Les oiseaux

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Matthieu 10.29      Est-ce que l’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ?

Pourtant pas un d’entre eux ne tombe à terre sans votre Père.

Quant  à vous, même vos cheveux sont tous comptés.

Soyez donc sans crainte : vous valez plus que beaucoup de moineaux.

•

Le texte grec dit « pas un d’entre eux ne tombe à terre sans votre Père » mais les diverses traductions ont voulu préciser pour le lecteur le sens de cette phrase.

.1.

Ainsi, la traduction en Français courant dit : « sans que Dieu votre Père le sache. »
La Bible de Jérusalem propose de même : « à l’insu de votre Père ».

Les ajouts de ces deux traductions induisent donc l’idée d’un Dieu omniscient, un Dieu qui regarde tout, à qui rien n’échappe. 

Jérémie disait déjà : « Je sais cela, j’en suis témoin, dit l’Éternel. » (29.23)
Jérémie entendait menacer ceux qui commettaient de mauvaises actions en Israël alors qu’ici Dieu n’a pas de mauvaises intentions à l’égard des oiseaux. L’intention des traducteurs est certainement bonne, mais l’expérience montre que les sentiments de culpabilité sont tels, de nos jours, que certains fidèles s’effrayent de l’œil de Dieu toujours ouvert sur eux.
Ainsi le Psaume 139 pourtant certainement écrit dans un esprit positif d’émerveillement et de salut, avec la lumière qui nous accompagne même dans la nuit sombre, est néanmoins reçu comme inquiétant : 

Éternel ! tu me sondes et tu me connais,  
 Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève,

Tu pénètres de loin ma pensée.   
Tu sais quand je marche et quand je me couche,

Et tu pénètres toutes mes voies.      
Car la parole n’est pas sur ma langue,

Q
ue déjà, ô Éternel ! tu la connais entièrement.

Tu m’entoures par derrière et par devant, et tu mets ta main sur moi.
 Si je monte aux cieux, tu y es
 ;  
Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà.

Si je prends les ailes de l’aurore, 
Et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer,

Là aussi ta main me conduira,  et ta droite me saisira.

Si je dis : les ténèbres me couvriront, la nuit devient lumière autour de moi ;

Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi,

La nuit brille comme le jour et les ténèbres comme la lumière.

Ce dernier verset est magnifique.
Lorsque je présidais des enterrements, parmi les lectures que je proposais, je mettais ce Ps 139 qui me semblait réconfortant. Mais durant les décennies de mon ministère, jamais aucune famille ne l’voulu. Je présume que les gens se sentent confus à l’idée d’être « repérés » par un Dieu tout-puissant dans toutes leurs pensées ! C’est bien ce que suggèrent malencontreusement l’addition de la Bible en Français courant et de la Bible de Jérusalem.

• 2 •

Bible Parole de vie : « c’est votre Père qui permet cela. »

L’idée induite par cet ajout est que quand un oiseau tombe, quand les rhumatismes s’installent, quand un cancer emporte une jeune mère de famille, quand un tremblement de terre ou un tsunami fait 10 000 morts, votre Père le « permet ». Moi, si j’avais pu, je l’aurais interdit !

• Certains pensent qu’il « permet » ces souffrances incompréhensibles et inacceptables car il sait qu’un bien supérieur va en sortir.

Ne dit-on pas : « Une bonne maladie approfondit notre réflexion. »  
Pourtant 
Jésus n’a jamais dit une chose pareille !

• Certains pensent aussi que Dieu, en bon père de famille laisse ses enfants faire librement leurs expériences.

Mais aucun parent ne « permettrait » que ses enfants soient brûlés vifs, écrasés ou massacrent les autres.

• Une tradition juive, le « tsim tsum » enseigne que Dieu « permet » effectivement le mal car « il se retire » pour que sa toute-puissance n’empêche pas la création de se développer et de vivre librement.Il manifesterait ainsi une indifférence fort peu sympathique !

L’ajout au texte biblique « c’est votre Père qui permet cela » me semble inacceptable.

• 3 •

Bible Segond : « sans la volonté de votre Père. »

On lit effectivement parfois dans les nécrologies des journaux l’expression bizarre : « Nous annonçons avec douleur que Dieu a rappelé à Lui… ».

Mais pourquoi Dieu aurait-il la « volonté » que les oiseaux tombent, ainsi que les cheveux des chauves ? Que les hommes « tombent » ?

