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Sea of Faith - Nouvelle Zélande : textes en français

Une vie dans l’ambiguïté

 

le naturalisme religieux et la menace du mal

 

 

Living with Ambiguity

Religious Naturalism and the Menace of Evil

124 pages

 

Donald A. Crosby

professeur émérite de philosophie à l’Université d’État du Colorado

 

recension par Alan Goss

bulletin de Sea of Faith - Nouvelle Zélande
octobre 2013


16 août 2016

traduction Gilles Castelnau

Un monde ambigu

Ce livre entend montrer que dans un monde de beauté et d’horreur, de vie et de mort, un monde où certains vivent dans l’harmonie et d’autres dans l’agression et la destruction, on peut néanmoins avoir suffisamment de confiance et d’espérance en l’avenir pour mener une vie pleine et heureuse. Notre monde est un ambigu mélange de bien et de mal.

On s’émerveille de la profusion de la vie qui surgit dans la nature sous toutes ses formes, de la diversité des bêtes grandes et petites, avec leur plumage, leurs façons de vivre etc. Tous les êtres vivants naissent, se développent et meurent. « La vie et la mort, le développement et l’extinction sont corrélées », écrit l’auteur. La vie est, certes, un don précieux, mais elle ne va pas sans souffrances et malheurs.

La nature est tissée par ce que l’auteur appelle « les maux systémiques naturels », comme l’épidémie de grippe espagnole qui tua en 1918-19 environs 25 millions de personnes, ou le tsunami qui fit environs 265 000 morts. Ces catastrophes, dit l’auteur, ne sont ni voulues ni permises par Dieu et ne font pas partie de son dessein pour le monde. Elles ne sont d’ailleurs pas mauvaises en elles-mêmes, elles ne sont pas planifiées, elles n’ont pas pour but de nous servir de leçon. Si nous disons qu’elles sont mauvaises c’est naturellement à cause des souffrances, du malheur et de la mort qu’elles procurent à tant d’êtres.
Mais la nature a aussi des merveilles qui nous réjouissent par leurs couleurs, leur variété, leur dynamisme, leur pouvoir régénérant et qui sont de « véritables sources d’encouragement dans notre existence ». La nature nous entoure, nous en faisons partie, nous lui appartenons. Et comme Dieu, elle dépasse toute compréhension.

 

La religion a-t-elle besoin de Dieu ?

Ceux qui croient en un Dieu théiste surnaturel, croient que la vie n’a de sens que dans la mesure où elle guidée et protégée par un être infini avec lequel on peut avoir une relation personnelle dans la prière de louange, de repentance, de demande etc.

Ils ont besoin pour vivre de l’aide d’une puissance supérieure infinie sans laquelle ils ne pourraient vivre par eux-mêmes.
Crosby respecte ces opinions qui sont celles de millions de personnes dans le monde. Mais il ne trouve pas nécessaire de croire ainsi ni de mettre sa foi en un tel Dieu. Nous pouvons compter les uns sur les autres et nous avons même le monde entier pour nous aider à vivre.

La prière de demande pose problème. Une divinité théiste qu’il faut persuader de faire le bien ne mérite pas d’être adorée. Sans nos prières oublie-t-elle de faire le bien qu’elle devrait faire ? D’ailleurs les prières de demande ne fonctionnent pas toujours de la manière prévue. Dans des situations désespérées comme celle des camps nazi de la mort ou lors du tsunami qui a fait des ravages au Japon, des quantités de gens sont allés à la mort malgré leurs prières. 

Les ambiguïtés de la nature, ses joies et ses peines ne peuvent être expliquées. Nous sommes tous dans la même barque. On ne peut pas avoir toujours la mer calme et jamais la tempête.

Comme le dit Crosby : « le naturalisme religieux est honnête et réaliste à cet égard. Il n’offre pas de bouillie de chat, pas de panacée, pas de promesse vide, pas de construction dans le vide. Il est d’un réalisme total. Il dit : "ayez du courage, de la force, de l’intelligence. Vous êtes enfants de la Terre et vous n’avez pas d’autre patrie" ». 

Crosby pense qu’une telle conception permet de vivre  une authentique vie religieuse et qu’il n’est pas nécessaire de recourir à d’illusoires doctrines surnaturelles.

On a besoin de passer d’un Dieu créateur du monde à  un monde qui, en dépit – ou à cause de – ses ambiguïtés, est digne de notre foi, de notre confiance et de notre dévotion.

La thèse de ce livre est : « Nous n’avons pas besoin de chercher plus loin que dans la nature elle-même pour y découvrir dans sa splendeur, son dynamisme et sa puissance de régénération – aussi bien en nous-mêmes que dans les remarquables créatures que nous pouvons rencontrer – l’élan suscitant notre espérance et nous appelant à la renforcer, et donnant sens et valeur à notre existence. »

Crosby nous rappelle que nous, les humains, nous sommes partie intégrale de la nature, que la nature concerne chacune des parties de nos vies et que comme tous les vivants nous sommes le produit de l’évolution biologique.

 

.

 

J’écris ceci le jour même où le mariage pour tous vient de recevoir son autorisation officielle. Notre vie sexuelle avec ses différences est le produit de la nature. Refuser à des gens la liberté de vivre ce que leur humanité leur accorde est une offense faite à leur nature et à ses droits.

Cette question et d’autres analogues est traitée dans ce livre et justifie le temps passé à le lire. Crosby rappelle l’œuvre du savant scientifique jésuite Teilhard de Chardin dont les affirmations jugées hérétiques choquèrent l’époque le monde chrétien. Il disait que même s’il perdait la foi au Christ et en un Dieu personnel, « je continuerais à croire invinciblement au monde. Le monde est la première, la dernière chose en laquelle je crois et la seule. C’est par cette foi que je vis. Je suis voué à cette foi indéfinie en un monde unique et infaillible, où que cela puisse me mener. »

Nous vivons dans un monde ambigu dans lequel il y a du bon et du mauvais, du splendide et du chaos, de la vie et de la mort. « C’est à ce monde ambigu que le Dieu de la Bible déclare son amour. Dieu fait incontestablement partie de cette ambiguïté. »

Notre tâche, à nous êtres humains, est de nous allier pour le bien – moralement, spirituellement, écologiquement - avec les forces positives qui sont déjà à l’œuvre dans le monde pour en retirer espérance pour l’avenir.

« Puisez ici votre courage, votre force et le sens de votre vie.
Vous êtes enfants de la Terre
Et il n’y a pas d’autre endroit où aller »

 

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