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Quand l’Évangile se raconte

 

 

Bruno Gaudelet

 

Ed. Olivétan
128 pages – 14 €

 

 

29 mai 2019

Les 6 conférences de carême traditionnelles de l’Église protestante Unie ont été faites cette année par le pasteur Bruno Gaudelet. Il pratique la méthode de la « narratologie » qui consiste, comme son nom l’indique à narrer les récits bibliques.

Il ne s’agit pas d’une lecture fondamentaliste qui présenterait ces histoires comme des vérités historiques. L’auteur connaît parfaitement et pratique avec compétence la science historique et critique qui s’efforce de replacer les textes et leur message dans le milieu social, politique et religieux de l’époque qui les a produits.

Mais justement, Bruno Gaudelet comme les autres biblistes narratologues, n’en propose pas une lecture littérale – qui serait le plus souvent non crédible pour nos esprits modernes. Il ne cherche pas à faire de l’exotisme et à imaginer un réalisme d’une époque d’ailleurs impossible à atteindre.

Il narre les histoires comme elles se présentent dans la Bible : rédigées dans la langue grecque de l’Empire romain et non dans l’araméen des personnages en question, avec les réactions et les remarques révélant la spiritualité qui étaient celle des croyants des décennies 80 à 90 de notre ère, c’est-à-dire un demi-siècle après les événements rapportés.

Les 6 personnages que Bruno Gaudelet a choisis - Pierre, Marie-Madeleine, Thomas, Nicodème, Paul et Jésus lui-même - prononcent le plus souvent les mots mêmes des textes évangéliques, y ajoutent – ou est-ce l’auteur qui les leur attribue ? – des commentaires tirés d’autres passages du Nouveau Testament qui semblent, en effet, parfaitement plausibles.

L’ensemble est, sous la forme plaisante d’un récit, une véritable instruction religieuse que l’on n’a aucune peine à suivre et qui nous réjouit tout en nous réconfortant.

Voici quelques passages de ce livre qui en précisent la méthode et en proposent des exemples.

 



Introduction

Le souci de véracité ou d'authenticité n a pas été celui des évangélistes eux-mêmes. Leurs récits (rédigé 40 ans après la Passion pour Marc, 50-55 ans pour Luc et Matthieu et 70 ans pour Jean) font parler Jésus et ses disciples en grec et multiplient eux-mêmes les références propres à leurs temps et à leurs communautés postpascales. Non seulement L’exactitude historique des modernes n'est pas leur préoccupation, mais le genre littéraire narratif qu'ils mettent en œuvre est assez libre avec les faits auxquels ils mêlent des commentaires, des références théologiques, des métaphores et des leçons catéchétiques. Le projet de ce présent ouvrage ne se borne pas à faire parler les personnages comme ils auraient pu le faire stricto sensu à cette époque et dans cette culture, mais à essayer de penser l'Évangile avec les récits bibliques et dans le recul et les éclairages qui sont les nôtres.

La Bible nous parle par des récits, des narrations, des héros, des figures légendaires ou des personnages réels mais romancés (Jésus, Paul, Pierre). Le but de la prédication et de la théologie narrative n'est pas de restituer l'histoire à la façon des historiens, mais de nous aider à penser avec et par-delà les récits bibliques, en intégrant dans notre univers et notre horizon de pensée, la foi au Dieu qui dans le réel n'est pas un personnage, mais notre Père qui nous appelle à nous ouvrir à lui.

 

 


Marie-Madeleine

La bonne nouvelle qui relève

C 'est sur la place d'un village de Galilée que j'ai aperçu Jésus pour la première fois. Oh, ce n'étaient pas les plus belles années de ma vie. Au contraire, je vivais un véritable enfer et je suppliais Dieu chaque nuit pour qu’il m’ôte la vie. Seigneur quelle horreur, ces années-là ! Que de larmes versées, que de cauchemars... je croyais perdre l'esprit. J'étais la risée des autres femmes. La honte aussi de ma parenté, qui n'aurait pas hésité pour le coup à me jeter la première pierre. Et puis j'ai rencontré Jésus et cette rencontre a transformé ma vie. Il m’a relevée de ma déchéance et délivrée des démons qui me tarabustaient. Il a soigné mon âme. Grâce à Jésus, même les gens de mon village de Magdala ont fini par me faire bon accueil. M'avez-vous reconnue ? Je suis Marie, Marie du village de Magdala


Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés !

C'était un jour où j'effectuais quelques achats en hâte sur le marché, bien dissimulée derrière mes voiles. Je vis qu'un groupe de badauds s'assemblait autour d'un discoureur. C'était un rabbi et son accent laissait entendre qu'il était bien du pays. Les gens accouraient de partout et se massaient autour de lui. Il parlait d'une voix claire avec une autorité naturelle qui forçait le respect.

