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Faith, Hope and Love

 

John B. Cobb, Jr

 

 

21 octobre 2008

Psaume 82

Dieu est là, entouré de son conseil
au milieu des dieux il rend la justice.
Jusqu'à quand jugerez-vous avec parti pris
En acquittant les coupables ?

Faites droit au faible, à l'orphelin,
Rendez justice au pauvre, au misérable.
Relâchez le faible et le malheureux,
Arrachez-le aux griffes des méchants...

Interviens, ô Dieu et sois le juge du monde !

 

Je m'identifie vraiment à l'auteur de ce psaume. Pas de manière littérale naturellement mais je ne pense pas que c'était l'intention de l'auteur. Peut-être croyait-il plus que moi en une réunion céleste présidée par le Dieu d'Israël. Mais je suis bien sûr qu'il ne prétendait pas connaître personnellement les réalités qu'il mentionne. Il me semble clair que ce sont ses espoirs et ses voeux qu'il exprime ici.

Il écrivait en un temps où les riches exploitaient les pauvres et les puissants opprimaient les plus faibles et il ne l'admettait pas. Ils croyait que son Dieu avait d'autres idées. Il représentait le Dieu d'Israël s'opposant aux autres Dieux qui se conduisaient mal. Ils avaient apparement gouverné le monde jusque là et bien qu'ils aient été des Dieux, d'une certaine manière, ils ne possédaient pas l'immmortalité qu'ils s'imaginaient avoir. Ils périraient et le monde pourrait alors changer car la justice du Dieu d'Israël règnerait.

Jésus opposait le « Royaume de Dieu » que je préfère traduire par « Commonwealth divin » à l'Empire romain, oppresseur et exploiteur, que Paul nomme « les puissances des ténèbres » dans l'épitre aux Colossiens. Et dont il dit que les croyants ont été sauvés.

Les communautés des disciples de Jésus n'ont bien sûr jamais été à la hauteur de leur idéal d'amour mutuel mais leurs membres se rendaient bien compte que l'atmosphère y était extrêmement différente de celle de la société globale : on n'y était pas jugé injustement, avec partialité, justice et protection étaient accordées aux faibles et aux orphelins. En résumé, les espoirs du psalmiste étaient réalisés.

On pourrait retrouver dans toute l'histoire de l'Occident cet idéal de protéger le pauvre et le faible. Longtemps le rôle de l'Église, cette responsabilité fut progressivement transférée à l'État. Dans de nombreux pays, notamment en Europe, aux États-Unis et au Japon, le rôle des gouvernements fut bien plus de protéger les pauvres que de les exploiter et la pauvreté absolue en fut pratiquement abolie.

Au Etats-Unis nous avons pris conscience de nos crimes envers les Africains, les Indiens, les Mexicains et de nombreux immigrants, du droit des femmes, de notre responsabilité en ce qui concerne l'Holocauste et de la sauvegarde de la création. Nous n'avons certainement pas réparé nos torts mais à la lumière du Commonwealth divin de Jésus nous nous en repentons et il faut reconnaître que dans plusieurs parties du monde le Commonwealth de Dieu a commencé au début du 20 e siècle à se réaliser.

Malheureusement aujourd'hui notre regard ne peut plus être positif. Il y a certainement eu de nombreux progrès mais en profondeur, le mouvement s'est inversé. Les pauvres sont réapparus dans la plupart des pays et les gouvernements sont désormais plutôt des instruments au service des riches et des puissants que des protecteurs des pauvres et des faibles.

Aux États-Unis, même si les discriminations pour les questions de race ou d'orientation sexuelle sont en diminution, les problèmes de classe sociale et d'organisation du travail demeurent toujours. Les riches et les puissants contrôlent plus que jamais la société, le gouvernement et sa politique étrangère, le parti Républicain et le parti Démocrate, l'économie et les finances, le système de santé et d'éducation, les médias et le monde de la Justice.

Et surtout, les espoirs écologiques des années 1970 n'ont pas été réalisés. On pensait limiter les gaspillages, l'épuisement des ressources naturelles et la pollution de l'environnement. Mais rien de tout cela n'a été réalisé.

Quelle que soit la bonne volonté de nos Églises, ce que nous avons fait, dit le Psaume 82, a été de servir les Dieux auxquels s'oppose le Dieu d'Israël lors de la réunion de son conseil. Ces Dieux, ces pouvoirs, ces autorités sont effectivement très puissants mais ils sont incapables de nous sauver. Au contraire, comme Dieu le déclare dans le Psaume 82, ces Dieux mourront. Seul le Dieu d'Israël vivra.

L'assurance que Dieu vivra est notre espérance. Que pouvons-nous espérer de plus ? Le psalmiste espérait que Dieu se lève et juge toutes les nations. Il espérait que ce jugement mettrait fin aux injustices de la société dans laquelle il vivait.

Bien sûr, cela ne réparerait pas les injustices passées. De nos jours, cela ne rétablirait pas les sols et l'eau pollués, les forêts dévastées, les espèces disparues et cela n'empêcherait pas le réchauffement climatique que nos actions passées ont déjà rendu inévitable.

Même actuellement, alors que les causes du réchauffement climatique sont parfaitement repérées, et que pourtant aucune nation ne se déclare prête à prendre les mesures drastiques qui « pourraient » réduire de façon significative la catastrophe qui s'annonce, il semble que nous devions tous affronter le jugement qui s'annonce sur nos péchés collectifs. Et malheureusement ce seront les moins responsables qui payeront le plus cher.

