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L’Évangile en relief

        Marc (année B)


Édition Olivétan

264 pages - 18 €


 

Michel Barlow

 

recension Gilles Catelnau



9 janvier 2018

Après l’évangile en relief de Matthieu et celui de Luc, Michel Barlow nous présente celui de Marc.
Il suit l’évangile « du jour » lu à la messe dans l’Église catholique (et parfois aussi par certains pasteurs protestants) et il en fait un excellent petit commentaire historique et critique.

Bien sûr on quitte souvent la pensée du Second Évangile car il faut bien faire appel à Matthieu, Luc et Jean pour suivre « l’année liturgique ». Elle commence en effet avec l’Avent et Noël mais Marc ignore complètement ces récits qu’il faut aller chercher dans Luc et dans Jean. C’est évidemment regrettable dans la mesure où on se détourne ainsi du prologue que Marc avait préparé dans lequel Jésus surgit directement du désert « où il était avec les bêtes sauvages », et où « les anges le servaient » ce qui donne une idée bien différente de la crèche ou des mages !

Il en est de même pour les « temps » du Carême et de Pâques où la liste du jour s’évade dans Luc et surtout dans Jean.

Finalement on ne commence véritablement la lecture de Marc qu’au Troisième dimanche du temps de l’Église.

Mais, au fond, peu importe. Barlow précise le sens de mots, des expression, mentionne les passages de l’Ancien Testament que les évangélistes évoquent et, en fait, nous propose la lecture intelligente que tout fidèle catholique ou protestant se doit de pratiquer.

Voici, par exemple, le commentaire de la Veillée pascale du Temps de Pâques :

 

 

ELLES NE DIRENT RIEN À PERSONNE CAR ELLES AVAIENT PEUR

(Marc 16.1-8)

 

Dans l'Église catholique, la « liturgie de la parole » au cours de la Veillée pascale propose plusieurs récits de la Résurrection. Mais cet ensemble peut également nourrir la prière individuelle et communautaire dans les Églises de la Réforme. Nous commenterons évidemment le texte de Marc, puisque c'est cet évangile qui est à l'honneur tout au long de l'année liturgique. Le passage référencé ci-dessus est d'autant plus intéressant, du reste, que pour nombre d'exégètes, il constituait le final de cet évangile. Les récits d'apparitions qui suivent, dans la version de Marc que nous connaissons aujourd'hui, ne sont pas présents dans plusieurs manuscrits anciens. Ils auraient été ajoutés tardivement pour atténuer l'aspect abrupt de cette chute : il serait tout de même paradoxal que « La Bonne Nouvelle de Jésus-Christ Fils de Dieu » (Mc 1.1) s’achève par : « Elles avaient peur. » (Mc 16.8) !

En fait, telle quelle, la réaction des femmes est riche de signification théologique et spirituelle : tous les personnages bibliques éprouvent de la peur (v. 5 et 8) devant les manifestations de la divinité, et la nouvelle de la résurrection de Jésus peut être considérée comme telle. Quant au silence des femmes (v. 8), il est éloquent. Il semble comme la réponse à la question de l'ange : « Pourquoi chercher parmi les morts celui qui est vivant ? » (Lc 24.5).

La scène se déroule au petit jour, au lever du soleil (v. 2) : les femmes ont respecté le repos du sabbat (v.1) et dès le lendemain (autrement dit, le dimanche matin, selon le calendrier chrétien !), elles se rendent au tombeau pour aller préparer ( 1 ) le corps de Jésus selon les rites funéraires juifs (v.1). ( 2 )

On notera que ces trois femmes ( 3 ) étaient présentes à proximité de la croix pendant le supplice de Jésus.

On peut s'étonner de l'insistance du récit sur la pierre qui fermait l'entrée du tombeau (v. 3-4 et 15.46) : peut-être la taille du rocher (v.4) souligne-t-elle ce que l'ouverture du tombeau a de surprenant.

À la différence de Matthieu (Mt 28.2-5) ( 4 ) qui présente la résurrection de Jésus de manière spectaculaire, chez Marc et chez Luc (Lc 24.4 ( 5 ) ; Mc I6.5 ( 6 ), le messager de la bonne nouvelle de la Résurrection n'est pas qualifié explicitement d'ange. Mais son vêtement blanc (v.5) rappelle celui de Jésus lors de la Transfiguration (Mc 9.3 ( 7 ), ce qui suffit à suggérer que c'est un envoyé du ciel. Et, on peut avoir confirmation de sa nature céleste par la frayeur « sacrée » des femmes. Dans le message du jeune homme, il faudrait traduire littéralement, non pas « Jésus est ressuscité », mais : « il a été ressuscité ». C'est la fameuse forme passive qui, souvent dans la Bible, désigne l'action de Dieu : Jésus a été ressuscité par le Père. Il est bel et bien son envoyé. Hormis cette révélation, le jeune homme confie une mission aux femmes - dont elles ne s'acquittent pas, par peur : transmettre un message « aux disciples et à Pierre » (v.7). Cette formulation souligne la prééminence de ce dernier. Selon la tradition, Marc aurait été un de ses disciples. Dans la Première Épître de Pierre (5.13), celui-ci l'appelle « son fils ». L’annonce du jeune homme fait écho à celle que Jésus avait faite lui-même immédiatement avant l'annonce du reniement de Pierre : il précéderait les disciples en Galilée (Mc 14.26-31 ( 8 ).

