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Lettres aux jeunes amants
pour leur donner le goût de l'alliance

 Franck H. Laurent

Ed. Labor et Fides

144 pages – 15 €


14 février 2024


Aucun moralisme dans ce petit livre, qui expliquerait aux jeunes d’aujourd’hui qu’il convient de se marier légalement – et même religieusement - plutôt que de cohabiter librement.

Aucune remarque concernant l’importance de faire des enfants à une époque où ce n’est pas la tendance.

Aucun conseil non plus d’ordre psychologique expliquant que le divorce vient souvent d’un amour fusionnel au départ qui oublie les préoccupations quotidiennes de soutien et de valorisation du - ou de la – partenaire.

Aucune remarque mettant en garde contre les mariages inter-culturels ou inter-religieux insuffisamment réfléchis où l’arrivée des enfants provoque des conflits dramatiques.

Rien de tout cela. Ni d’aucune autre question.

L’auteur entend se concentrer sur ce qu’il considère être l’essentiel dans un couple : l’amour.

Marié lui-même, dit-il, depuis trente ans, enthousiaste de sa vie conjugale, il pianote une musique poétique, tendre et subtile, répétitive et heureuse, destinée à de jeunes amants sur le point, justement de se marier.

C’est tout un monde paisible, doux et plaisant, harmonieux, idéal qu’il déroule devant nous, bien loin des disputes, des cris des enfants et des incompréhensions déplaisantes de la vie réelle.

En voici des passages :

 


                                                                      Printemps


Reconnaisance
Vous l'avez compris, l'amour ne ressort pas d'un savoir, il est de l'ordre d'un avènement : faire advenir, ensemble, réciproquement, deux sujets d'écoute et de parole. Aussi le secret n'est-il point de voir les choses extérieures, de prévoir les événements ; le secret, c'est de veiller.

Veillez ! Pour n'être point des assoupis, des endormis de l'amour : une veille de tous les instants où chaque moment compte pour que cette parole d'avènement l'emporte sur le voir, le savoir, le prévoir. . .

 

[…]

 

Aucune science objective, aucune manifestation tonitruante ne remplacera ce prologue qui n'est pas de vous, mais d'où vous puisez cette reconnaissance qui vous étonne. J'en reviens à ma première lettre : la bonne voie est celle de l'encontre. Trouver et se laisser trouver, dans une mutualité douce et sans tapage qui exclut l'autoprésentation (c'est moi qui y suis !) ou la sélection obscène (c'est lui/c'est elle que je veux !). Et l'on se méfiera du coup de foudre, cette friction de soi avec soi-même. L'amour est annonciation, étincelle. Le coup de foudre détruit, l'étincelle illumine.
Parfois, on trouve l'autre dans les douleurs d'un enfantement, parfois dans les délices d'une ronde enfantine où l'élu(e), soudainement, apparaît en plein mille.



Accompagner

Vous en êtes-vous aperçus ? Que, chacun, vous renonciez progressivement à vos mœurs (personnelles) pour inventer vos rites (communs), ces rites qui vous articulent l'un à l'autre, pour un art nouveau.

Voyez-vous maintenant ce qui s'est déchiré en vous et vous livre l'un à l'autre, ce qui par l'autre, à travers lui, est advenu en vous ? . . . Cet Esprit, si bien symbolisé dans les traditions amoureuse et mystique par l'image d'une colombe voletante...



                                                                      Été


Toujours le désir
 

Alors désirez-le au ciel du désir. Il n'est point de plus grand désir que le désir du désir de l'autre, à tant que ce désir ne se limite pas au désir qu'il me désire. Par-là, vous encontrerez Dieu car le désir de l'autre viendra contrer votre égoïsme et dilater votre cœur aux dimensions du ciel. Qui ne l'a point éprouvé au plus intime, ce desiderium, cette absence de ciel, ce désir immense qui, au fond, est désir de Dieu ? Quel péché, quel dévoiement, quelle inconséquence de lui jeter des objets en pâture, et jusqu'à réduire l'autre en chose !

Le désir est sans objet. Et sans don.

 

 
Prière

 

Sentez-vous maintenant la nécessité de la prière ?

Prier l'autre, c'est se vider de la prétention de pouvoir faire quelque chose. C'est creuser un espace de foi en l'autre.

Prier l'autre, c'est croire en lui. S'en approcher. Sans gêne. Tout près.
Prier l'autre, c'est le désirer.

T'aimer, non seulement au gré de mon désir, mais, s'il le faut, envers et contre mon désir, s'il venait à girouetter.
Comment cela se fera-t-il ?

Non plus desiderare (cesser de contempler l'étoile) mais considerare (viser et contempler l'étoile).


Le désir est inauguration !


Conjugaison

LE MARIAGE EST LE MEILLEUR ANTIDOTE CONTRE LA PASSION, CE POISON DÉLICIEUX. Dans la passion, on ne sait où commence l'autre ni où il finit. Elle se répand et se délite dans l'informe. Le mariage, au contraire, produit une syntaxe, une conjugaison. Le premier travail de votre couple sera d'apprendre à vous lire mutuellement pour mieux vous conjuguer.

Pour moi, après trente ans de mariage, tout ce que je puis en dire, c'est qu'au début je ne savais pas dire qui elle était. Et elle non plus qui j'étais. Il a fallu qu'un autre le dise : ce nous, que nous voulions édifier.

 

     Automne

Consentement
Il est impossible de tout engager au jour du consentement. La fidélité est le seul critère. Se marier, c’est reconnaître l’autre comme personne, c'est passer de la séduction qui captive à l'aveu qui s'aventure, du beau parlage trompeur à la promesse qui ne se reprend pas. C'est une œuvre à la fois gracieuse et volontaire car ce qui ne se reprend pas, ce n'est pas une simple parole, mais ce que signifie cette parole, la donation de sa propre vie, le « je » livré en plénitude.


 
  Hiver


On ne quitte pas son père, sa mère, sa maison pour rien ; on le fait pour recevoir au centuple. C'est le paradoxe de l'offrande : tout donner pour recevoir autre chose que la restitution du don, quelque chose qui ne ressort pas de l'ordre de l'attendu ou du mesurable. Une chose cachée, non recherchée, à laquelle on ne s'attendait pas.

Le mariage, ou la vie au centuple !

Cela suppose un état de détachement et même de vide, un état qui va jusqu'à perdre toute compétence, toute prétention non seulement à pouvoir faire, mais encore à pouvoir être. Seul ce détachement rend possible ce que l’on va recevoir. L’étrange, c’est que l’on ne s’en apercevra peut-être pas.

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