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La Bible et le Coran

Serge Lafitte

journaliste spécialisé dans le domaine du religieux

 


Edition Plon

160 pages - 9 €


Recension Gilles Castelnau

 


 

8 février 2022

 Ce petit livre (pas si petit que cela, d’ailleurs) est destiné à présenter la Bible et le Coran aux curieux intéressés et qui en ignorent tout. L’auteur s’exprime de façon extrêmement claire et réussit à passer en relativement peu de pages d’une première introduction élémentaire de ces deux livres à un examen critique d’un excellent niveau qui montre sa fréquentation des meilleurs biblistes et des spécialistes musulmans.

Afin de respecter les « trois religions » que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam, il distingue « la Bible hébraïque » juive et « la Bible chrétienne », bien que celle-ci inclue l’Ancien Testament.

Il en montre, en effet, brièvement mais de manière éclairée comment ces textes sont abordés aujourd’hui dans les différents milieux religieux.

Excellente initiation qui n’intéressera pas seulement ceux qui ont beoin d’être initiés à ces choses mais qui précisera les connaissances des fidèles.

En voici des passages.

 

La Bible hébraïque


 Les livres


La Thorah


La Genèse

C’est dans le récit de la Genèse que l’on trouve plusieurs épisodes bibliques qui ont laissé des traces profondes dans notre culture. La création d'Adam et Ève, et leur expulsion du Paradis pour avoir désobéi à Dieu en goûtant au fruit de l'arbre sacré. Le meurtre d'Abel par Caïn, archétype de l'être humain en rébellion contre l'ordre divin. La punition du déluge infligée à l'humanité qui est sauvée, ainsi que tous les êtres vivants, par l'arche que Dieu permet à Noé de construire. La destruction de la tour de Babel dont les hommes pensaient qu'elle pourrait les ramener au ciel. Et encore celle des villes de Sodome et Gomorrhe, symboles d'une humanité complètement déboussolée.

 




 La Bible juive et l'histoire


Entre légende et histoire


Moïse et l’Exode

Les historiens situent en général cet épisode biblique durant le XIIIe siècle avant notre ère. Pourtant, le récit lui-même est peu vraisemblable. D'une part, on voit mal des milliers de personnes survivre dans le désert aussi longtemps, et les recherches archéologiques n'ont pas permis de trouver la moindre trace de ce passage. D'autre part, les annales égyptiennes de cette époque ne font pas la moindre mention des Hébreux ni de leur fuite. De plus, l'Égypte dominait cette région dans laquelle elle avait disposé des garnisons militaires qui n'auraient eu aucune peine à empêcher cette évasion collective.

Compte tenu de la place essentielle qu'il occupe dans les récits fondateurs d'Israël, Moïse a sans doute existé. Il venait peut-être d'Égypte, si l'on retient l'origine probablement égyptienne de son nom qui signifie « est né ». Mais, concernant l'épisode de la sortie d'Égypte, il n'a vraisemblablement pu être que le meneur charismatique d'un petit groupe d'Hébreux ayant décidé de retourner sur la terre de leurs ancêtres.

 



 

Statut et interprétation de la Bible hébraïque


Les gardiens de la Torah

 

Interprètes de la Torah, les rabbins  sont aussi les premiers responsablex de son enseignement. Dans les communautés juives, il y a toujours une maison d'étude, à côté ou au sein même de la synagogue. L'étude de la Bible hébraïque est, en effet, une dimension essentielle du judaïsme, car un commandement divin recommande de la méditer « jour et nuit » (Livre de Josué 1, 8). Hormis le judaïsme libéral, qui accorde plus d'importance aux écrits prophétiques, l'étude de la Bible hébraïque porte essentiellement sur la Torah de Moïse. Depuis des siècles, cette étude s'appuie avant tout sur les commentaires qu'en ont livrés les grands maîtres du judaïsme. L'héritage le plus précieux de cette Torah orale, ainsi appelée pour la différencier de la Torah écrite de Moïse, a été recueilli dans le Talmud, l'autre livre fondamental du judaïsme.

