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L'islam en France



Claudine Castelnau

 

19 septembre 2016

L’Institut Montaigne (un think tank d’inspiration libérale) a sorti un rapport à partir d’une enquête commandée à l’IFOP sur les musulmans de France intitulée : « Un islam français est possible. » L’étude est publiée en exclusivité par Le Journal du Dimanche, le 18 septembre et commentée entre autres par Le Figaro, ou Le Monde sur leurs sites.

Ce document, s’appuie donc sur un important sondage effectué par l’IFOP entre le 13 avril et le 23 mai. auprès de 1 029 personnes de confession ou de culture musulmane, dont 874 se déclarent musulmanes et 155 ayant un parent au moins musulman mais ne se disant pas musulmanes.

Cette importante enquête permet d’évaluer la part des personnes se disant musulmanes à 5,6 % de la population globale (soit environ 3,7 millions) et à 1 % (quelque 660 000) celles qui ne se déclarent pas musulmanes tout en ayant au moins un parent musulman. Ces données fournissent des renseignements précieux sur les musulmans de France, dans un pays où le maniement des statistiques ethniques ou religieuses est très encadré par la loi.

Elles frappent par l’ampleur de l’adhésion (28 %) à un islam d’affirmation, critique de la laïcité, d’abord soucieux de la loi religieuse, qualifié dans le rapport de l’Institut Montaigne. de « fondamentaliste » et de « sécessionniste » Et si la majorité des musulmans ne s’y reconnaissent pas, pas moins de la moitié des 15-25 ans, eux, se rangent eux dans cette catégorie. Il s’agit donc d’une tendance lourde, qui touche les jeunes de manière puissante.

« Quelle est leur religiosité, demande Le Figaro qui commente l’enquête sur son site ? L'Ifop a calculé que 46 % sont "soit totalement sécularisés, soit en train d'achever leur intégration" sans renier leur religion. Un deuxième groupe, représentant 25 %, est plus pieux et plus identitaire tout en rejetant le voile intégral. Le dernier groupe, que l'Ifop évalue à 28 %, réunit des croyants qui ont "adopté un système de valeurs clairement opposé aux valeurs de la République", s'affirmant "en marge de la société". Les jeunes, les moins insérés dans l'emploi et les convertis sont les plus disposés à adhérer à ce modèle. Mais une écrasante majorité des musulmans interrogés ne refusent pas la mixité, acceptant de se faire soigner par un médecin (92,5 %) ou de serrer la main d'une personne (88 %) du sexe opposé. Du côté des pratiques, la première est alimentaire : 70 % des répondants déclarent "toujours" acheter de la viande halal. La question du voile est plus clivante : si 65 % se déclarent favorables au port du foulard (et 24 % à celui du niqab), seules 37 % des personnes de culture musulmane considèrent que les jeunes filles devraient pouvoir porter le voile au collège et au lycée. Quant à la fréquentation des 2500 mosquées de France, elle est plus faible qu'on ne le pense souvent : 30 % du millier de musulmans interrogés ne s'y rendent jamais, et autant ne le font au mieux que lors des grandes célébrations du ramadan, même si 31 % y vont au moins une fois par semaine. Et la pratique de la prière est encore plus soutenue : la moitié de ceux qui ne vont à la mosquée que pendant le ramadan observent les cinq prières quotidiennes et 45 % de ceux qui s’y rendent moins souvent. »

L’enquête de l’Ifop relève donc deux marqueurs de l’identité musulmane pratiquant ou non : la viande halal consommée exclusivement par 70 d’entre eux et occasionnellement par 22 % d’où le souhait que les enfants puissent manger halal à l’école et le voile : 65 % de confession ou de tradition musulmane se disent favorables au voile et 24 % au port du voile intégral même si les femmes sont les 2/3 à ne pas le porter, et 23 % à le porter soit « toujours », soit rarement 5 %.