• Serait-ce par punition comme les parents punissent leurs enfants ? Un pasteur expliquait le terrible cyclone qui avait détruit la Nouvelle Orléans comme une punition en raison d’une gaypride qui devait s’y tenir. Un imam justifiait le tremblement de terre qui ravageait l’Afghanistan en disant qu’il y avait« trop d’homosexuels. »
Mais les « punitions de Dieu » ne rendent pas les gens meilleurs, elle les tue.

• Serait-ce à cause de l’idée que tout ce qui arrive vient forcément de Dieu ?

Les anciens stoïciens grecs disaient que « les Dieux » garantissaient l’« anankè », le Destin divin et que la « piété » était de se soumettre au destin et même de l’aimer.  C’est peut-être la raison pour laquelle l’aveugle qui suppliait Jésus sur la route de Jéricho se faisait reprendre par « ceux qui marchaient devant Jésus » (Luc 18.39)

• Segond rejoint ici l’idée musulmane du inch’Allah, du mekhtoub.

• 4 •

La TOB, le Nouveau français courant suivent précisément le texte grec : « pas un d’entre eux ne tombe à terre sans votre Père. »

Dieu me tient la main
met sa main sur mon front

Quand je suis malade, 
Quand je meurs,
Il est là, avec moi
Voilà la Bonne Nouvelle

La présence permanente de Dieu aux côtés de tous les êtres, souffle de vie, fondement de l’être. Dieu en nous.
Le judaïsme enseigne bien la « Shekinah » Dieu en nous
L’islam dit que Dieu est plus proche de nous que notre veine jugulaire.

Il ne faut pas chercher pas Dieu « au ciel » à l’extérieur du monde. 
« Dieu est en nous, il est plus que nous mais il n’agit pas sans nous », disait Paul Tillich.

L’Esprit qui se dégage de ce texte des oiseaux est celui de paix, de courage.

Il est déjà celui du Psaume 23

L’Éternel est mon berger
 Il me fait reposer dans de verts pâturages,

Il me dirige près des eaux paisibles.   
 Il restaure mon âme,

Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom.

Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort,

Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi.

Concluons par un texte d’Adhémar de Barros

J’ai fait un rêve, la nuit de Noël. 
Je cheminais sur la plage, côte à côte avec le Seigneur. 

Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte, 

la mienne et celle du Seigneur.

L’idée me vint – c’était un songe – 

Que chacun de nos pas représentait un jour de ma vie. 

Je me suis arrêté pour regarder en arrière. 

J’ai vu toutes ces traces qui se perdaient au loin. 

Mais je remarquai qu’en certains endroits, 

Au lieu de deux empreintes, il n’y en avait plus qu’une. 

J’ai revu le film de ma vie. 
O surprise ! 

Les lieux de l’empreinte unique correspondaient aux jours les plus sombres de mon existence. 

Jours d’angoisse ou de mauvais vouloir ; 

jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur ; 

jours d’épreuve et de doute ; 

jours intenables…

jours où, moi aussi, j’avais été intenable. 

Alors, me tournant vers le Seigneur, j’osai lui faire des reproches : 

« Tu nous a pourtant promis d’être avec nous tous les jours ! 

Pourquoi n’as-tu pas tenu ta promesse ? 

Pourquoi m’avoir laissé seul aux pires moments de ma vie ? 

Aux jours où j’avais le plus besoin de ta présence ? » 

Mais le Seigneur m’a répondu : 
« Mon ami, les jours où tu ne vois qu’une trace de pas sur le sable, 


ce sont les jours, où je t’ai porté. x»

Sermon : les oiseaux

Mt 10.29      Est-ce que l’on ne vend pas deux moineaux pour un sou ?

Pourtant pas un d’entre eux ne tombe à terre sans votre Père.

Quant  à vous, même vos cheveux sont tous comptés.

Soyez donc sans crainte : vous valez plus que beaucoup de moineaux.

•

Grec : sans votre Père.

• 1 •

Français courant     « sans que Dieu votre Père le sache. »
Bible de Jérusalem : à l’insu de votre Père

Dieu inquiétant. Dieu omniscient, Dieu qui regarde tout.
Enfer et paradis 

Jérémie 29.23 « Je le sais, et j’en suis témoin, dit l’Eternel. »

Mais cela concerne les mauvaises actions commises par le peuple.

Ps 139 : Psaume inquiétant ou magnifique ?
écrit dans un but d’émerveillement et de salut (lumière !)

Rendu culpabilisant par l’idée que Dieu est un Dieu de justice, 

Eternel ! tu me sondes et tu me connais,

2 Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève,

Tu pénètres de loin ma pensée;

3 Tu sais quand je marche et quand je me couche,

Et tu pénètres toutes mes voies.