On note l'association des mots « crucifié » et « ressuscité » (v.6) dans le message du jeune homme : c'est une façon de souligner qu'il s'agit bien de la même personne, et chacun des évangiles reprend ce thème à sa façon. C'est sur cette assurance de la résurrection que les chrétiens peuvent construire leur foi.

 

______________________________

Notes

1. En rigueur de termes, on ne peut pas parler d' « embaumer » le corps de Jésus, comme le font un grand nombre de traductions : embaumer (par exemple chez les Égyptiens consistait à ouvrir le corps et à le remplir de substances dessicatives et antiseptiques pour en assurer la conservation. Les juifs avaient la plus grande méfiance à l'égard de ce culte des morts qui semblait rendre ceux-ci immortels !

2. Dans la tradition juive encore en usage au temps de Jésus, un mort est diminué mais non anéanti par la mort. Il continue à vivre dans le Shéol (équivalent de l'Hadès, les enfers de la mythologie grecque) : le séjour des morts dont on ne sait pas grand-chose, sinon que la justice de Dieu s’y exerce (v. la parabole du riche et de Lazare v. Luc 16.23). Dans l'évangile de Matthieu, Jésus a un débat avec les sadducéens qui, à la différence des pharisiens, ne croient pas à la résurrection (d’où le cas un peu farfelu de la femme aux sept maris successifs en Mt 22.23 et s.). Dans le Nouveau Testament, on voit apparaître les rites funéraires juifs : la toilette mortuaire des cadavres (Ac 9.37 : la mort de Tabitha « la Gazelle » , que Pierre ressuscite) ; l'onction avec des parfums : myrrhe et aloès (Jean 19.40) l'ensevelissement de Jésus par Joseph d’Arimatée et Nicodème. Cf. aussi l'onction de Béthanie « En répandant ce parfum sur mon corps, elle prépare mon ensevelissement. » (Mt 26.12). Des bandelettes enserrent les mains et les pieds du défunt et un suaire couvre son visage (Jn 11.44 : Lazare au tombeau) et le tombeau vide de Jésus (Jn 20.5 et 61). En cas de mort naturelle, le corps posé sur une civière est porté en cortège jusqu'à son tombeau (Lc 7.11 : l'ensevelissement d'un jeune garçon à Naïn) où il est déposé à même le sol (Jn 19.41). Il ne semble pas qu'il y ait eu de cortège funèbre pour Jésus : Joseph et Nicodème sont seuls et pour rendre à Jésus le dernier hommage, procèdent en hâte à l'approche du début du sabbat (Jn 19.43).

3. Mais, d'un évangile à l’autre, leur nombre et leurs noms ne sont pas toujours identiques : « Il y avait là plusieurs femmes qui regardaient à distance ; elles avaient suivi Jésus depuis les jours de Galilée en le servant ; parmi elles se trouvaient Marie de Magdala, Marie la mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée. » - « Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, et parmi elles Marie de Magdala, Marie, la mère de Jacques le Petit et de José, et Salomé... » (Mc 15.47) – « Les femmes qui l'avaient accompagné depuis la Galilée suivirent Joseph ; elles regardèrent le tombeau et comment son corps avait été placé. » (Luc 23.55) – « Près de la croix de Jésus se tenaient debout sa mère, la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas et Marie de Magdala. Voyant sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait... » (Jn 19.25-26).

4. « Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre : l'ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s'assit dessus. Il avait l'aspect de l'éclair et son vêtement était blanc comme neige. Dans la crainte qu'ils en eurent, les gardes furent bouleversés et devinrent comme morts. Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : « Soyez sans crainte, vous. Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l'avait dit ; venez voir l’endroit où il gisait. »

5. « Or, voici que deux hommes se présentèrent à elles, en vêtements éblouissants... »

6. « Un jeune homme vêtu d'une robe blanche... »

7. « Il fut transfiguré devant eux, et ses vêtements devinrent éblouissants, si blancs qu'aucun foulon sur terre ne saurait blanchir ainsi. »

8. « Après avoir chanté les psaumes, ils sortirent pour aller au mont des Oliviers. Et Jésus leur dit : « Tous, vous allez tomber, car il est écrit : "Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées" (Za13.7). "Mais une fois ressuscité, je vous précéderai en Galilée." Pierre lui dit : "Même si tous tombent, eh bien ! pas moi !" Jésus lui dit : "En vérité, je te le déclare, toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois." »

 

 

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