 


Le Talmud, livre de l’interprétation


Quelle que soit l’autorité accordée au Talmud dans le judaïsme, ce commentaire encyclopédique de la Torah y demeure le livre du questionnement plus que de la réponse. L'étudier c'est, encore aujourd'hui, toujours interpréter cette source inépuisable de la vitalité du judaïsme. Car le Talmud incarne, au plus haut point, une Torah orale qui n'a de cesse de renouveler la compréhension juive de la Bible hébraïque. Ainsi, parmi les religions du Livre, sans doute est-il plus juste de considérer le judaïsme comme la religion de l'interprétation du Livre.


 


 La Bible chrétienne 


Le Nouveau Testament

Les Évangiles

Mais les Évangiles ne retracent pas l'histoire de Jésus à la manière dont un historien d'aujourd'hui écrirait la vie d'un personnage important. Ces textes ont été mis par écrit, dans la seconde moitié du 1er siècle, à l'époque où les derniers témoins directs de ces événements sont morts. Ils les racontent à la lumière de ce qui est devenu le point central de la foi des premiers disciples : la résurrection de Jésus. Les Évangiles sont donc à prendre comme un témoignage de foi qui annonce cette « bonne nouvelle », sens du mot grec evangelion, sur laquelle s'achèvent ces quatre récits de la vie de Jésus.

 


La Bible chrétienne et l'histoire


La formation du canon

 

La fixation du canon




C'est une assemblée d'évêques, réunis lors d'un concile régional à Carthage, en 397, qui a dressé la liste officielle des livres de la Bible chrétienne en décidant qu'en dehors de ces « Écritures canoniques, rien ne doit être lu, dans l'Église, sous le nom de Divines Ecritures... » En ce qui concerne le Nouveau Testament, un critère essentiel a joué pour cette sélection : on a considéré que seule l'ancienneté des textes, attestée par les communautés chrétiennes, pouvait garantir leur fidélité au témoignage des apôtres.



 

Statut et interprétation de la Bible chrétienne


Le problème de la vérité des textes

 Deux événements ont conduit à remettre en question le rapport des chrétiens à la vérité attribuée aux textes de la Bible. Le premier fut l'émergence des sciences modernes. Galilée (1564-1642) ayant une nouvelle fois, après Copernic (1473-1543), démontré que la Terre tournait autour du Soleil, il devenait difficile de tenir pour véritable la représentation inverse, héritée de l'Antiquité et véhiculée par la Bible. Cette difficulté n'a fait que croître au fil des siècles. Elle a rebondi avec le biologiste Darwin (1809-1882), expliquant le processus de l'évolution de la vie, et a culminé avec la représentation moderne du « Big Bang » comme commencement de l'Univers.
Cette confrontation avec les sciences modernes a fait évoluer la manière dont les chrétiens recherchent
 




L’autorité de l’interprétation

 

Même divinement inspirés, les auteurs n'en restent pas moins des êtres humains avec leurs limites. Comme le résumait, en 1993, un document de la commission biblique de l'Église catholique intitulé « L'interprétation de la Bible dans l'Église » :

La Parole éternelle s'est incarnée à une époque précise de l'histoire, dans un environnement social et culturel bien déterminé. Qui désire l'entendre, doit humblement la chercher là où elle s'est rendue perceptible, en acceptant l'aide nécessaire du savoir humain. » Toutefois, une nouvelle interprétation de la Bible sera validée ou rejetée par les autorités de l'Église catholique selon qu'elle demeure ou non dans le cadre fixé par les Écritures et une tradition considérée, elle aussi, comme un dépôt sacré de la foi chrétienne.