L’enquête révèle aussi que les deux tiers de des musulmans interrogés jugent que la laïcité permet de vivre librement sa religion tandis que chez les jeunes générations, la religion est souvent un élément structurant de l’identité, ils sont souvent favorables au port du niqab ou la polygamie, et critiquent la laïcité... Mais l’enquête révèle aussi que près de la moitié des musulmans de foi ou de culture placent la loi de la République avant la loi religieuse et même s’ils ont une pratique très supérieure à la moyenne nationale, ils sont en même temps, selon le rapport de l’Institut Montaigne « soit totalement sécularisés, soit en train d’achever leur intégration dans le système de valeurs de la France contemporaine. »

Le rapporteur de l’Institut Montaigne est sévère sur les « sécessionnistes » qui s’affirment en marge de la société française. Le Monde résume ainsi les propositions du rapporteur de l’Institut Montaigne :
« Il propose des réformes concernant à la fois l’Etat et les musulmans eux-mêmes. Il demande ainsi l’enseignement de l’arabe à l’école (plutôt que dans les mosquées), la réforme des institutions du culte musulman afin de mettre fin à la tutelle des Etats étrangers dont sont originaires les générations d’immigrants, de faire émerger de « nouveaux cadres » nés en France, de favoriser la formulation et la diffusion d’un discours théologique ouvert, de permettre la création d’une faculté de théologie en Alsace-Moselle, à la faveur du concordat. » Et Le Figaro : « En résumé, "la question sociale est la priorité des musulmans interrogés, bien avant les questions religieuses ou identitaires". Il n'y a pas de "communautarisme musulman unique et organisé". Et "pour éviter de tomber dans le piège tendu par les extrémistes, le discours politique doit s'appuyer" notamment "sur la majorité silencieuse, insérée avec succès dans la société française", conclut le rapport. »

 

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Sous le titre « Confusion d’un été », l’Observatoire international de la laïcité contre les dérives communautaires revient sur son site le 16 septembre, sur deux faits marquants de l’été : le burkini et la nomination par l’Etat de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, à la tête de la Fondation de l’islam de France :

« L’été a été source de nombreuses confusions en matière d’application du principe de laïcité [...] Que le gouvernement s’intéresse à l’organisation de l’Islam en France, rien de plus normal. Mais que le président de la République nomme le président d’une fondation de droit privé, chargée du financement de l’Islam et de l’organisation du culte musulman, paraît totalement extravagant [...] Que l’on ait nommé à la tête de cette institution un non-musulman est absurde et insultant à l’égard des musulmans de France. Imagine-t-on un non-juif à la tête du consistoire ou du CRIF, ou un athée à la tête du secours catholique ?... Ainsi n’y a-t-il aucune personnalité musulmane dotée de qualité de diplomatie et de gestion qui soit capable de présider une telle structure ?
Tahar Ben Jelloun membre de l’Académie Goncourt en a été nommé vice-président, pourquoi pas président ? Le silence gêné des musulmans de France à cet égard montre leur degré d’encaissement des coups qui leurs sont finalement quotidiennement portés. Alors même que Jean-Pierre Chevènement appelait les musulmans de France à plus de discrétion ! Et les catholiques, et les tenants de la religion juive, sont-ils plus discrets ?
Les auteurs de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l’État doivent se retourner dans leur tombe !!! Première confusion.
Ensuite nous avons eu droit à la chasse au burkini [...] Que la multiplication des burkinis sur certaines plages soit une provocation d’intégristes musulmans, cela ne fait aucun doute. Mais répondre à une provocation par une autre provocation nous paraît d’une maladresse politique grave [...]
Le nouveau courant républicaniste concernant l’application de la laïcité en la rendant punitive, exclusive, autoritaire, est à notre sens une erreur grave. Plus on dénoncera, on interdira, on exclura au nom de la laïcité et plus la laïcité éloignera de nombreuses couches de notre population des principes républicains. Plus on voudra étendre la laïcité à tous, à tout moment et partout, et plus la laïcité sera affaiblie Les valeurs de la République ne s’imposent pas par la force, mais par l’enseignement, la pédagogie et la conviction. Pour que l’universalisme de ses valeurs soit reconnu il ne faut pas appeler et obliger à l’assimilation. Il faut accentuer au contraire les politiques d’intégration face à une société qui se déstructure économiquement et socialement.
Dans certains quartiers ou dans certaines cités, déshumanisés, le lien nécessaire entre l’homme et la société, entre le citoyen et la République, est rompu. C’est à ce défi que nous devons tous nous atteler. Il faut accompagner l’islam de France dans une évolution nécessaire d’un certain nombre de ses pratiques et de ses dogmes. Des musulmans représentants, ce qu’ils appelaient eux-mêmes « l’élite », l’ont clairement dit dans différentes tribunes. Ce n’est pas suffisant : il faut que l’islam s’organise avec des interlocuteurs légitimes et représentatifs auprès des pouvoirs publics. L’islam doit incontestablement travailler à sa propre révolution des esprits. La laïcité, valeur universelle, quoi que spécifiquement française, est un moyen d’aider à cette transformation et à cette intégration. »


 


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