pasteur de l’Église presbytérienne de Greensboro,
Caroline du Nord, États-Unis.
Président et codirecteur exécutif de ProgressiveChristianity
traduction Gilles Castelnau
Nous croyons que Dieu est Amour, et non un juge distant.
Beaucoup d’entre nous ont grandi avec l’image d’un Dieu qui semblait toujours un peu déçu par nous, un Dieu armé d’un carnet de notes et dont l’affection était conditionnelle. Le christianisme progressiste part d’ailleurs : de la conviction que Dieu est Amour.
Non pas un amour mièvre ou sentimental, mais un Amour ardent, guérisseur et épris de justice. La plupart d’entre nous n’ont pas quitté le christianisme parce qu’ils avaient cessé de croire ; nous sommes partis parce que la version qu’on nous en présentait ne ressemblait plus à de l’Amour.
Jésus nous montre à quoi ressemble l’Amour sous une forme humaine.
Jésus revêt ici une importance capitale, non pas parce qu’il accorderait des passe-droits spirituels, mais parce qu’il a mené une vie qui révèle qui est Dieu.
Il a approché des personnes infréquentables. Il a affronté des systèmes qui effrayaient les autres.
Il a dit la vérité, il a été pleinement humain et son humanité conduisait à la plénitude de vie.
La Bible est un dialogue vivant dans lequel nous sommes invités à entrer.
Beaucoup en ont abandonné une lecture qu’ils aimaient pourtant à cause d’une religion rigide qui leur affirmait qu’elle était un document divin parfait, tombé du ciel et sans défaut.
Le christianisme progressiste considère les Écritures comme une bibliothèque sacrée dans laquelle les personnages nomment et comprennent Dieu de leur mieux selon leur époque, posent des questions, débattent et se contredisent. Nous posons des questions en toute honnêteté : ce passage conduit-il à la compassion ? À la libération ? À la justice ? À l’amour ? Nous nous confrontons au texte, convaincus que Dieu supporte parfaitement nos questions.
Le salut consiste à trouver notre épanouissement ici et maintenant en relation fraternelle ave nos contemporains et non à fuir notre réalité humaine actuellement ou dans l’au-delà.
Le salut se manifeste lorsque nous prenons soin de nos souffrances et de celles des autres, lorsque nous démantelons les systèmes oppressifs et apprenons à vivre comme il convient à Dieu qui l’a tant aimé.
La présence d’exclus, de marginalisés dans notre société nous réorientent vers Dieu. Nos frères et sœurs LGBTQ+, les personnes en situation de handicap, les communautés racisées, les immigrés, les femmes réduites au silence ne sont pas des étrangers qu’il suffirait de tolérer. Leur présence même remodèle notre compréhension de Dieu car c’est là où l’Amour se manifeste parmi les exclus que le Divin se fait connaître.
Le fait que les autres religions enseignent elles aussi une sagesse, ne menace en rien notre spiritualité. Le christianisme progressiste n’est pas hostile aux autres religions car nous croyons que Dieu est plus grand que nos frontières, nos langues et nos certitudes. Jésus a lui-même pris comme exemples de fidélité des Samaritains, des étrangers, des adeptes d’autres traditions.
Le christianisme progressiste ne prétend pas être une religion parfaite. Il n’a pas besoin de l’être. Il cherche seulement à dire la vérité sur Dieu, sur nous sommes et sur ce que l’Amour attend de nous.
Si quelqu’un juge que sa foi est mise à rude épreuve, est même en lambeaux, sa place est parmi nous car nous cherchons seulement l’Amour et nous ne voulons qu’améliorer la situation du monde (et la nôtre).
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