C'est la différence essentielle avec les Églises protestantes. Ces dernières ne rejettent pas forcément la tradition, tout au moins celle remontant aux premiers siècles des Pères de l'Église. Mais elle n'est pas sacralisée et ne peut donc, en aucun cas, rivaliser avec l'autorité des Écritures. Cette conception explique, pour une bonne part, la prolifération des chapelles protestantes au gré des lectures particulières de la Bible.

 

 


Le Coran


Le livre


Le contenu du Coran

 

 

La croyance

 

Dieu est omniprésent dans le Coran qui repose tout entier sur l'affirmation et la répétition d'un monothéisme intransigeant. C'est le pilier central de la foi musulmane : « Dieu, il n'est de dieu que lui, le Vivant, l'Agent suprême » (III, 2).

 

[…]

 

Le thème du Jugement dernier traverse tout le Coran. Ce jour, qui ne fait « aucun doute » (XLII, 7), est évoqué à de multiples reprises pour rappeler au croyant que tous ses actes auront leur rétribution finale. Dieu tient toujours ses promesses.

 

[…]

 

Mais Dieu est juste et sait pardonner. À l'exception d'une seule, la neuvième, toutes les sourates s'ouvrent sur la même proclamation : « Au nom de Dieu, le Tout miséricorde, le Miséricordieux. »



 Le Coran et l'histoire

Retracer l'histoire du Coran se heurte à plusieurs difficultés. La première vient du fait que, pour l'immense majorité des musulmans, le message coranique est descendu sur le prophète tel qu'il se présente dans le « Livre ». Pourtant, ce dernier laisse une place à l'histoire dans la mesure où il précise que cette révélation divine s'est effectuée en plusieurs fois. Elle s'écoule ainsi sur une période d'une vingtaine d'années, comme nous allons le voir dans la première partie de ce chapitre. Une autre difficulté touche à une question particulièrement épineuse pour l'islam en raison même du statut sacré du Coran, considéré comme un livre entièrement révélé : comment cette révélation divine est-elle devenue un livre ? Cette question sera abordée dans la seconde partie.



Le statut et l’interprétation du Coran


Norme première et dernière de l'islam, le Coran n'est pas, comme on le pense souvent, la seule source à laquelle se réfère la religion musulmane. Dès les premiers temps de l'islam, les musulmans ont en effet éprouvé la nécessité, pour suivre fidèlement le Coran, de l'interpréter à la lumière de la vie de Mahomet. Ils l'ont fait en s'appuyant sur ce que l'on appelle les « hadith », les propos et les actes du Prophète rapportés par ses proches. C'est de ce processus et de ses conséquences pour le statut et l'interprétation du Coran dont va traiter ce dernier chapitre.


Sunnites et chiites


L'islam s'est divisé très tôt en deux branches principales : le chiisme et le sunnisme qui réfèrent tous deux au même Coran, mais divergent sur la Sunna. Les sunnites ne reconnaissent que la Sunna du Prophète et de ses premiers compagnons, d'où leur nom. De leur côté, les chiites ont, en raison de leur histoire, enrichi cette tradition de hadiths supplémentaires.

À l'origine, le chiisme regroupe les partisans (chi'a, en arabe) d'Ali. Cousin et gendre de Mahomet, par son mariage avec Fatima, il est devenu le quatrième calife à la mort d'Othman en 656. Ses partisans le considèrent comme le premier imam, « guide », seul successeur légitime du Prophète. Selon eux, en effet, ceux qui ont établi la version officielle du Coran auraient effacé le passage dans lequel le Prophète désignait Ali pour lui succéder à la tête de la communauté des croyants. Mais l'assassinat d'Ali, en 661, profite au clan qui fonde la première dynastie de califes, les Omeyyades. Son fils aîné Hassan est à son tour assassiné en 680, comme le seront tous ses descendants qui pourraient prendre sa suite.

Pour la branche majoritaire du chiisme, douze imams se sont succédé, tous morts assassinés, à l'exception du dernier qui aurait mystérieusement disparu. C'est « l'imam caché », le Mahdi, dont les chiites attendent le retour depuis l'an 874.




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