- « C'est Jésus de Nazareth ! » me dit tout à coup une veille femme à côté de moi. « Il défraye la chronique avec ses prêches étonnants et les signes encore plus étonnants qu'il accomplit. »

- « Des signes ? », murmurais-je intriguée.

- « Mais oui, d'où sors-tu toi ? Tout le monde ne parle que de ce rabbi qui parcourt le pays pour annoncer la venue du Royaume de Dieu. Les chefs sont perplexes et assez dérangés, car il parle avec autorité et son message remet beaucoup de choses en cause. Il prêche contre le formalisme et le ritualisme du temple et de la religion et il appelle les gens à la foi du cœur, à la conversion. On dit même qu'il guérit les malades et les gens tourmentés de démons. [...]

 

Chez Simon

Alors j'ai pris mon élan et, avec une détermination farouche, je me suis précipitée dans la maison du pharisien. Profitant de l'effet de surprise, je suis parvenue à me faufiler entre les serviteurs qui me barraient le chemin. Haletante, j'entrai dans la pièce où tous les convives se tenaient et, là, je me jetai aux pieds de Jésus en pleurant. C'était presque presque irréel !

Une femme comme moi... et qui pleurait comme une fontaine ! Je ne pouvais, en effet, me contenir. Mes larmes disaient toute la souffrance de mon âme. En les voyant couler sur les pieds du rabbi, j'ai commencé à les essuyer avec mes longs cheveux. Et puis j'ai pris le petit flacon de parfum que j'avais apporté avec moi et je l'ai répandu sur ses pieds tout en les essuyant avec mes cheveux et en les embrassant dans mon sanglot.

L’instant était solennel, mais la réprobation se lisait sur tous les visages. Jésus avait cependant levé sa main, comme pour imposer le silence à l'assemblée qui demeurait pétrifiée, aussi nul serviteur n'osa me déloger. Le Maître me regardait avec bonté et il laissait patiemment couler mes petites gouttes de malheur et de douleur. Il rompit tout à coup le silence en s'adressant à Simon le pharisien, qui ne comprenait visiblement pas ce qui était en train de se passer [...]

Se tournant vers moi, Jésus me dit alors, devant tous, « Tes péchés sont pardonnés. » Ceux qui étaient à table avec lui se demandaient les uns aux autres : « Qui est celui-ci, qui pardonne même les péchés ? » Mais Jésus ajouta : « Ta foi t'a sauvée, va en paix... »

À l'écoute de cette parole, il me sembla que ma peau se fendait du haut de mon crâne et qu’elle tombait par terre avec toutes mes fautes, toute ma peine et tout mon désespoir. Un cœur nouveau me fut donné et c'est une femme nouvelle qui sortit de la maison de Simon.

 

 

 

Jésus

Avec les notables

Le jour où je déjeunai chez Simon le pharisien, j'ai senti tout particulièrement l'animosité des chefs à mon sujet. Parce que j'annonçais la bonne nouvelle de ta bienveillance à cette jeune femme qui venait de se retrouver et que je lui déclarais : « Ta foi t'a sauvée, va en paix », j'étais devenu tout à coup leur ennemi. Au lieu de se réjouir qu'une brebis soit retrouvée et arrachée à l'abîme, ils se sentaient repris dans leur façon binaire de voir le monde et dans leur sécurité religieuse. S'il n’y avait plus d'un côté les bons et de l'autre les mauvais, les réprouvés, ils perdaient leurs repères. Pour eux les choses étaient simples et immuables : soit on était en règle avec Dieu en accomplissant les commandements de la Loi de Moise, soit on était un pécheur honni de Dieu, un point c'est tout. Que quelqu'un vienne leur dire que les « justes » du point de vue des règles, n’étaient pas forcément « justes » du point de vue de Dieu, ou que les « pécheurs » aux yeux de la Loi de Moïse n'étaient pas nécessairement abandonnés de toi, voilà qui les troublait et blessait leurs sentiments religieux.[...]


C'est l'heure, Père me voici

Ô mon Père, j'entends une foule qui s'approchee. L’heure est venue. Fortifie-moi, de sorte que je ne succombe pas à la peur. Gloire à toi Seigneur ! Car tu m'as répondu. Mes genoux sont solides, ma paix est profonde, mon cœur ne faiblira pas. Il est temps que je réveille mes amis : « Allez, amis, l'heure est proche. Le Fils de l'homme va être livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, celui qui me livre s'approche. Mais prenez courage, car moi j'ai vaincu le monde.



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