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Philippe Aubert, Roland Kaufmann

pasteurs à Mulhouse



éd. Olivétan
136 pages – 15 €

 

recension Gilles Castelnau


16 septembre 2019

Ces deux pasteurs sont des pédagogues hors-pair. Leur livre paraîtra un peu scolaire à certains. Mais sera au contraire reçu comme un encouragement à lire et à comprendre par tous ceux - non-protestants curieux ou protestants traditionnels – qui seront séduits par son intelligence et sa clarté.

La pensée protestante est présentée sous trois de ses aspects :

 

14 théologiens protestants d’hier à aujourd’hui

Luther et Calvin, Schleiermacher, Emerson, Kierkegaard, Albert Schweitzer, Bultmann, Tillich, Karl Barth, Bonhoeffer, Ellul, Ricœur, Vahanian et Gounelle.
Chacun d’eux est présenté en deux pages et demi (écrites en très petits caractères il est vrai) très claires et intéressantes. On pénètre dans la pensée du théologien, on en comprend le sens et... on a envie d’aller plus loin.

Voici des extraits du chapitre consacré à Paul Tillich

Théologie de la corrélation
La méthode dite de la corrélation consiste à faire correspondre le contenu de la Révélation biblique avec la situation existentielle partagée par les êtres humains.
Ainsi, Tillich tente de faire résonner les vérités de la foi chrétienne dans des catégories telles que l'essence, l'existence, la finitude ou encore l'angoisse.
[...]
Tillich traduit la chute comme le passage de l'essence à l'existence. Entre la potentialité de l'homme symbolisée par Adam et Ève et la réalité humaine, il existe une rupture. Ce que la tradition appelle le ‘péché’.
Tillich en parle comme d'une distance par rapport à Dieu et donc par rapport à notre Être originel.
Cette distance est la source de l'angoisse qui n'est pas un état passager, mais une caractéristique de l'homme qui se sent toujours menacé par la possibilité de ne pas être.

L'existence humaine est ressentie comme non réalisée, entravée, aliénée. La figure du Christ, n'est rien d'autre dans la culture, que le surgissement d'un être nouveau et avec lui d'une nouvelle réalité qui est celle de la grâce.
Vivre de la grâce, c'est annuler la distance entre Dieu et nous. Cette audacieuse traduction du langage religieux dans les catégories de l'existence n'est possible qu'à la condition de comprendre la religion comme ce qui nous concerne de manière ultime.

Une théologie de la culture : Guernica
Dans un de ses plus beaux livres, La Théologie de la Culture, Tillich examine les relations qui existent entre la culture séculière et le christianisme. Même dans un monde sans Dieu comme le nôtre, les préoccupations religieuses n'ont pas disparu, elles s'expriment seulement sous d'autres formes.
[...]
Tillich invite au dialogue : pour lui, la théologie est une science aux frontières ; elle ne se suffit pas à elle-même en donnant des réponses éternelles, au contraire, elle interroge autant le l religieux que le séculier.

 

Les grandes dates de l’histoire du protestantisme


Depuis le 3 octobre 1517, Martin Luther et ses 95 thèses jusqu’au 9 décembre 1905, Loi de séparation de l’Église et de l’État, en passant par le 17 octobre 1685, Révocation de l’édit de Nantes, ce sont 17 événements dont l’existence est rappelée et le sens manifesté.

Voici un passage qui mérite notamment d’être connu.

Le colloque de Poissy. 9 septembre 1561

Théodore de Bèze
Depuis Genève, Calvin a confié à Théodore de Bèze (1519-16OS) le rôle de champion des réformés.

Devant le roi et les prélats, le théologien assure ne pas vouloir attaquer la véritable Église, il invite l'assemblée à chercher la vérité. Même pavé de ces bonnes intentions, son discours met en évidence deux points de discorde qui ne sont pas secondaires : la conception de l'autorité de l'Église et la compréhension de la sainte cène.

Sa réfutation de la présence réelle dans le pain et le vin est ressentie par les catholiques comme un blasphème et une provocation. Autour du discours de Théodore de Bèze et de la réaction indignée du cardinal de Tournon, se jouent deux conceptions du religieux inconciliables dans les mentalités de l'époque. C'est sur ces deux articles que le 16 septembre, le cardinal de Lorraine prononce sa réponse. Il affirme l'infaillibilité de l'Église et insiste sur la présence réelle dans l'eucharistie. À cette fin de non-recevoir, le cardinal de Tournon ajoute que si les réformés voulaient bien souscrire à ce qui venait d'être exposé par le cardinal de Lorraine, on pourrait plus facilement poursuivre la discussion. Autant dire que tout dialogue devenait impossible.
[...]


L’éthique protestante


Protestantisme et anarchie, avortement, démocratie, divorce, droits de l’homme, féminisme, humanisme, instruction publique, laïcité, liberté de conscience, mariage pour tous, peine de mort, progrès scientifique, richesse, subsidiarité, transhumanisme.
On a peine à choisir car tous ces chapitres sont clairs et passionnants.

Voici un passage de l’un d’eux.

Protestantisme et richesse

Calvin et la frugalité protestante

Depuis le livre de Max Weber (18641920), L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme, publié en 19O5, on s'accorde à reconnaître le rôle joué par le calvinisme dans la naissance du capitalisme et son développement. Tout comme Luther, Calvin ne valorise pas ce que le Moyen Âge appelait la vita contemplative, en opposition à la vita activa qui se résumait aux activités profanes de l'existence humaine. Pour les Réformateurs, tous les chrétiens sont appelés de la même manière par Dieu, ils reçoivent tous la même vocation, et la vie active, voire professionnelle, devient le lieu d'expression du sacerdoce universel.

Dans sa lumineuse réflexion sur l'usage des biens terrestres, Calvin va opérer un glissement de la plus grande importance, tout en restant fidèle à l'idée déjà énoncée par Aristote en son temps. Certes, il rappelle la nécessité de l'ascèse, mais il en déplace le sens. Elle n'est plus liée à l'avoir, comme dans la théologie scolastique, ou plus exactement dans l'idéal de pauvreté que véhicule le christianisme du Moyen Âge, mais à l'action. Calvin nous interpelle non sur le montant de notre richesse. mais sur l'usage que nous en faisons. C'est dans ce cadre que contrairement à Luther et à l'Église catholique, il admet le prêt à intérêt.

Celui-ci a été proscrit par les conciles de Latran II (1139), Latran III (1179) et Latran V (1515). Il sera encore interdit par l'Église jusqu'en 1830. L’attitude de Calvin est dictée par l'évolution rapide de la société du milieu de XVIe siècle. Il s'agit de sortir d'un système de troc, pour assurer le développement des nouvelles formes d'échanges qui certes, enrichiront encore plus les riches, mais tout en améliorant la condition des pauvres. L'insistance sur le bon usage des biens et la frugalité qui l'accompagne, ne doit pas faire oublier que pour Calvin, les richesses matérielles ne servent pas seulement à satisfaire nos besoins vitaux, elles servent aussi « à notre plaisir et récréation. » Cette liberté face à l'argent qui n'est que ce qu'on en fait, est caractéristique de l'éthique protestante, elle est encore renforcée par la conviction que la probité morale ne nuit pas aux affaires, bien au contraire.

 


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