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L’invention du christianisme

 

 

Roger Parmentier

 

L’Harmattan

156 pages. 15 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

.

 

31 mars 2010

Le pasteur Roger Parmentier est un passionné. Voici une dédicace qu’il a faite de son livre :

« La redécouverte de l’évangile de Jésus (merci Amsler, Babut, etc…) et du kérygme néfaste des Hellénistes pourrait (devrait !) provoquer une Réforme de toutes les Églises de plus grande ampleur que celle du 16e siècle... j’espère que nous pourrons y contribuer, quelles que soient les incompréhensions et les inerties... »

Et voici les lignes qu’il y amis en exergue :

« Cette étude, fruit de longues année de recherches, se découvertes, de réflexions, est écrite de façon trop rapide. Mais je n’ai plus le temps. A plus de 91 ans je n’ai que trop tardé. Je me suis hâté, car cela me semblait important. Mars 2010 »

Roger Parmentier se tient au courant de la recherche biblique et il se focalise notamment sur deux découvertes. Il est extrêmement intéressé par la Source Q. Celle-ci est connue depuis bien longtemps. Il s’agit de l’existence conjecturale d’un document antérieur aux évangiles et citant les paroles de Jésus que l’on trouve dans Matthieu et Luc. Il semble que jusqu’à la publication dans les années 80 des évangiles de Matthieu et Luc, de nombreuses Églises aient vécu de ces paroles qui ne mentionnaient ni la croix ni la Résurrection du Christ, ni son origine surnaturelle. C’est exactement un tel message qui est à l’origine de la foi de Roger Parmentier.
Il est par contre exaspéré par les textes provenant du milieu des Hellénistes, ces chrétiens hellénisés dont la foi se centrait sur la Résurrection du Crucifié et son autorité divine plus que sur l’éthique du Sermon sur la Montagne.

La première partie de son livre nous fait partager cette double idée. La seconde partie rassemble huit textes de biblistes reconnus qui présentent à leur manière la réalité de la Source Q et des Hellénistes du Nouveau Testament. Ce sont : Étienne Trocmé, Pierre Geoltrain, François Vouga, Charles L'Eplattenier, Pierre Lémonon, Daniel Marguerat, François Bovon, Victor Fusco.

 

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pages 19-20

SAVEZ-VOUS CE QU'EST LE VRAI « CHRISTIANISME » ?
ON VOUS EN A PRÉSENTÉ TANT D'AUTRES
QUI N'ONT RIEN À YOIR

Le monde marche à l'envers : ce n'est que violences, massacres, oppressions, hypocrisies religieuses, accaparement des richesses quand d'autres meurent de faim, mépris réciproque, etc

Les tentatives généreuses pour améliorer situation ont échoué : qu'elles soient légendaires ou « historiques » :
- créer une humanité nouvelle à partir d'un peuple « saint» se solde par moralisme, mépris, hypocrisie…
- la tentative de Jean le baptiseur n'aboutit pas à faire « porter les fruits » dignes du renversement de mentalité signifié par le baptême,
- l'ordre romain n'est qu'oppression, colonisation, torture, servage...

Alors Jésus, bien inspiré, invente la merveilleuse proposition globale du « monde renversé », l'entrée immédiate dans une tout autre façon de penser, de croire et de vivre, réalisant par des volontaires, l'inverse de tout ce qui fait souffrir et mourir, « le règne de Dieu » (selon le langage du temps, catastrophique, car certains l'entendent politiquement ou le projettent dans un avenir lointain, ou après notre mort). C'est un projet prodigieux, mais « coûteux », dont la plupart refusent de « payer le prix » (même s'il est gratuit).

Ce projet prodigieux nous est parvenu en éclats dispersés dans les évangiles et l'intention d'ensemble nous échappe souvent. Seules les Béatitudes ont tenté de présenter la globalisation du projet, mais la signification n'est pas toujours évidente. Cependant, il y a toujours eu des gens inouïs pour en vivre...

Beaucoup d'entre nous se contentent de combat ponctuel, partiel (pourtant digne d'estime) contre la torture, les violences faites aux femmes et aux enfants, l'armement atomique, l'exploitation du « 1/3 monde », l'analphabétisme, etc. Alors qu'il s'agit de vivre le projet global de Jésus (possible dans toutes les sociétés et cultures, même et surtout notre culture « sans Dieu »), renoncer à tout ce qui fait souffrir et mourir car à quoi bon la non-violence, s'il y a ruse et mensonge (qui font autant de dégâts) ?

A quoi bon le rejet de la torture, s'il y a mépris, antisémitisme et islamophobie ?

