres et morveux ; et il reprenait ses disciples quand ils voulaient empêcher les enfants de s’approcher de lui.

 

Jésus aimait les femmes et elles le lui rendaient bien. Il aimait les femmes « en tout bien tout honneur », comme ont dit curieusement, encore qu’il n’y aurait eu aucun inconvénient à ce qu’il ait eu avec l’une d’elles une autre relation, comme les autres humains et, parait-il, les apôtres.

Vieilles ou jeunes, il les aimait...

Il avait le cœur chaviré, de voir cette veuve enterrer son fils unique et il était intervenu. Et de même cette samaritaine à la vie conjugale mouvementée, obligée de faire la corvée d’eau au pic de la chaleur, par crainte des rebuffades des bien-pensants.

 

Jésus aimait les femmes adultères, cibles rêvées des accusateurs et procureurs religieux moralisants et il ne condamnait pas ces femmes et leur proposait une autre vie, une autre manière d’aimer sans doute. Il va sans dire qu’il aimait aussi les hommes adultères dont on parle moins curieusement, puisqu’il faut être deux pour ce genre de chose... Et ce silence pudique va de soi puisque ce sont des hommes qui ont écrit les évangiles...

 

Jésus aimait moins les véritables adultères à ses yeux, ceux qui délaissent leur Dieu pour rendre un culte au Dieu-Argent ou à César.

 

Jésus aima profondément cette Cananéenne, Syro-phénicienne, qui fit preuve d’une foi si audacieuse et (c’est cela la foi) déterminée, si humble aussi, qui lui apprit à ne plus être encombré par les préjugés et les « étroitesses de sa religion » ; elle lui apprit à mieux aimer, même les « petits chiens » humains, et donc lui apprit à devenir un peu mieux... Jésus ! Grâce à elle, peut-être, il apprit à aimer « tout le monde »... et le monde. Etre aujourd’hui le Jésus de tous, quelles que soient leurs convictions religieuses ou non religieuses.

 

Jésus aimait les femmes, la malheureuse qui avait perdu sa précieuse pièce qu’elle tenait sans doute en réserve et qu’elle ne retrouvait plus. Il avait eu de la peine à aimer, car elle lui faisait horreur celle qui avait fait demander par sa fille sexy qu’on lui apporte sur un plateau la tête de Jean-Baptiste.

 

Jésus aimait cette femme que des mâles peu futés considéraient comme impure car elle était malade d’un flux de sang permanent depuis douze ans ; et bravant tous les préjugés religieux, Jésus se laissa toucher par elle, même si c’était quelque peu par superstition et lui accorda la guérison qu’elle souhaitant si ardemment. Et en même temps il aima une autre femme qui venait de perdre sa fille à l’orée de sa vie de femme car elle avait douze ans.

 

Jésus aimait ces femmes compétentes qu’on appelle justement sages-femmes, qui depuis la nuit des temps s’efforcent d’aider les femmes qui accouchent. Et celles et ceux, évidemment, qui aident à naître de nouveau...

 

Jésus aima...

 

Jésus aimait follement cette pauvre veuve, victime de la religion, qui a cru de son devoir de donner jusqu’à son dernier sou dans la caisse du temple, alors que les dignitaires vivaient confortablement...

 

Il aima aussi cette autre victime d’une grave injustice, dont le juge avait autre chose à faire que de s’occuper d’elle, et qui avec l’assurance et l’obstination que donne la foi, le harcela jusqu’à ce qu’il cède. Jésus la donna en exemple car elle avait su s’indigner avec obstination et passer à l’action... (comme le cher Stéphane !).

 

Jésus aimait Marie de Magdala, cette femme un peu dérangée qu’il avait guérie : elle avait été « guérie de sept démons », la dose maximum, une affection très grave, probablement d’ordre psychique ou mental ; on comprend qu’en retour elle lui ait été profondément attachée...

 

Jésus aimait aussi Marthe et Marie, les sœurs de Lazare, qui l’accueillaient si bien, chacune à sa manière, quand il venait à Béthanie. Là on se comprenant à demi-mot. Et par amour pour les deux soeurs en deuil, quand Lazare mourut, il entreprit l’impossible...

 

Jésus aima...

 

Jésus aima aussi les hommes...

 

Jésus aima les bergers si soucieux de trouver les bons et verts pâturages, de la santé du troupeau et de la moindre brebis...

 

Les laboureurs, semeurs, moissonneurs qui nourrissent à force de travaux épuisants leur famille et la société... (Mais aussi les glaneuses si désireuses que rien ne se perde).

