La Vierge de Montevirgine

La vierge de Montevergine
(Photo : Principe88/Wikimedia/Creative Commons)
Quand rituels catholiques et folklore napolitain se mêlent lors d’un pèlerinage pour la communauté queer. C’est cet étonnant pèlerinage que raconte Religion News Service, un site américain de nouvelles religieuses.
A Mercogliano, une petite ville aux portes de Naples, un curieux pèlerinage vieux de plusieurs siècles se tient à la Chandeleur en l’honneur de la Vierge de Montevirgine. Avec de curieux pèlerins.
Le Religion News Service raconte : L’église de l’Annunziata, à Mercogliano « était remplie, ce 2 février, jour de la Chandeleur, de pèlerins aux ongles vernis, perruques imposantes et faux cils. Le groupe connu sous le nom de femminielli s’était réuni pour son pèlerinage annuel, La Juta, en l’honneur de la Vierge Marie et pour affirmer son identité queer. »
Le curé de la paroisse de l’Annunziata présidait la messe de la Juta, « une célébration de la rencontre entre l’humain et le divin » a-t-il proclamé dans son sermon. La Juta dei Femminielli est une ancienne tradition catholique qui […] met en lumière une identité enracinée dans l’expression culturelle et la mythologie napolitaine […] Pour le pèlerinage, des centaines de femmes dont des transgenres, venues de toute l’Italie, se rendent traditionnellement en pèlerinage au sanctuaire de Montevergine, où se trouve l’icône de la Vierge de Montevergine. « Et c’était la première fois que des femmes transgenres étaient invitées à faire des lectures liturgiques durant la messe […]
Ces Femminielli, ces femmes désignées par un nom masculin, ont occupé des fonctions cérémonielles, sociales et même sacrées dans l’histoire de Naples à laquelle la Vierge de Montevergine aurait accompli, en 1256, un miracle en sauvant deux jeunes hommes homosexuels condamnés à mourir de froid enchaînés sur une montagne voisine du sanctuaire en faisant fondre la glace et en les délivrant de leurs chaînes. « Depuis, [la Vierge] est devenue un symbole pour les opprimés et les marginalisés, pourtant dignes de la protection divine. »
Et cette année, l’une des « femminielli », une femme transgenre qui avait lu le psaume lors de la messe [c’était la première fois] a proclamé « que leur présence était un acte de foi, un acte de résistance. Nous sommes là pour tous les peuples opprimés. »
À Naples, où les rôles de genre sont souvent rigides, les femminielli ont connu une histoire complexe, mêlant acceptation, méfiance et solitude, explique une anthropologue de l’Université de Naples citée par Religion News Service. « Leur grande capacité de mise en scène, dit-elle, a notamment permis leur acceptation au sein de la société en parfaite harmonie avec la tradition théâtrale napolitaine. Chants, gestes et danses leur ont permis de rester présents dans l’espace public. Considérés comme existant entre le masculin et le féminin, les femminielli étaient historiquement perçus comme des figures ayant une relation privilégiée avec le surnaturel. »
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Le visage de Giorgia Meloni

Une fresque récemment restaurée dans la basilique San Lorenzo in Lucina,
où une Victoire ailée ressemblerait à la présidente du Conseil italien (à droite),
à Rome, le 31 janvier 2026.
FILIPPO MONTEFORTE/AFP
La basilique San Lorenzo in Lucina, l’une des plus anciennes de Rome, située tout près du palais Montecitorio où siège le gouvernement italien n’avait jamais connu pareille affluence de visiteurs. Et ce n’est pas pour Nicolas Poussin, un peintre français du 18e siècle mort à Rome en 1665 et qui repose parmi d’autres célébrités à San Lorenzo in Lucina, mais pour l’une des deux Victoire d’une fresque restaurée, dans une chapelle de la basilique qui s’est retrouvée dotée de traits étonnamment proches de ceux de la Première ministre italienne actuelle, Giorgia Meloni, pour qu’il n’y ait guère de doute ! La polémique a enflé attisée par la presse. Bruno Valentinetti, le peintre bénévole à l’origine de cette restauration et qui semble avoir eu des sympathies néo-facistes a d’abord démenti puis au bout de quelques jours a dû reconnaître s‘être sciemment inspiré du visage de la cheffe du gouvernement italien : Il a déclaré à La Repubblica : « Bon, c’était bien Meloni, mais dans le même style que la peinture qui était là avant. »