Heureusement que, dans la Bible, il n'y a pas que la menace du jugement. Il y a aussi l'annonce du salut et du renouveau et dans le Nouveau Testament c'est le message principal. Et si le vrai Dieu est le Dieu du salut et du renouveau que nous donne-t-il à espérer ?

Jésus a dit que nous pouvions compter sur le divin Commonwealth. Je disais que ses premiers disciples expérimentaient les communautés où l'on prenait soin de tous les participants sans en opprimer aucun. J'ajoutais que lorsque l'Église grandit et devint une force dominante de la société, elle devint et l'État après elle une protectrice pour les pauvres et les faibles. Je dis aussi que dans les années 1970 on pouvait espérer que l'Esprit du Christ allait transformer la société, l'amener à se repentir pour ses crimes passés et nous faire progresser vers un monde meilleur.

Il y a une dialectique dans la compréhension du divin Commonwealth. Lorsque Jésus disait qu'il était proche, il voulait dire que ceux qui l'écoutaient pouvaient choisir d'en vivre plutôt que de conserver la manière de vivre de l'Empire romain. C'était le choix des communautés fondées par Paul. Cela ne suffisait pourtant pas à déstabiliser la société romaine bien que les autorités en furent suffisamment inquiètes pour être amenées à crucifier Jésus et à persécuter ses disciples. Néanmoins aussi bien Jésus que Paul semblaient penser que d'une manière ou d'une autre le nouvel ordre l'emporterait sur Rome. La mission chrétienne ne se bornait pas à seulement fonder l'Église. Lorsque l'Église acquit une force suffisante, elle s'efforça d'influencer la société.

Il y a donc deux manières de comprendre le dessein de salut de Dieu.
D'une part, Dieu nous fait renoncer au monde gouverné par les faux Dieux, leurs autorités et leurs puissances pour ne participer qu'aux communautés qui vivent d'amour et de justice.
D'autre part, Dieu appelle ces communautés et tous leurs participants à participer au salut du monde que Dieu aime.

Toute ma vie je me suis focalisé sur la seconde hypothèse. Mon souci pour le salut du monde s'accroîssait en prenant conscience des dangers que faisaient courir à la terre entière les excès de l'activité humaine. Je me suis d'abord adressé à l'Église dans l'espoir qu'en se repentant, elle entraînerait une repentance plus globale. D'une certaine manière je suis fier de ses réponses. Elle s'est effectivement impliquée dans cette repentance par plusieurs de ses organisations.

Mais il est vrai que même les chrétiens les plus authentiquement engagés et qui adorent Dieu davantage que l'argent, obéissent quotidiennement plutôt aux exigences économiques qu'à l'enseignement de l'Église.
Quant au monde économique il n'a manifesté aucune véritable repentance et la mondialisation nous a bien au contraire entraînés exactement dans la mauvaise direction.

Il est maintenant trop tard pour éviter des drames sociaux sur une échelle mondiale. Là où les gens ne trouvent plus de quoi vivre, ils partent, quel qu'en soit le prix. Mais aucun lieu ne se propose pour les accueillir et les surplus alimentaire avec lesquels on les nourrit provisoirement ne suffiront pas. Des famines s'en suivent avec leur cortège de maladies, de violences et de guerres. En de nombreux endroits du monde des gouvernements absurdes ne pourront subsister.

Que signifie, dans un tel contexte, être fidèle à Dieu ? Que pouvons-nous attendre de Dieu ? Quel est, finalement, le message chrétien ?
Je pense qu'il pourrait retourner aux origines et se focaliser sur l'annonce du divin Commonwealth.

Les efforts pour s'impliquer dans le dessein de Dieu pour le salut du monde ont culminé dans les années 1970 et semblent se heurter désormais à un mur. Les faux Dieux dominent le monde. Leur mort est désormais certaine mais il y a peu de chances pour qu'ils laissent encore la place à un nouvel ordre mondial fondé sur la paix et la justice. Leur mort entraînera avec elle de nombreux désastres.

Ce qui est sans doute possible serait peut-être de se réfugier dans des communautés locales où seraient acceptées les valeurs du Commonwealth de Dieu plutôt que celles du monde qui s'écroule autour de nous. C'était difficile au temps de l'Empire romain. C'est difficile dans l'Empire américain. Ce sera encore plus difficile dans le temps de jugement qui s'annonce. Mais on y trouvera la sorte de joie qui demeure possible quand tout s'écroule.

Le slogan le plus prometteur est celui du Forum Social Mondial :« Un autre monde est possible ». C'est exactement ce que Jésus proclamait en annonçant le divin Commonwealth. Le Forum Social Mondial suscite localement des petits groupes de justice et d'entraide dans les milieux défavorisés où l'on craint, à juste titre, pour ses moyens d'existence. Ils n'ont pas perdu espoir et que le système économique et politique actuel s'écroule ou se maintienne ils sont décidés à ne rien en attendre mais à ne compter que les uns sur les autres.
Ils font ce qu'ils peuvent, comme ils peuvent, s'adaptent à toutes les situations, aussi négatives soient-elles.

C'est la vie de la foi, de l'espérance et de l'amour, la vie à laquelle nous sommes tous appelés.

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

 

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