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Théologie du Process

 

 

Le « Process »

 

Traduction d'un chapitre d'un long article

 

The Potential Contribution of Process Thought

 

John B. Cobb

 

31 décembre 2008

Les théologiens du Process considèrent, comme les autres critiques, que le théisme traditionnel provient davantage de la pensée hellénistique que de la Bible. Cela ne le discrédite pas mais appelle à le réexaminer. Les Grecs regardaient l’ « apatheia » (le détachement impassible) comme une vertu. La plupart recherchaient une attitude intérieure stoïque qui les rende insensibles aux agressions et aux critiques de leurs contemporains. Ils pensaient d’ailleurs que Dieu lui-même était protégé des atteintes du monde par sa transcendance elle-même. Dieu, à leurs yeux, était éternellement et totalement paisible, impassible devant les épreuves qui surviennent aux créatures. Les théologiens chrétiens souscrivaient traditionnellement à ces points de vue et supposaient Dieu immobile et immuable.

Il me paraît évident que les auteurs bibliques ne voyaient pas les choses ainsi. La Bible nous montre toujours Dieu ayant un plan pour le monde, souhaitant que les hommes y collaborent et s’impliquant totalement dans la suite des événements.
La religion habituelle enseignait aussi à prier en espérant que Dieu écouterait et serait peut-être influencé par nos demandes. Cette conception d’un anthropocentrisme naïf a pu être simplement oubliée. Mais des croyants plus exigeants ont continué à la mentionner afin de mieux la récuser et de critiquer l’idée que Dieu pourrait demeurer impassible devant nos prières.

Autrefois, les théologiens étaient tous convaincus qu’aucune démarche philosophique ne pouvait contredire cette pensée grecque : l’idée d’un Dieu impliqué dans la vie du monde contredisait la raison et ne pouvait provenir que de la Révélation. C’est le Process qui a réussi à penser philosophiquement l’implication de Dieu dans la vie du monde. Le Process incite à penser que Dieu est réellement actif dans le monde et y exerce sa puissance, sans pourtant tout contrôler. Dieu est présent, avec sa puissance, en tout ce qui se passe mais sa force n’est pas la seule à s’exercer. De ce point de vue, la doctrine de la toute-puissance divine doit être soit abandonnée, soit radicalement repensée.

Beaucoup de croyants ne croient plus en la puissance de Dieu et ne pensent même pas que Dieu puisse agir. « Dieu » n’est, pour eux, qu’un symbole inactif. Certains disent, à la manière de Tillich, que Dieu est le Fondement de l’Être, c’est-à-dire que nous recevons à chaque instant notre être de Dieu. Mais, dans cette conception, Dieu n’intervient pas dans l’histoire du monde, bien que l’idée de sa toute-puissance subsiste néanmoins dans la mesure où il donne à tous le pouvoir d’être.

Mais d’autres croyants pensent que lorsque le mal frappe, c’est Dieu qui doit avoir ses raisons de l’infliger. Et, inversement, ils rendent grâce lorsque du bien leur arrive. Ils sont convaincus que, dans sa toute-puissance qu'ils ne mettent aps en doute, c’est Dieu qui fait tout arriver, le bien comme le mal. Ils affirment que c’est bien là le message de la Bible qui est, d’ailleurs, en accord avec la réflexion philosophique.

Du point de vue du Process, la premère position abandonne exagérément l’idée de la bienveillance et de la puissance libératrice de Dieu.
Quant à la seconde qui affirme que Dieu est responsable, dans sa toute-puissance, de tout ce qui arrive dans le monde, elle a fait beaucoup de mal dans le passé. Elle évacue la liberté et la responsabilité humaine et rend insoluble le problème du mal.

Et pourtant, cette appellation de « tout-puissance » est la plus courante pour parler de « Dieu » et c'est bien ce que dit de lui dans liturgie de l’Église et le langage courant. Les mots « Dieu tout-puissant » sont presque utilisé comme un nom propre.
Pour les théologiens du Process, le fait qu’un terme ou une doctrine soit présent dans la Bible n’est pas une raison pour qu’il soit accepté. Mais le fait, pour un docteur de l’Église, d’être amené à critiquer une idée absolument présente dans la Bible représente effectivement un problème.

Je suis personnellement convaincu que Jésus n’attribuait pas à Dieu une domination toute-puissante. D'ailleurs le mot « tout-puissant » est rarement utilisé dans la Bible, sauf dans la Genèse et dans Job où il est, par contre, d’un usage fréquent pour traduire l’hébreu « Shaddai ».
L’hébreu a deux noms propres pour désigner Dieu : Yahvé et Shaddai. Ils désignaient deux Dieux distincts qui ont été réunis dans le mouvement en faveur du monothéisme.
Lrsque l’usage d’un nom propre pour Dieu a été mis en question, la version grecque de la Septante a remplacé Yahvé par « Kurios », Seigneur et « Shaddai » par « pantocrator », tout-puissant. La Vulgate a ensute traduit en latin « pantocrator » par « omnipotens ». Ces termes n’excluent pas qu’il existe d’autres puissances que celle de Dieu mais on les a progressivement compris comme signifiant que Dieu seule avait toute la puissance. Ce sont ces glissements qui ont entraîné tant de mal.

Dans le Nouveau Testament, le mot grec « pantocrator », tout-puissant, apparaît une fois chez Paul, dans une citation de l’Ancien Testament et plusieurs fois dans l’Apocalypse. Dans mon édition de la Bible (la New Revised Standard Version), lorsque le mot « Almighty », tout-puissant est employé, une note en bas de page précise qu’il traduit « Shaddai » ; au moins les traducteurs ont été honnêtes, même s’ils n’ont pas voulu s’opposer à la tradition dont nous parlons. C’est bien, mais la plupart des lecteurs ne lisent guère les notes.
J’ai été encore plus déçu en me reportant à l’index qui se trouve à la fin de ma Bible. Au mot « Almighty », tout-puissant, alors que l’occasion était belle d’expliquer l’usage de ce mot, l’auteur se borne à dire : « tout-puissant » signifie « le Dieu qui peut tout ». Une chose est sûre c’est que c’est faux !
On ne sait pas précisément ce que signifie ce mot de « Shaddai » ; peut-être quelque chose comme « le vaillant ». Je ne veux pas obliger les traducteurs de la Bible à utiliser ce mot mais je remarque qu’en tous cas on ne peut pas prétendre que « Shaddai » désigne un Dieu qui dont la toute-puissance détermine effectivement la viie du monde.

Ce trop long développement entend seulement montrer que lorsqu’on émet une opinion qui diffère de l’idée reçue, on est amené à étudier des sujets qui ont été étonnamment négligés jusque là.
Le Process propose de telles études. Il soulève des questions et invite à des réflexions qui peuvent intéresser des gens qui, eux-mêmes avaient des idées non-conformistes. Il suscite évidemment l’opposition de ceux qui n’acceptent pas que l’on mette leurs habitudes en question...

 

Traduction Gilles Castelnau

 

 

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