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  L'Église malhonnête

 

« The Dishonest Church »

The Rising Star Press, Californie, 2003, pp245, US $16.00

 

Rev. Jack Good

 

Recension par le Rev. Andrew Furlong

 

 

27 avril 2009

Le Rev. Jack Good a été pasteur pendant 40 ans, principalement aux États-Unis. Son livre parle de crainte et de lâcheté, d’honnêteté et de courage, de souffrance et de progrès dans la foi, de respect pour les hommes et aussi du mystère de Dieu. Sa thèse principale est que les prêtres et les pasteurs ont acquis d’importantes connaissances théologiques durant leur formation, mais qu’ils n’en tiennent pas compte dans leur ministère et que l’enseignement qu’ils dispensent est aussi puéril que s’ils n’avaient pas fait d’études.
Il considère que cette situation est désastreuse pour l’Église et manifeste un manque de respect radical pour les paroissiens.
« La réalité fondamentale est que les pasteurs enseignent à leurs paroissiens des choses auxquelles ils sont loin d’adhérer eux-mêmes. Leur spiritualité a traversé des mises en question parfois douloureuses et a connu d’importants renouvellements. Pour des raisons qui leur sont propres, ces pasteurs estiment que leurs paroissiens ne voudraient pas ou ne seraient pas capables de suivre de tels chemins et avec une malhonnêteté qui menace de détruire l’Église, ils produisent un enseignement qui n’a pas grand chose à voir avec ce qu’ils savent et ce qu'ils croient eux-mêmes. » (page 9)

L’auteur discerne quatre craintes :
.1. Les laïcs se refuseraient à élaborer une foi plus adulte.
.2. Les pasteurs craignent de laisser les laïcs penser par eux-mêmes.
.3. En présentant les choses comme elles sont, ils craignent de perdre de leur autorité.
.4. Ils pensent que la Bible elle-même perdrait de son autorité si elle était lue de manière historique et critique.
Il croit que « affronter nos craintes nous force à reconnaître qu’il est tout à fait faux d’essayer désespérément d’éviter le véritable combat de la foi ». (page 122).

Comme la plupart des autres jeunes, il trouva que ses études de théologie étaient déstabilisantes dans la mesure où elles détruisaient sa foi d’enfant. Il se rendit néanmoins rapidement compte qu’elles lui permettaient de grandir intellectuellement dans la foi et spirituellement sur le plan humain.
Il mentionne des gens qui se sont détournés de leur église à l’âge adolescent ou lorsqu’ils sont devenus de jeunes adultes. Ce qu’ils entendaient à l’église ne s’accordait pas avec ce qu’ils apprenaient au collège, notamment en cours de science.

Il cite l’un d’eux qui « se refusait désormais à écouter son pasteur ou ses parents qui lui disaient d’admettre un dogme pour l’unique raison qu’il provenait des autorités d’autrefois, de telle sorte qu’ils se sentait de plus en plus marginalisé ». (page 40).
Et quelques années plus tard, cette même personne a pu s’intégrer à nouveau à une église car le pasteur respectait son désir de penser intellectuellement sa foi : « cette église était un lieu de foi. Les connaissances profanes y étaient considérées comme une aide pour explorer le mystère du monde. C’était la première fois de sa vie qu’il se trouvait dans un environnement où ses questions, ses engagements et son chemin spirituel étaient acceptés » (page 41).

Jack Good décida, lorsqu’il quitta la faculté de théologie, « qu’il s’efforcerait de respecter ses paroissiens et qu’il prêcherait donc honnêtement. Cela provoquerait peut-être au début de l’émotion mais ce serait le prix du progrès. Il se tiendrait à leur côté et les soutiendrait ; il les aiderait à construire une foi crédible. Et finalement son expérience fut que les paroissiens ne sont pas du tout aussi fragile qu’on pouvait le penser. » (page 95).

Il écrit des autres prédicateurs qui ne suivent pas le même chemin : « Ils pensent peut-être ménager leurs paroissiens par gentillesse en leur évitant la peine de repenser leur foi. Mais en les protégeant ainsi, il leur ôte la possibilité de progresser dans la foi » (page 73).
Il oppose le « Jésus » du Nouveau Testament que l’on étudie à la faculté de théologie et le « Jésus » des sermons. Il montre aussi la différence entre une réflexion approfondie du mystère de « Dieu » et la peinture infantilisante que font les sermons d’un « Dieu protecteur ».
« Les gens qui ont une foi adulte se désolent d’entendre présenter Dieu comme un mélange de Superman et de Père Noël. » (page 37).

De nombreux laïcs pourraient être fort mécontents de découvrir dans ce livre à quel point leurs pasteurs les ont été jugés incapables d’une foi adulte.
Il n’est pas étonnant que bien des gens détachés de toute église éprouvent une désagréable impression d’irréalité lorsqu’ils y pénètrent pour une raison ou pour une autre et qu’ils écoutent pour la première fois ce que l’on y dit.
Jack Good pense qu’un peu de courage et d’honnêteté de la part des pasteurs ainsi qu’un effort de pédagogie peut aider les fidèles à progresser spirituellement et transformera nos églises. L’esprit de frilosité peut être reconnu et dépassé.

Une des conséquences naturelles de ces suggestions sera que les fidèles seront amenés à attacher de l’importance à leurs propres réflexions et participeront évidemment à faire évoluer la prédication du message chrétien. Les anciens credo laisseront la place à des formulations davantage adaptées au monde actuel.
Nous devons aimer Dieu de « toute notre pensée ». Notre implication intellectuelle est essentielle si nous voulons que les religions demeurent vivantes et ne se contentent pas de transmettre des pratiques et des interdictions désuètes.
« En se conduisant ainsi, l’Église honnête développera parmi ses membres la conviction que l’Esprit est toujours en elle présent et créatif.  Et c’est ainsi qu’elle demeurera parfaitement enracinée dans la tradition chrétienne tout en progressant en espérance. » (page 210)

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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