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La libération d’Égypte

 

signes de changement

dans le christianisme américain

 

 

Liberation, from Egypt: Portents of Change in American Christianity

 

 

Jim Burklo

pasteur de l’Église Unie du Christ (United Church of Christ)
à l’Université de Californie du Sud

 

 

11 mars 2011

Égypte se dit en hébreu Mitsraïm, ce qui signifie « endroit étroit ». Il est vrai que l’Égypte est, géographiquement, un pays étroit dans la mesure où les Égyptiens vivent tous sur une étroite bande de terre fertile de chaque côté du Nil, le reste du pays étant désertique.
Mais c’est métaphoriquement que les Juifs ont compris ce nom de Mitsraïm. L’exode hors d’Égypte a vraiment été une libération de l’ « étroitesse » de la vie en esclavage. L’entrée en Terre promise était une expérience à la fois matérielle et spirituelle.

Ces derniers temps les Égyptiens qui se trouvaient « à l’étroit » ont convergé au Caire vers la place de Tahrir (Libération) et ont finalement gagné leur libération après trente ans d’« étroitesse » dictatoriale.
C’était un mouvement de gens généralement jeunes, largement non-violents, qui n’avaient plus peur et réclamaient leur liberté.
Ce n’est actuellement pas fini en Égypte mais ce que ces jeunes gens ont déjà accompli est un spectaculaire encouragement pour tous les peuples opprimés du monde.
Ces jeunes Égyptiens ont vécu leur « Exode » lorsque la vague de ressentiment populaire de la mer Rouge a englouti le pharaon Moubarak et son régime autoritaire.

Une autre libération de l’ « étroitesse » a lieu actuellement aux États-Unis. Les médias n’en ont que peu parlé. Le Los Angeles Times s’est pourtant fait l’écho de ce renouveau qui est en train de se produire à Montecito, propriété idyllique de la jet set californienne. Sur une colline dominant l’océan Pacifique, et sous les magnifiques montagnes de Santa Barbara, dans un bois de chênes, se trouve le petit collège évangélique de Westmont.
La « pratique homosexuelle » y est exclue dans une charte que tout étudiant et tout professeur doit signer. Et pourtant le journal du campus vient de publier une lettre commune signée de 31 anciens étudiants de Westmont, gay et lesbiennes, évoquant « les doutes, la solitude et l’angoisse » qui les étreignaient durant leurs études.
Cent anciens étudiants ont ajouté leurs signatures et 50 autres ont publié un texte exprimant leurs regrets d’avoir « sans doute contribué à leur souffrance ».
Il s’agit d’un Exode du « lieu étroit » qu’est l’homophobie dans le monde du christianisme évangélique.

Naguère les gay et lesbiennes quittaient simplement ces Églises et allaient ailleurs, ou y souffraient en silence. J’ai personnellement été, depuis 1980, aumônier d’étudiants et j’ai rencontré beaucoup d’homosexuels qui avaient fait leur « Exode » hors de leurs Églises évangéliques et fondamentalistes où ils ne pouvaient pas trouver leur place. Ils s’étaient inséré dans des Églises progressistes ou avaient tout simplement abandonné le christianisme. Mais les choses changent rapidement.
Désormais les homosexuels, transsexuels et leurs alliés hétéro se soutiennent mutuellement, n’ont plus peur, n’acceptent plus d’être marginalisés dans les Églises conservatrices et trouvent le moyen d’y faire entendre leur voix, y compris face à leurs pasteurs et aux présidents de leurs diverses institutions.

Certes, Westmont n’entend pas modifier sa règle. La plupart des pasteurs évangéliques ne sont pas non plus disposés à renoncer à leur enseignement homophobe. Mais ni le pharaon de la Bible ni Moubarak aujourd’hui n’étaient prêts à s’ouvrir aux revendications de leur peuple. Ceux-ci ont pourtant fini par triompher.

Je pourrais citer plusieurs étudiants évangéliques qui, il y a 10 ans ou même moins, n’auraient pas pu supporter l’enseignement médiéval de leurs pasteurs et auraient certainement abandonné leurs Églises ou leurs groupes bibliques. Aujourd’hui ils prennent conscience qu’ils ne sont pas seuls à réprouver l’étroitesse de leurs pasteurs et au lieu de se détourner d’eux, ils osent les critiquer et soutiennent ouvertement une position plus ouverte.
Gay et lesbiennes se sentent désormais à l’aise dans leurs Églises évangéliques où ils s’organisent en parti d’opposition.
Les hétérosexuels se sentent désormais à l’aise dans leurs Églises évangéliques où ils s’organisent en parti d’ouverture admettant l’homosexualité et même les mariages entre personnes du même sexe.

A Phoenix, Arizona, s’est récemment produit un autre exemple d’Exode hors d’une « étroitesse » des Églises américaines. La rencontre « Big Tent Christianity » mettait en présence des responsables évangéliques d’ « Églises émergentes » et des théologiens progressistes comme Marcus Borg et John Shelby Spong.
Le mouvement des « Églises émergentes » appartient au protestantisme conservateur et en exprime les idées tout en s’efforçant de développer des modes d’expressions susceptibles de convenir aux jeunes. Il n’organise pas de méga-églises, ne collabore pas avec la droite américaine et ne se focalise pas sur les questions d’avortement et d’homosexualité que l’on associe généralement à la spiritualité évangélique. Tout en maintenant une théologie traditionnelle conservatrice, ce mouvement est beaucoup plus fraternel avec les homosexuels et ceux qui sont été marginalisés pour une raison ou pour une autre dans le monde évangélique.
Quant au mouvement des « chrétiens progressistes », il est conduit par des gens à cheveux gris qui demeurent attachés à la liturgie du 18e siècle tout en adoptant une théologie et une conception de l’Écriture panenthéiste, non surnaturelle et non littéraliste. Il semble que la rencontre de Phoenix ait été riche et stimulante.

Dans un livre récent, « American Grace », Robert Putnam et David Campbell écrivent : « les membres d’Église libérales qui font partie de paroisses actives sur le plan politique ne représentent que 2 % de la population américaine ». Les chrétiens progressistes ne sont qu’une toute petite tranche du gâteau religieux américain.
Mais ils révèlent aussi un sondage qui devrait beaucoup choquer les pasteurs et les dirigeants de collèges évangéliques : 54 % des évangéliques croient que « les gens qui n’ont pas la même foi que moi, y compris les non chrétiens pourront aller au paradis ».
Un pluralisme religieux, social et même sexuel a donc infiltré les églises évangéliques et il est difficile d’imaginer que la marée ouvrant cette mer Rouge puisse s’inverser.

Si la voie suivie par les nouveaux évangéliques pluralistes se rapproche de la voie des chrétiens théologiquement et socialement progressistes, une considérable expansion de la foi pourra s’en suivre.

Ce sont les fidèles et non les dirigeants qui ouvrent la voie et particulièrement les jeunes. Un jour prochain il faudra bien que les dirigeants d’Églises les suivent ou alors qu’ils libèrent la route et laissent passer le peuple croyant.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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