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La Saint-Barthélemy n'aura pas lieu

 

 

Joël Schmidt

 

éd. Albin Michel
262 pages, 19 €

 

Recension publiée dans l'hebdomadaire « Réforme »

10 septembre 2011

Que se serait-il pasé si la France était devenu protestante, à la suite du colloque de Poissy, en 1561 ? Avec un un mélange de sérieux et d’imagination, Joël Schmidt, décrit un pays qui aurait échappé à la plupart des guerres.

 

Cette autre France

Est-ce le 450e anniversaire du colloque de Poissy qui vous a donné l'idée de ce roman ?

Je songeais depuis longtemps à cette idée. Mon père écrivain, que j'admirais beaucoup, avait assisté en 1961 au 400anniversaire du colloque de Poissy, qui vit la France basculer définitivement dans le catholicisme. La régente Catherine de Médicis, proche des protestants, voulait alors rapprocher les deux France. Mais un mot malheureux de Théodore de Bèze, qui dit que le Christ n'est pas davantage présent dans l'eucharistie que dans la boue, a fait tout capoter. J'ai imaginé que cette phrase n'était pas entendue par le cardinal de Lorraine et que Catherine de Médicis mettait le holà à toute controverse.

Et donc vous imaginez une France qui se tourne peu à peu vers la Réforme. Pourquoi ?

Parce que je trouve intéressant et instructif de faire comme les Anglo-Saxons, de s‘essayer à une histoire alternative, ou, dit autrement, à une histoire inversée. Jouer un peu au « Et si... ». Et si la Saint-Barthélemy n'avait pas eu lieu, et si Richelieu avait été pasteur...

Partant du colloque de Poissy, vous décrivez une autre histoire de France. Comment avez-vous procédé ?

Je me suis imprégné des faits tels qu'ils se sont déroulés et j'ai imaginé comment les choses auraient pu se passer si, à la suite des Valois, les Bourbons étaient protestants. Parmi mes convictions figurait l'idée qu'il y aurait eu moins de guerres entre des États protestants du Nord, les Pays-Bas, la Prusse...

Quelle est la part de ce que vous avez inventé et de ce qui est vrai ?

Au départ, je pensais mettre des notes à chaque page mais cela aurait rendu la lecture difficile. J'ai donc fait à la fin un tableau de la France réelle, celle qui ne relève pas de mon imagination pour que le lecteur s'y retrouve.

Ainsi, quand vous citez des nobles protestants qui entourent Louis XIII, vous n'inventez rien ?

Non, je n'ai pas créé de nouveaux personnages, des gens de la cour ou des éminences grises. Les protestants étaient déjà suffisamment nombreux et puissants parmi les grands et dans d'autres sphères. Ainsi, au Parlement de Paris, croise-t-on nombre de protestants, qu'il s'agisse de Turin, Le Coq, Villemoreau, Montchrestien. Et les artistes ne manquent pas.

Vous concevez donc une histoire inversée. Ainsi l'édit de Nantes s'applique-t-il aux catholiques...

Oui, mais à la différence près que, dans mon récit, les catholiques demeurent un tiers de la population. Mais ils se voient attribuer des places fortes. Et l'édit de Nantes n'est pas révoqué. Louis XIV et ses successeurs pensent que la tolérance est indestructible. Les protestants cherchent à convaincre, pas à détruire...

Louis XVI est à vos yeux un monarque éclairé, la Révolution française est évitée grâce à lui...

Oui, j'imagine qu'un Louis XVI protestant va faire émerger une monarchie constitutionnelle. Les protestants ont toujours été opposés à toute forme d'absolutisme, au concept d'un roi de droit divin.

Pourtant vous choisissez à trois moments de refaire basculer la France dans un catholicisme d'État...

Oui. Napoléon 1er décide que la France doit redevenir catholique. Plus tard, dans ses Mémoires de Sainte- Hélène, il dit qu'il regrette de ne pas avoir été protestant. Charles X puis Napoléon III reviennent aussi vers le catholicisme.

Vous arrêtez votre récit en 1905. Pourquoi ?

Parce que la séparation de l'Église et de l'État est largement l'œuvre des protestants. Parce que je pensais aussi que, sans la rivalité franco-prussienne, grâce au caractère protestant des deux pays, la guerre de 14-18 n'aurait pas eu lieu. Mais mon éditeur Jean Mouttapa a craint que nous ne choquions les familles des Poilus, les anciens...

Quels personnages vous ont marqué dans cette histoire revisitée ?
Michel de L’Hospital, un révolutionnaire qui prône dès le XVIe siècle la tolérance. Et les Coquerel, ces êtres de charité qui, au XIXe, s'attachent à la défense des ouvriers pauvres.

Visez-vous un public protestant avec cet ouvrage ?
Pas particulièrement. J'ai déjà eu quelques réactions à ce livre et je ne suis pas sûr que les protestants aient envie de s'imaginer en position majoritaire. Ils aiment le confort que leur donne leur posture minoritaire, qui permet la critique. Quant aux historiens et aux universitaires, il leur faudra un peu d'humour pour mon livre... En auront-ils?

 

propos recueillis par Nathalie Leenhardt

 

 

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