Mariann Budde archevêque de Washington et 153 évêques épiscopaliens américains
janvier 2026
traduction Gilles Castelnau
Nous, évêques de l’Église épiscopale, écrivons aujourd’hui, animés par la douleur, par une juste indignation et dans une espérance inébranlable.
Ce qui s’est passé il y a une semaine au Minnesota, et qui se produit actuellement dans tout le pays, est contraire à notre conception de la justice et de la paix. C’est une crise qui dépasse le cadre d’une ville ou d’un État : elle touche au niveau national. Elle pose une question simple et urgente : comment préserver notre dignité ?
À la suite des décès tragiques de deux citoyens américains, Alex Pretti et Renee Good, nous nous joignons aux habitants du Minnesota et à tous les Américains pour pleurer ces deux vies précieuses fauchées par la violence d’État. Nous partageons la douleur de leurs familles, de leurs amis et de tous ceux qui souffrent de la politique gouvernementale actuelle. Lorsque la politique fait peur, toute la population en souffre.
Nous appelons le peuple américain à écouter sa conscience et à mettre en question les discours qui produisent la peur et non la vérité. En tant que chrétiens épiscopaliens, la boussole de notre morale est fermement ancrée dans l’Évangile de Jésus-Christ.
Voici ce que nous avons appris : des femmes ont été jetées à terre, des enfants arrachés à leurs familles et des citoyens réduits au silence et humiliés pour avoir exercé leurs droits constitutionnels. De tels actes provoquent la peur, instaurent le doute et minent les communautés.
Nous ne prétendons parler au nom de tout le monde et nous ne pensons pas qu’il n’y a qu’une seule façon de réagir. Mais pour notre part, nous suivons l’enseignement de Jésus.
Un appel à l’action
Le moment est venu d’agir. Nous appelons les fidèles à défendre leurs valeurs et à agir selon leur conscience.
Nous demandons la suspension immédiate des opérations de l’ICE et de la police des frontières au Minnesota et partout où leur militarisation leur manière d’appliquer la loi met en danger les habitants et détruit leur confiance.
Nous demandons des enquêtes transparentes et indépendantes sur les personnes tuées, enquêtes fondées sur la recherche de la vérité, et non sur des arguments politiques. La justice ne doit pas se faire attendre et sa proclamation essentielle à la paix des esprits.
Chaque acte de courage compte.
Nous devons être solidaires.
Nous le sommes car nous avons tous
été créés à l’image de Dieu.
Nous appelons les élus de notre nation à se souvenir de ces valeurs et notamment celles de l’État de droit. Celui-ci, inscrit dans la Constitution, nous garantit d’être gouvernés par la Loi selon nos droits individuels et nous protège de la volonté arbitraire des individus.
Un engagement partagé
Chaque acte de courage compte. Nous devons être solidaires. Nous le sommes car nous avons tous été créés à l’image de Dieu. Ceci commence par de petits pas, guidés par la foi.
En tant qu’évêques de l’Église épiscopale, nous promettons de continuer à être présents – à prier, à parler et à soutenir chaque personne qui œuvre pour que nos communautés soient justes, sûres et unies. Nous nous engageons à œuvrer pour les rendre davantage sûres et plus solidaires :
• Pour que les enfants puissent aller à l’école sans crainte.
• Pour que les familles puissent faire leurs courses, travailler et pratiquer leur culte librement.
• Pour que la dignité de tous soit reconnue : celle des immigrés, des familles des militaires, des forces de l’ordre, des infirmières, des enseignants et tous les travailleurs.
Ceux qui se sentent peut-être en ce moment impuissants, en colère ou cœur brisé doivent savoir qu’ils ne sont pas seuls. Chacun de nous possède une force réelle car il partage le pouvoir de notre communauté, son pouvoir financier, son pouvoir politique et celui du savoir.
Nous devons être présents pour nos voisins, nous devons soutenir les petits commerces et les banques alimentaires. Nous contacterons nos élus et nous voterons, nous apprendrons à connaître nos droits et nous pourrons ainsi nous exprimer pacifiquement et sans crainte.
Choisir l’espérance
La question qui se pose à nous est simple et urgente : de qui devons-nous préserver la dignité ?
Notre foi nous apporte une réponse claire : la dignité de tous.
L’ICE et la police des frontières prétendent fonder notre sécurité sur la peur mais c’est une illusion. La véritable sécurité remplace la peur par la compassion, la violence par la justice et le pouvoir absolu par la responsabilité. C’est cette vision que notre foi nous appelle à vivre.
Devant la peur, nous choisissons l’espérance.
Suivent les signatures de 154 évêques
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