Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libre opinion

Comment annoncer l’Évangile aujourd’hui ?


Quels pasteurs pour quelle Église ?

 

Anne Faisandier
Pierre-Jean Ruff

pasteurs de l'Église protestante unie

 

éd. Olivétan

126 pages – 13 €

 

 

12 janvier 2020

Le pasteur Christian Bonnet, directeur des éditions Olivétan propose à deux pasteurs de s’exprimer sur les questions fondamentales qui se posent, de nos jours, à eux et à leurs collègues.

Quatre chapitres sont ainsi composés chacun de plusieurs questions : Notre monde et le projet de Dieu, Le christianisme de Jésus, Les pasteurs d’hier et d’aujourd’hui, De quoi témoigner et comment témoigner dans le monde d’aujourd’hui.

Ils permettent ainsi un dialogue croisé, jamais contradictoire, toujours fraternel qui invite le lecteur à réfléchir lui-même à la manière dont il pense l’Évangile pour lui-même aujourd’hui.

En voici quelques exemples :

.



Notre monde et le projet de Dieu

Question : Vous semblez dire que la compréhension du projet de Dieu, pour l'humanité peut difficilement s'énoncer indépendamment de notre compréhension de l'univers (la cosmologie) et notre compréhension de l'humain (l'anthropologie). Comment la révélation biblique s'articule-t-elle avec la compréhension que nous portons en nous et qui évolue en fonction des avancées de la science ?

Pierre-Jean Ruff

[...] Il importe d'ajouter la perspective suggérée par Rudolf Bultmann au travers de ce qu'il appelle la « démythologisation ». L'apport des découvertes scientifiques modifie pour une part nos connaissances du monde, donc notre regard sur lui. Aujourd'hui, nous ne croyons plus en une Terre plate avec d'autres couche planes au-dessus et au- dessous, le ciel et les enfers, un peu comme un mille-feuilles. Notre connaissance de l'univers modifie notre représentation de la création. De même, nous ne croyons plus aux esprits comme ce fut le cas pendant longtemps. Ainsi, l'enrichissement de nos connaissances sur l'environnement a son incidence sur notre compréhension des choses fondamentales.

Anne Faisandier
[...]
Quand mon collègue pose que « nous ne croyons plus aux esprits comme ce fut le cas pendant longtemps » j'ai envie de lui demander d'expliquer ce dont il parle, et de qui il parle quand il dit « nous ». Ma lecture de la Bible, justement, me fait chaque jour m'éloigner un peu plus d'une conception « rationaliste » du monde, et ma pratique pastorale rencontre des personnes pour qui ces réalités font tout à fait partie de leurs clés de lecture du monde et de la vie. Les textes de la Bible tels qu'ils sont rejoignent encore aujourd'hui beaucoup de personnes soulagées qu'il y ait des mots, des figures, qui donnent un contour pour désigner ce qui leur échappe dans leur existence. Quand Jésus-Christ fait taire et chasse ce que la Bible appelle un esprit impur de celui qu'il habite, il m'importe peu de savoir à quoi exactement il est fait référence et si on peut ou non expliquer scientifiquement le changement qui s'opère ; ce que je reçois, c'est le témoignage d'un combat contre quelque chose ou quelqu'un qui tenait un individu en servitude et l'en libère. Et ce combat-là reste d'actualité, tout comme la victoire qu'il promet reste une bonne nouvelle.

 


Question : Peut-on encore parler de Dieu aujourd’hui dans nos pays d’Europe occidentale ? Qu’est-ce que les gens imaginent quand nous prononçons le mot « Dieu » ? Est-il possible de s’exprimer sur ces notions sans être incompris ?

Anne Faisandier

[...] En tant que pasteur, c'est rarement moi qui prononce ce mot en premier, mais plutôt mes interlocuteurs et très souvent je commence par leur demander de préciser leur propos, ce qui m'amène en général à leur expliquer que je me sens vraiment « athée » du Dieu de beaucoup de mes contemporains...
[...]
Mais ce que j'entends d'abord chez nos contemporains, c'est leur soif de vivre, leur besoin de trouver du sens à leur existence et d'être aimés ; et de tout cela les récits bibliques parlent aussi, si nous nous donnons la peine d'en faire la traduction. [...] Je raconte beaucoup d'histoires de la Bible, que je mets en lien avec ce que les personnes m'ont apporté de leur propre histoire ; je lis la Bible avec eux, au sens de les laisser eux-mêmes être lus par le texte et, très souvent, Dieu s’invite naturellement dans le dialogue.