 

Les entrepreneurs et les maçons, cherchant le bon terrain pour construire sur le roc) et ceux qui construisent leur vie sur le roc si précieux de la mise en pratique des paroles du maître).

 

Mais aussi les malheureux. Par exemple : les ouvriers agricoles que personne n’avait embauchés et qui voyaient le soir arriver sans avoir pu gagner quoique ce soit pour nourrir leur famille...

 

Jésus aimait cet ado un peu fou, quittant la sécurité du foyer pour faire les quatre cents coups au risque de désespérer son père, ayant extorqué tout l’argent possible sous prétexte qu’il y avait droit ; et le dépensant aussitôt dans les boites à la mode, jusqu’à n’avoir plus un sou. Et le père pensait : Ah, les jeunes maintenant !

 

Il aimait quand même ce frère ainé, si consciencieux, si content de lui, croyant au salut par les œuvres, par les mérites, ignorant ou méprisant la douleur de leur père...

 

Et quelle tendresse pour ce père, généreux à l’extrême et ne perdant pas espoir, même si toutes les évidences de la société moderne étaient contre lui ; et qui tous les jours, qu’il pleuve ou qu’il vente, allait au bout du chemin guetter l’arrivée improbable de ce crétin qui était quand même son fils, son second fils...

 

Il aimait les pêcheurs au bord du lac ; ceux qui passent toute la nuit sans rien prendre et ceux qui par bonheur font une pêche mémorable. Les pêcheurs d’hommes comme lui, tirant d’affaire ceux qui perdent pied et se noient...

 

Il aimait les vignerons, même quand ils préméditent de tuer le fils du maître pour s’emparer de la vigne...

 

Jésus aimait les pères et les mères qui inventent l’humanité de demain et savent nourrir et protéger, véritables images de « Dieu » lui-même, tels qu’il se le représentait, généreux et miséricordieux.

 

Jésus aimait, c’est à dire savoir comprendre et ne pas condamner.

 

Jésus aima les serviteurs et les servantes attentionnés qui calquent leur comportement sur celui de leur maître, et ne s’imaginent pas lui être supérieur : acceptant d’être traités comme il l’a été, sans servilité ni résignation.

 

Jésus aima les intendants vigilants, les gérants de propriétés honnêtes et les responsables du personnel et de la bonne marche de l’entreprise de sauvetage...

 

Jésus aima...

 

Jésus aima plus que tout les malades, surtout ceux qui se savaient perdus ou dont la vie était devenue exécrable et douloureuse.

 


Jésus aima les boiteux, ceux dont on se moquait comme on se moquait des chauves. Il les aimait, car comment gagner sa vie et celle de sa famille quand on est gravement handicapé ?

 

Jésus aimait les aveugles, ou les non-voyants comme on dit maintenant, d’une tendresse particulière, qu’ils le soient de naissance, par maladie ou accident. Car comment vivre quand on n’y voir pas qu’on ne peut se déplacer, travailler, fonder une famille ? A l’époque on était réduit à la mendicité et à l’obscurité éternelle, terrible destin... que Jésus comprenait comme s’il avait été aveugle lui-même. Jésus les aimait. Mais il savait qu’il existe des cécités plus graves : les cécités du cœur et les cécités spirituelles. Et qu’il est bien des dirigeants qui sont comme des aveugles qui conduisent des aveugles...

 

Jésus aima...

 

Jésus aima aussi les lépreux, les pires exclus de ce temps, condamnés par des tabous religieux tout autant que de santé, à vivre à l’écart leur maladie et leur souffrance, dans des conditions de précarité qu’on a peine à imaginer. Jésus les aima et fit ce qui était en son pouvoir pour que, contre toute espérance, ils puissent être guéris... Mais n’existe-t-il pas aujourd’hui lèpres et d’autres exclusions dont se détourne et que l’on croit inguérissables ?

On peut penser par exemple, aux familles de ceux qui ont un comportement politique abominablement criminel. N’en sont-elles pas marquées pour la vie, victimes d’on ostracisme illégitime ?

Et il y a mille situations d’exclusion, mille populations ou individus traités en « lépreux » !

On peut penser par exemple, aux pasteurs retraités qui ont servi l’Evangile durant leur vie active et qui sont généralement écartés des lieux de réflexion et d‘information. Comme s’ils étaient suspects d’être dangereux...

 

Jésus aima les paralytiques, les grabataires, eux aussi qui sont en fin de parcours, dans un état de faiblesse que l’on croyait irrémédiable et il intervenait en leur faveur.

 

Jésus aima

 

Jésus aima les copistes consciencieux de l'Ecriture et les traducteurs grâce auxquels on pouvait se nourrir de textes admirables et motivants (à côté de bien des horreurs).

