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Lettre à mon député

 


Michel Leconte

 

 

22 avril 2014

Monsieur le député,

Je viens par la présente, vous rappeler l’urgence qu’il y a à présenter cette année au vote des députés, une loi visant à légaliser l’euthanasie et le suicide assisté, sans négliger, bien sûr, l’accès universel aux soins palliatifs qui doivent être renforcés. Je crains, en effet, que les mouvements de la frange la plus conservatrice de la société française lors de la loi pour « le mariage pour tous » n’aient provoqué un mouvement de recul du gouvernement concernant les réformes dites sociétales... Cependant une loi légalisant une aide active à mourir lorsque la vie est arrivée à son terme et que la maladie et la très grande vieillesse conduisent à la mort est souhaitée par plus de 92% des français. Ceux-ci ne comprendraient certainement pas que vous reculiez sur cette question importante, sous la pression de gens qui sont certes capables de faire beaucoup de bruit mais, qui ne représentent en réalité qu’une infime minorité dans la société française. Ces personnes prétendent imposer à tous ce qui n’est que leur propre position idéologique ou religieuse. Quant aux médecins qui s’opposent à une telle évolution de la loi (toujours les mêmes mandarins que l’on voit dans les média...), ils ne défendent que leur pouvoir et leur illusoire sentiment de toute-puissance, tout en s’abritant hypocritement derrière le serment d’Hippocrate vieux de plus de 2300 ans et qui était étranger à ces questions.

Ma vie et mon corps m’appartiennent depuis ma naissance, et plus encore depuis que je suis reconnu comme citoyen libre, depuis ma majorité. Aucune Église, ni courant idéologique, ni corps médical n’a le droit de m’imposer ses propres choix en la matière. Quant à Dieu, pour ceux qui y croient, je pense qu’il donne vraiment la vie, il ne la prête pas ; nous pouvons donc en disposer librement, il ne s’en réserve pas la maitrise. La position de certaines Églises sur cette question est une position de domination et de pouvoir arbitraire sur leurs fidèles au nom d’une vie réduite, le plus souvent, à un pur processus biologique ne prenant que peu en compte la qualité de cette vie. J’entends bien rester libre jusqu’à mon dernier jour et ne veux pas qu’on m’impose une manière de quitter ce monde qui ne soit pas conforme à ce que je souhaite et ai déjà écrit dans mes directives anticipées. Ce sera, je l’espère, mon ultime liberté. Ce n’est le droit ni des médecins, ni de la famille, ni de mes héritiers de décider à ma place. Une telle loi procurera, de plus, une grande sérénité à ceux qui sont angoissés à la perspective des derniers moments de leur vie ; ils sauront qu’il existe, s’ils en décident ainsi, une possibilité de partir sans souffrir ; cette perspective pourra les apaiser.

Même si les soins palliatifs doivent être promus et développés, nous savons qu’ils ne peuvent pas être la seule réponse aux difficultés douloureuses de la fin de vie. Toutes les douleurs, physiques ou psychologiques, vous le savez, ne peuvent pas être soulagées par les seuls soins palliatifs. Une Loi légalisant l’aide active à mourir pour ceux qui le demandent – ceux qui souhaitent mourir dans la douleur physique et la détresse pourront continuer à le faire ! – est donc absolument nécessaire. Elle mettra fin, en outre, aux dérives que constituent aujourd’hui le fait de « débrancher » des malades afin de libérer des lits. Même le docteur Jean Léonetti a reconnu l’avoir fait ! Cette loi sera une loi profondément humaniste, ce sera d’abord une loi de compassion envers les mourants : j’ai vécu cela pour avoir accompagné ma mère dans ses derniers moments. Cette lettre est lestée par cette expérience forte et intense.

Merci, Monsieur le député, de faire tout ce qui est en votre pouvoir afin de favoriser l’élaboration d’une telle loi, puis son vote au parlement. Ce sera une avancée sociétale majeure pour favoriser le mieux vivre des derniers moments de la vie de nombreux français. Beaucoup l’attendent avec impatience. La France est en retard par rapport aux pays du nord de l’Europe comme la Belgique et les Pays-Bas qui ne connaissent pas de dérives contrairement à ce qu’affirment mensongèrement les opposants fanatiques à une telle loi. Il est temps pour la France de suivre ces pays sur cette voie qui permettra d’humaniser davantage la fin de la vie, permettant ainsi à l’humanité de devenir plus humaine. Il y a urgence parce que trop de personnes meurent en France de manière inhumaine et indigne. Il y a urgence parce que l’opinion française réclame massivement ce changement. Le peuple français comprendrait mal que ses représentants permettent plus longtemps que soit confisqué cet espace de liberté qui engage la responsabilité et protège sa dignité de chacun.

 

 


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