4 Car la parole n’est pas sur ma langue,

Que déjà, ô Eternel ! tu la connais entièrement.

5 Tu m’entoures par derrière et par devant, et tu mets ta main sur moi.

8 Si je monte aux cieux, tu y es ;  Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà.

9 Si je prends les ailes de l’aurore, et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer,

10 Là aussi ta main me conduira,  et ta droite me saisira.

11 Si je dis : les ténèbres me couvriront, la nuit devient lumière autour de moi ;

12 Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi,

La nuit brille comme le jour et les ténèbres comme la lumière.

NB : ce dernier verset est magnifique

• 2 •

Parole de vie : « c’est votre Père qui permet cela. »

Quand un oiseau tombe, quand les rhumatismes s’installent, quand un cancer emporte une jeune mère de famille, quand un tremblement de terre ou un tsunami fait 10 000 morts, Dieu le « permet » ?

• permet car il sait qu’un bien supérieur va en sortir : 

« une bonne maladie approfondit notre réflexion sur le monde. »

Jésus n’a jamais dit cela !

• Comme des parents qui laisseraient leurs enfants faire expériences.

Sauf que les parents ne « permettraient » pas que leurs enfants soient brûlés vifs, écrasés ou massacrent les autres.

• Permet car il se retire : « tsim tsum » pour laisser la place à la création de se développer, de vivre.

• 3 •

Segond :   sans (la volonté) de votre Père  (« douleur, Dieu a repris…)

Pourquoi Dieu aurait-il la « volonté » que les oiseaux tombent,
 les cheveux des chauves et les hommes « tombent » ?

• Par punition : les parents punissent leurs enfants.

Mais les « punitions de Dieu » ne rendent pas les gens meilleurs, elle tue.

 (cyclones de la Nouvelle Orléans : gaypride)

tremblement de terre en Afghanistan : imam : « trop d’homosexuels. »

• Idée que tout ce qui arrive vient de Dieu. 

Les stoïciens disaient cela « des Dieux »  : « anankè »

la « piété » était de se soumettre au destin et même de l’aimer.  

Idée musulmane : inch’Allah ; mekhtoub.

• 4 •

Grec, TOB, Nouveau français courant

Présence permanente. Souffle, fondement de l’être. Dieu en nous

judaïsme :  « Shekinah » est en nous    –     Islam :  veine jugulaire ;

Ne cherchez pas Dieu au ciel à l’extérieur : 
« Dieu est en toi, il est plus que toi mais il n’agit pas sans toi »

Esprit de paix, de courage.

Psaume 23

L’Eternel est mon berger 
 Il me fait reposer dans de verts pâturages,

Il me dirige près des eaux paisibles.

 Il restaure mon âme,

Il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom.

Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort,

Je ne crains aucun mal, car tu es avec moi.

Dieu me tient la main
met sa main sur mon front

Quand je suis malade, quand je meurs,

Voilà la Bonne Nouvelle

Adhémar de Barros

J’ai fait un rêve, la nuit de Noël. 
Je cheminais sur la plage, côte à côte avec le Seigneur. 
Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte, 
la mienne et celle du Seigneur.

L’idée me vint – c’était un songe – 
que chacun de nos pas représentait un jour de ma vie. 
Je me suis arrêté pour regarder en arrière. 
J’ai vu toutes ces traces qui se perdaient au loin. 
Mais je remarquai qu’en certains endroits, 
au lieu de deux empreintes, il n’y en avait plus qu’une. 

J’ai revu le film de ma vie. 
O surprise ! 
Les lieux de l’empreinte unique 
correspondaient aux jours les plus sombres de mon existence. 
Jours d’angoisse ou de mauvais vouloir ; 
jours d’égoïsme ou de mauvaise humeur ; 
jours d’épreuve et de doute ; 
jours intenables…
jours où, moi aussi, j’avais été intenable. 

Alors, me tournant vers le Seigneur, j’osai lui faire des reproches : 
« Tu nous a pourtant promis d’être avec nous tous les jours ! 
Pourquoi n’as-tu pas tenu ta promesse ? 
Pourquoi m’avoir laissé seul aux pires moments de ma vie ? 
Aux jours où j’avais le plus besoin de ta présence ? » 

Mais le Seigneur m’a répondu : 
« Mon ami, les jours où tu ne vois qu’une trace de pas sur le sable, 
ce sont les jours, où je t’ai porté. »

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