 

Jésus aima aussi les gens religieux comme on pouvait l’être en ces temps crédules et ignorants, s’imaginant que tout ce qui existait et survenait était le résultat d’actions de puissances obscures, surnaturelles, qu’il fallait amadouer par des sacrifices, des offrandes, des prières et des rites. Il les plaignait beaucoup, les considérant comme des victimes et non des coupables. Et le plus clair de son action militante était en leur faveur.

 

Jésus aimait surtout les prophètes, d’autrefois et d’aujourd’hui, ces merveilleux contre-pouvoirs osant interpeller et contester les mentalités et les comportements des rois et des grands, des riches qui thésaurisent quand le peuple meurt de faim, les prêtres aux hypocrisies légendaires et aux suffisances orgueilleuses ; le peuple lui-même, si crédule et versatile, se laissant mener par el bout du nez, au lieu de prendre au sérieux la parole inspirée...

 

Jésus aima les prophètes proposant sa nouvelle façon de vivre ; et surtout celui qui avait dit de la part de Dieu : « c’est la miséricorde que je veux, non les sacrifices ».

 

Il aurait été volontiers sévère à l’égard des responsables religieux, mais il les aima quand même, s’efforçant de les instruire de sa toute autre proposition ; et de les conscientiser. Il s’adressa par exemple à des prêtres, à des théologiens, à des moralisants, avec une foi formidable, comme s’il était imaginable qu’ils deviennent capables d’un radical changement de mentalité ; et ce n’était parfois pas sans succès. Parce qu’il les aima. Mais ils ne lui rendirent pas tous la pareille.

 

Jésus aima

 

Jésus aima même ses adversaires, ses ennemis, ceux qui le calomniaient, le détestaient, et lui tendaient des pièges pour le faire prendre et exécuter... Jésus aima ceux que son évangile surprenait, qu’ils n’arrivaient pas à comprendre, ou étaient déstabilisés, indignés, en colère... Il aima ses ennemis et invita ses militants d’hier à en faire autant. Et pourquoi pas aujourd’hui ?

 

Il aima les soldats romains si cruels qui faisaient régner la terreur, torturant, crucifiant, massacrant à tour de bras, mais qui en réalité étaient des pauvres diables, enrôlés parfois de force ou gagnant leur vie comme ils le pouvaient.

 

Jésus aima même l’officier romain, chérissant tellement son fils ou son « boy », qu’il s’abaissa jusqu’à demander sa guérison à ce rabbi itinérant si souvent mal famé. Il aima aussi cet autre officier qui commandait le peloton d’exécution qui le crucifiait...

 

Mais pareillement il aima les nationalistes religieux terroristes, les Zélotes, même s’il estimait que leur combat n’était pas la bonne méthode (mais elle a été souvent efficace) et qu’en l’occurrence ce serait une insurrection suicidaire, car celui qui prendra l’épée périra par l’épée. Il les aima au point d’en recruter plusieurs pour son équipe des Douze, dans l’espoir vain sans doute de leur proposer une toute autre insurrection, pacifiste celle-là.

 

Jésus aima le pauvre peuple, pris en tenaille entre les uns et les autres, terrorisé, pressuré par les uns et les autres et se demandant d’où pouvait venir le salut (pas le salut de leurs « âmes », on n’avait pas encore inventé cela), le sauvetage, la survie de leurs familles et d’eux-mêmes...

 

Jésus aima les auditoires, les petits comme les grands, ces visages ouverts, tendus, offerts qui buvaient ses paroles, infatigables, insensibles au fait de n’avoir rien à manger, comme Jésus lui-même, d’ailleurs, ces gens ingénieux et déterminés, allant jusqu’à crever une terrasse pour faire approcher leur ami paralytique jusqu’à Jésus, malgré la densité du rassemblement...

 

Et il leur proclamait ses béatitudes, révélait son grand projet du monde heureux, l’entrée immédiate par la porte étroite dans la façon de penser et d’être de Dieu lui-même, le généreux et le miséricordieux ; il invoquait pour eux ses paraboles à déchiffrer et ses formules inoubliables...

 

Il aimait aussi les petits matins, quand dans la nuit noire qui allait être illuminée, il voyait scintiller étoiles et planètes, avant le lever du jour, quand parti à l’écart il pouvait réfléchir, se remémorer, demander de nouvelles inspirations et le courage spirituel et physique de les mettre en œuvre...

 

Tant de gens fonctionnent à la détestation, à la rancune, au désir de vengeance ou d’exclusion, à la haine ou au mépris…...

 

Jésus, lui, savait aimer, ce qui change tout...

 

 

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