L’organisme qui gère les biens artistiques de Rome et la Curie ont exigé l’effacement du visage, ce qui a été fait par le peintre. Et la Victoire ailée, objet du litige, se retrouve donc encore une fois sans visage…La presse raconte que Giorgia Meloni s’est amusée de la polémique soulevée et a posé sur Instagram une photo de son supposé portrait accompagné d’un commentaire : « Non, je ne ressemble vraiment pas à un ange ».
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Memphis (USA) Mémorial de la traite négrière
Une paroisse épiscopalienne (c’est ainsi qu’on appelle les anglicans aux États-Unis) à Memphis, dans le Tennesse, un État du Sud, a reçu une subvention de 996 000 dollars d’une Fondation pour financer un projet de mémorial le « 87 Adams ». Sous ce nom mystérieux se cache un mémorial en hommage aux personnes réduites en esclavage, achetées ou vendues sur un site de Memphis situé à quelques pas de l’église épiscopale Calvary de Memphis.
Le projet : « Trouver la guérison en honorant la mémoire des milliers de vies trahies au 87 rue Adams. Pour faire face à l’héritage de l’esclavage, nous interroger sur son influence sur notre communauté actuelle et sur la manière dont cette prise de conscience peut nous guider vers une société plus juste. » Sur son site, l’Église raconte leur démarche : il y a 8 ans, on a découvert à Memphis une plaque posée par la Commission historique du Tennessee en 1955 qui indiquait que « les entreprises commercialesavait enrichi la ville en omettant de préciser qu’il s’agissait de l’achat et de la vente d’êtres humains destinés à l’esclavage. A partir de 2016, l’Église Calvary a commencé à se confronter à son lien étroit avec ce passé »
C’est alors qu’un historien et membre de l’Église a impliqué ses étudiants d’un collège de Memphis dans des recherches sur les noms et les histoires de vie de quelque 3800 personnes réduites en esclavage et vendues dans la rue Adams de Memphis. Et mis en lumière le rôle central de Memphis comme plaque tournante régionale de la traite négrière intérieure.
L’avenue Adams, à proximité du fleuve Mississippi et d’une ligne de chemin de fer reliant Charleston, abritait au moins quatre marchés d’esclaves, tous situés non loin de certains des plus anciens lieux de culte de la ville. En 2018, les membres de l’Église épiscopale de Memphis ont installé une nouvelle plaque en remplacement de l’ancienne avec un moment de recueillement. Et l’idée d’un mémorial permanent est née. Une manière de se retrouver, de vivre cette prise de conscience. Un projet courageux à l’ère de Trump passé maître dans l’art de réécrire le passé à sa convenance !
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Bonnets rouges à Minneapolis

Après le déferlement de violence à Minneapolis, les deux citoyens qui ont trouvé la mort, nombre d’habitants choqués par cette violence et cette chasse au faciès se sont demandé quoi faire pour protester contre la présence d’ICE en ville. Certains ont choisi alors une forme de protestation silencieuse en portant un bonnet rouge. Pourquoi ? Un projet qui trouve son origine en Norvège, à l’époque de la Seconde Guerre mondiale, où tricoter et porter un bonnet rouge est alors devenu un signe de résistance. « On a lancé l’idée que des tricoteuses, clientes habituelles d’une boutique de tricot de Minneapolis reprendraient l’idée en espérant qu’une dizaine de personnes viendraient confectionner des bonnets rouges mais il y a eu plus de 100 tricoteuses inscrites ! Les promotrices du projet ont alors crée un modèle de bonnet rouge quelles ont mis sur un site de tricot. Le modèle s’est vendu à 100 000 exemplaires et les bénéfices – plus de 600 000 dollars – ont été reversés à des associations de soutien aux immigrés. « Nous avons vendu ces bonnets dans plus de 43 pays, raconte l’une des responsables du mouvement. Cela prouve à quel point les gens tiennent à soutenir le Minnesota. » J’ai trouvé ainsi, sur le site national de l’Église épiscopale américaine (Episcopal News Service) une invitation à fabriquer des bonnets rouges, « un symbole norvégien en signe de résistance au nazisme jusqu’à son interdiction en 1942. » Avec un modèle copié sur celui du Minneapolis.
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