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Claudine Castelnau

 

11 septembre 2016

Le haij

Le haij, ce grand pèlerinage annuel musulman à La Mecque a débuté, samedi, dans une atmosphère tendue. Près de 2 millions de fidèles étaient attendus et la peur de la répétition d’une bousculade meurtrière. Celle du 24 septembre 2015, le troisième jour du pèlerinage est encore dans tous les esprits : elle avait fait quelque 2300 morts, dont plus de 450 Iraniens et des pèlerins originaires de 36 pays, chiffres que réfutent les autorités saoudiennes. Elles avancent 769 victimes seulement, et sont toujours incapables d’expliquer les raisons du désastre.

Les pélerins iraniens seront absents cette année, l’Arabie saoudite et l’Iran, les deux puissances régionales rivales, n’ayant pas réussi à trouver un accord et s’affrontant toujours pour l’organisation, la sécurité, le nombre de pélerins autorisés sur fond de rivalité virulente entre Iran chiite et Arabie saoudite sunnite, les deux poids lourds d’une guerre religieuse larvée. Et de rivalité politique : l’Iran soutenant le gouvernement syrien et l’Arabie saoudite une coalition au Yémen.

Le Guide suprême iranien Ali Khamenei a lancé à l’adresse de dirigeants saoudiens un « famille maudite et maléfique » auquel le grand mufti saoudien a répondu que « les Iraniens ne sont pas des musulmans ». Ambiance !

 

 

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Le 30 août, le parlement égyptien a voté pour a première fois une loi concernant la construction et la rénovation des églises. Les chrétiens coptes orthodoxes, protestants, catholiques et évangéliques, une minorité importante représentant probablement 10 % de la population, attendaient  depuis des dizaines d’années  que la situation s’améliore après avoir étaient soumis à de terribles restrictions ou interdictions.

Mais leur espoir a été déçu : la loi votée début août ne fait qu’entériner les restrictions du passé sur une question qui s’est révélée extrêmement sensible pour la majorité musulmane. Et cette nouvelle loi est jugée discriminatoire par les autorités chrétiennes. Particulièrement l’article 2 qui conditionne l’autorisation de bâtir un lieu de culte chrétien au nombre de fidèles dans la localité concernée, une condition qui n’existe pas pour la construction de mosquées.

Les Eglises ont accusé le Parlement de remettre en cause « la citoyenneté des chrétiens » mais reconnaissent que la nouvelle législation devrait tout de même simplifier la procédure administrative et légaliser ces quelque deux mille églises construites illégalement en Moyenne et Haute-Egypte, dans des villages reculés si la nouvelle loi est appliquée.

Dans cette région les chrétiens subissent régulièrement la violence des Frères musulmans et des nombreux salafistes. Par exemple, les coptes orthodoxes ont enregistré 37 attaques (maisons brûlées, personnes agressées) depuis que le président Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, a été reversé par l’armée et emprisonné.

« Pour les militants coptes, écrit Le Monde, l’idée même d’imposer une loi spécifique aux lieux de culte chrétiens est perçue comme une nouvelle forme de discrimination. “Ce que nous demandons, c’est une loi commune à tous les Egyptiens qui se fonde sur la citoyenneté et le respect de la liberté de pratiquer sa religion”, déclame fermement un militant copte. Et il interpelle : “Je pense qu’il ne s’agit pas seulement d’une législation sur la construction des lieux de culte d’une minorité religieuse. Ce qui est en jeu est notre conception de l’Etat et la manière dont il est censé organiser la société sans discrimination entre ses citoyens.” »

D’autres, engagés contre la discrimination religieuse accuse l’Etat de se cacher systématiquement derrière l’épouvantail des extrémistes pour justifier sa politque discriminatoire à l’égard des chrétiens.