Pierre-Jean Ruff

[...] Le mot Dieu est indicatif, puisqu'il concerne une réalité bien difficile à cerner ! C'est pourquoi, il ne me gêne pas d'utiliser plusieurs synonymes à son sujet. La Pureté ou l'Amour avec des majuscules en sont. Mieux encore, j'aime dire la Transcendance car avec ce concept je suis en corrélation étroite avec des non-croyants. Par-dessus tout, j'affectionne le Sens de la Vie. Ce vocable évoque plus ce que Dieu est pour nous que ce qu'il est de façon intrinsèque. Aussi permet-il aux croyants et aux non-croyants de partager une recherche et une assurance communes.

Enfin, la meilleure définition que je puisse donner des Églises, c'est de dire qu'elles sont des auxiliaires de vie. L'auxiliaire de vie est indispensable pour tous ceux qui patinent dans l'existence, physiquement, moralement et spirituellement.
[...]

 

Le christianisme de Jésus

 

Question : Pour vous quelle est la pointe de l’interpellation que Jésus a voulu porter dans le monde ?

Anne Faisandier

Le Christ annonce une liberté possible de l'humain et met en œuvre une libération, comme le faisait déjà le Dieu de Moïse dans le livre de l'Exode. Il s'agit s d'une réelle puissance agissante capable de transformer radicalement nos existences si souvent étriquées ; mais cela ne se « comprend » pas, on ne peut qu'en faire l'expérience dans la foi, appartenir à ce « Royaume » régi par d'autres lois que des lois humaines où l'amour et la gratuité sont la norme. Et ce qui est difficile, ce n'est pas de l'entendre en surface, mais de laisser cette Parole pénétrer vraiment nos vies pour y porter du fruit, pour que nos vies soient vraiment le lieu où jaillissent la joie, la paix et l'espérance. Ce lâcher-prise nous est difficile, parce qu'en général la place est déjà prise par tant d'autres choses broussailleuses que la toute modeste graine de l'Évangile peine à trouver l'espace suffisant pour s'enraciner...


Pierre-Jean Ruff

Je pense que, consciemment, Jésus n'a pas voulu laisser de directives pour un temps seulement. En priorité, il est inspirateur de spiritualité. Cela induit qu'il n'y a pas un code unique de croyances religieuses ou morales valable pour tous les hommes. Il n'y a pas non plus une manière unique de rendre un culte au Dieu de l'univers. Il faut reconnaître une liberté de croyances et d'ordonnances des choses de la vie et des cultes, dans la conscience que chaque peuple et chaque époque ont légitimement le droit et le devoir de transcrire l'inspiration qui vient d'en-Haut dans des modalités adaptées et circonstanciées. Cela induit le pluralisme, soit pour le voisin le droit d'avoir des normes d'existence différentes des miennes.

 


De quoi témoigner et comment témoigner dans le monde d’aujourd’hui ?


Question : Le langage traditionnel des Églises paraît de plus en plus incompréhensible pour des personnes qui n'ont souvent aucune culture religieuse. Comment délivrer un message audible ?

Anne Faisandier

Quand j’étais pasteur à Lyon, nous avons une après-midi fait un essai en nous promenant dans la ville et en abordant les personnes autour de trois questions : avez-vous un peu de temps pour discuter ? Qu'est-ce qui donne du goût à votre vie, est important pour vous ? Si je vous dis que je suis chrétien, est-ce que cela vous donne envie de me dire quelque chose ? Le bilan montrait que nous avions beaucoup de mal à aller vers les gens, mais qu'une fois cette résistance vaincue de notre côté, les rencontres avaient été passionnantes. Nous avons appris beaucoup de choses et cela nous avait fait bien travailler au retour ! Je crois qu'il nous faut perdre l'habitude de vouloir attirer les gens sur notre terrain (l'Église, la culture protestante, etc.) pour plus aller vers eux et oser « faire les présentations » avec le Christ.

Pierre-Jean Ruff

Que les Églises aient à usage interne un langage d'inspiration biblique et ecclésiastique ne fait pas problème. Il est même normal que parlant de la grâce, des sacrements ou d'autres expressions du vécu de ces Églises, ces dernières aient une terminologie adaptée aux croyances propres et au vécu particulier de chacune d'elles. En revanche, en dehors du sérail, au niveau des concepts et des termes utilisés, il importe que ces Églises adoptent un autre langage.



Retour vers Pierre-Jean Ruff
Retour vers la page d'accueil
Retour vers "libres opinions"
Vos commentaires et réactions

 

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.