Noël cosmique

Par

traduction Gilles Castelnau

Le Père Bede Griffiths, (bénédictin, pionnier du dialogue avec l’hindouisme) dit que la méditation nous unit à l’univers, de l’étoile la plus lointaine aux particules les plus infimes de l’atome. Il explique que nous pouvons ressentir cette solidarité avec tout être vivant sur Terre et découvrir ainsi le Fondement de l’être présent en tous, Père, Origine, Source de toute vie.

Ceci convient bien à cette période de Noël où nous célébrons le Verbe qui s’est fait chair et s’est incarné en Jésus et en tous les êtres, de sorte que nous parlons du Christ cosmique ( 1 ). (Ou Nature de Bouddha, ou Image de Dieu.)

« Le Verbe fait chair et habite parmi nous » résume toute l’histoire de Noël. Ainsi, Eckhart dit : « Chaque créature est une parole de Dieu et un livre sur Dieu. » Chaque créature est un autre Christ.

Tout cela signifie la fin de la solitude ; cela nous reconnecte au cosmos et le cosmos à nous. L’ère moderne, si imprégnée de la conscience du « je » – « Je pense, donc je suis » – a aggravé la situation en nous faisant croire que l’univers est une machine – froide, mécanique, déterminée, indifférente, plus puissante que nous – instaurant une « solitude cosmique » dans nos vies.

[…]

Le théologien orthodoxe russe Nicolas Berdiaev écrit : 
« L’idée centrale des Pères orientaux était celle de la théosis, la divinisation de toutes les créatures, la transfiguration du monde, l’idée du cosmos et non celle du salut personnel. 

Dès lors qu’on ignore le monde créé, l’unité qui est la nôtre avec l’univers et toutes ses créatures, la dégradation de notre pensée s’installe. L’individualisme nous envahit avec ses peurs, ses traumatismes et sa névrose… »

Il est, par contre, bien heureux de considérer l’ensemble de l’histoire humaine, toute la vie du cosmos, de l‘univers planétaire à la lumière de Noël, de la venue du Verbe.

Et la fête de Noël en reçoit, elle aussi, un nouveau visage, profondément mystique et dénué de tout sentimentalisme sucré. 

………..

( 1 ) note de G.C. : relire Colossiens 1.15-17
(Le Fils) est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création, car en lui ont été créées toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités. Tout a été créé par lui et pour lui.

Il est avant toutes choses, et toutes choses subsistent en lui.

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