« Certes le gouvernement a pris une décision assez compréhensible pour ménager les islamistes et les salafistes qui n’auraient pas manqué de dénoncer une loi contraire à l’islam, explique Kamal Zakher, un intellectuel engagé de longue date, cité par Le Monde. Mais, en fin de compte, c’est tout de même bien ce gouvernement qui décide et fait voter cette loi. »

Et comme le constate un juriste chrétien égyptien : « Le gouvernement a tué le rêve. L’Etat dit aux chrétiens : “Vous n’êtes pas des citoyens à part entière dans un Etat qui nie l’identité nationale pour mettre une identité salafiste à la place" »

 

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Au Pakistan aussi, la vie est dure pour les chrétiens toujours aussi discriminés. La semaine passée, selon l’AFP au moins 14 chrétiens ont été tués dans un tribunal dans le nord-ouest du pays par un kamikaze. Sur les personnes décédées, on compte 5 avocats et 3 policiers les autres étant des civils. Il y aurait aussi  une soixantaine de blessés.
Un garde a aussi été abattu lors d’une attaque par quatre kamikazes contre un quartier chrétien défavorisé à la périphérie de Peshawar capitale provinciale.
Et une faction des talibans pakistanais a revendiqué l’attaque contre les « infidèles ». le week-end de Päques.
Ce même mouvement taliban avait revendiqué un attentat suicide contre des chrétiens de Lahore qui avait fait 75 morts. En août, un autre attentat contre des avocats a fait 73 morts.

Le site du Nouvel Obs précise que « avocats et juges sont également régulièrement visés par des assassinats ciblés ou des attentats. Notamment des cibles faciles comme les tribunaux et les écoles. » On pourrait y ajouter les églises.
« Le Pakistan doit faire plus pour s'assurer que les groupes vulnérables soient protégés »,
a réagi l'ONG Amnesty International dans un communiqué. Des groupes armés cherchent à saper l'Etat de droit en s'attaquant à la fois aux gens qui le défendent dans les tribunaux et à ceux qu'il devrait protéger. »

Au Pakistan, l’islam est religion d’Etat et pratiqué par 95 à 98 % des quelque 196 millions de Pakistanais, majoritairement sunnites. Entre 2 % et 5 % sont chrétiens, hindous ou autres. Les chrétiens sont estimés à près de 3 millions. Ils sont généralement mal acceptés par la population musulmane, ils ont très difficilement accès aux hauts postes exécutifs, administratifs et politiques. Exclus par la majorité, ils vivent pour la plupart dans des bidonvilles sans accès à l'eau courante ni à l'électricité. De nombreux attentats les visent (presque une dizaine d'attentats entre 2000-2002. 
La communauté chrétienne est également victime de conversions forcées, notamment envers les femmes.

Au Pakistan, les chrétiens sont surtout des descendants d'hindous issus de basses castes qui furent convertis par des missionnaires étrangers, surtout Britanniques, entre 1757 et 1947 : les convertis espéraient sortir d'une vie sociale difficile, et gravir les échelons sociaux, mais la situation des chrétiens au Pakistan est de nos jours tout autant difficile, et ceux-ci sont condamnés le plus souvent à la pauvreté et aux métiers les plus ingrats.

Exemple de bêtise et d’ignorance auxquelles s’affrontent  les chrétiens, le 30 mai 2011, le maulana Abdul Rauf Farroqi, responsable religieux du parti islamiste Jamiat Ulema-e-islam (qui a 7 députés et 9 sénateurs au parlement pakistanais) avait jugé la Bible comme étant blasphématoire et déposé une requête à la Cour suprême du Pakistan visant à interdire la Bible dans le pays. Il accusait aussi juifs et chrétiens d’avoir trafiqué l’Ancien et le Nouveau Testament.
La preuve ? Les personnages bibliques diffèrent de ceux du Coran ! Plus sérieusement, la Cour suprême doit entendre, la seconde semaine d’octobre le dernier recours légal d’Asia Bibi, cette chrétienne pakistanaise  emprisonnée depuis 2009 et condamnée à mort pour un « blasphème » imaginaire (elle avait osé boire l’eau d’un puits alors qu’on la jugeait impure parce que non musulmane).

De nombreuses organisations de défense des droits de l’homme et de la liberté religieuse considèrent le cas de Bibi comme un signe de la persécution que subissent les chrétiens au Pakistan et de la manière dont les lois sur le blasphème sont utilisées de manière abusive spécialement contre les minorités religieuses.

 


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