L’archevêque de Cantorbéry, Sarah Mullally, remarquait dans sa prédication de Pâques, que Madeleine se rendit au Tombeau dans l’obscurité alors que les Christ était déjà ressuscité : « Marie de Magdala se rendit au tombeau dès le matin, alors qu’il faisait encore obscur »
« Avant que la pierre ne soit déplacée, a-t-elle dit, avant que les anges ne parlent, Dieu agissait déjà dans les ténèbres et celles-ci étaient déjà le lieu de la gloire créatrice de Dieu, berceau de la vie ressuscitée. »
Le renouveau de la Résurrection est déjà à l’œuvre alors que le monde est silencieux et plongé dans l’obscurité. »
Et pourtant, un grand élan de vie est déjà – et toujours – à l’œuvre. Il traverse tout l’univers. En ce printemps le soleil revient, les feuilles repoussent aux arbres, les plantes refleurissent, les hirondelles reviennent : tout cela convient bien avec la fête de Pâques, la Résurrection du Christ et son symbole saisissant d’un tombeau vide. Les Juifs célèbrent eux aussi la vie renaissant de la mort en commémorant la libération avec Moïse de la maléfique servitude du pays d’Égypte et du bienheureux passage de la mer Rouge où disparurent les armées de l’oppression du pharaon dominateur.
Immense flux vivifiant du dynamisme créateur cosmique dont la force fait puissante agit dans la renaissance d’un peuple, la victoire du petit David sur le terrible géant Goliath, l’exaucement de celui qui s’écrie « des profondeurs je t’appelle», dans la parole de force qui fait se lever le paralysé, libérer la femme adultère, pour culminer dans le symbole central du Christ ressuscité et… raviver dans l’obscurité peut-être de nos cœurs une étincelle de lumière, une ardeur de foi, d’espérance et d’amour, dans une joie retrouvée.
L’archevêque Sarah Mullally fait observer que, comme toujours,
« la nuit dernière, dans les hôpitaux du pays, les infirmières ont pris soin de ceux qui avaient du mal à dormir.
Dans les unités de soins palliatifs, les soignants et les proches ont tenu la main de quelqu’un, lui assurant qu’il n’était pas seul.
Des parents ont bercé leurs bébés pour les endormir. »
En ces instants d’obscurité, le dynamisme créateur de Dieu est, en effet, sourdement à l’œuvre pour que la vie germe et s’épanouisse.
Dieu n’attend pas le lever du soleil pour faire monter doucement en nous son œuvre vivifiante. La force, le courage, l’espérance et l’amour qui nous animent n’émanent pas de notre nature seule, ne sont pas tant notre réalisation propre mais s’enracinent et se fondent, se régénèrent dans l’inépuisable présence créatrice de Dieu qui chemine avec nous dans l’obscurité. L’élan de vie de Dieu anime, bien sûr, « tout ce qui respire », comme dit le Psaume : fonder notre existence sur cette foi renforce notre espérance, nous dynamise, nous encourage.
Lorsqu’à Pâques nous disons, selon la tradition : « le Christ est ressuscité, en vérité il est ressuscité », nous affirmons que l’univers entier résonne de la grande force créatrice qui fait tourner les immenses galaxies, bondir les gazelles et plonger les dauphins et les baleines, pousser même des petites fleurs entre certains pavés poussiéreux de nos villes et renouveler foi, espérance et amour dans nos cœurs qui en ont bien besoin.
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