Et puis il y a eu un drame : un évangile concurrent et séduisant a surgi : celui des « Hellénistes » pré-pauliniens (Actes 6-8), inventeurs de la lecture christologique de l'Ancien Testament, du Kérygme (mort expiatoire et résurrection), de la « Haute Christologie », divinisant Jésus, de l'anti-judaïsme théologique (pouvant dégénérer en judéo-phobie et en antisémitisme)... C'est lui qui a triomphé jusqu'ici, éliminant ou marginalisant celui de Jésus. Une catastrophe. C'est celui dans lequel on a été construit, et vous aussi sans doute. Nous n'y sommes pas pour grand-chose. Mais il est urgent de tenter d'en sortir... Vive le christianisme de Jésus !

 

 

page 14

La Source Q

Amsler écrit : « Dans la Quelle (La Source), il n'est jamais question ni d'Église, ni d'Apôtres »... Mais le plus troublant est l'absence d'un récit de la Passion et d'une allusion à la résurrection de Jésus. Ce vide inquiétant pour le croyant chrétien n'est atténué ni par une mention isolée de la croix, ni par les accusations portées contre Israël et Jérusalem de tuer ses prophètes.

L'auteur, ou plutôt les auteurs du document connaissent indubitablement les circonstances de l'exécution de Jésus, mais cette mort tragique ne fait pas l'objet d'une interprétation théologique. La bonne nouvelle, l'Évangile, ne repose pas sur le binôme croix et résurrection, comme chez l'apôtre Paul et dans toute la tradition chrétienne qui en dépend, mais sur l'annonce de l'irruption du royaume de Dieu.

En outre, l'absence complète des termes de Messie et de Christ, qui, avec la proclamation de la résurrection, constituent les traits distinctifs ordinaires de la foi chrétienne, peut également faire douter du caractère réellement chrétien de l'ouvrage. Peut-on imaginer une foi chrétienne sans Christ ? (On a envie d'ajouter : « mais avec Jésus, un Jésus généralement écarté et ignoré »)...

« Sur le plan théologique, l'enjeu fondamental de la Source des Paroles de Jésus est l'existence, aux premiers temps du christianisme, des chrétiens qui ne confessaient pas explicitement Jésus comme le Christ, mais qui le tenaient néanmoins pour un Maître de sagesse prêchant et vivant lui-même l'abandon de toutes les sécurités de l'existence ».

 

 

page 11

 

L’Hellénisme

Dès la mort de Jésus, des juifs «hellénistes» de Jérusalem (Juifs de la Diaspora méditerranéenne parlant grec et de culture gréco-romaine évoqués dans les Actes des Apôtres, chapitre 6 à 8) ont construit le christianisme par la proclamation, le Kérygme, avec conviction et exaltation, un message, un système de croyances messianiques ou christologiques qui n'avaient rien à voir avec Jésus (avec sa prédication, son enseignement, sa proposition d'entrée immédiate dans la tout autre façon de croire, de penser, de vivre..., ce qu'il appelait l'entrée dans le « Règne de Dieu »).

Cette « invention» du christianisme était une complète dénaturation du « projet » de Jésus, une vraie catastrophe qui nous a été proposée ou imposée pendant vingt siècles. Il est temps de revenir à l'authentique.

Le « christianisme » des hellénistes a été construit sur la « rumeur de Jérusalem », la résurrection de Jésus et sur son interprétation par quelques citations de l'Ancien Testament.

Il faisait de Jésus un super messie rédempteur, un Kyrios (Dominateur, disposant de pleins pouvoirs), ce qui aurait indigné Jésus.

Le christianisme a été présenté (et souvent imposé) dans toutes les variétés de confessions « chrétiennes ».

Il est urgent de retrouver et de réaliser le message authentique de Jésus, vivable dans toutes les cultures religieuses ou non religieuses.

« Vous êtes heureux si vous savez ces choses, pourvu que vous les mettiez en pratique ».

 

 

page 97

Professeur François Vouga

A l’aube du christianisme

Les Hellénistes

Un judéo-chrétien hellénistique, entrevu au travers de l’épisode de l’homme riche et des récits de controverses.

En premier lieu, le dialogue de l'homme riche et de Jésus réserve immédiatement quelques surprises au lecteur curieux. Sa question, tout d'abord, est étrange et nous dépayse. Toutes sortes de personnages, dans les évangiles, s'approchent de Jésus avec les demandes les plus diverses. La sienne est particulière : il aimerait savoir que faire pour hériter la vie éternelle.
Une familiarité avec les évangiles pourrait nous la faire croire banale. Or il n'en est rien. Sa formulation est en effet celle d'un étranger. Un Juif se serait interrogé sur la venue du messie, sur la résurrection des morts ou sur l'entrée dans le Royaume ? C'est de cela d'ailleurs que s'entretient ensuite Jésus avec ses disciples (v. 23-27). Un Grec, lui, aurait posé la question du salut : que faut-il faire pour être sauvé ? Or, notre homme n'évoque pas la chose en ces termes. Qui est-il donc et d'où vient-il ?

La réponse se trouve lorsqu'on se met à étudier les expressions et le vocabulaire d'écrivains juifs de langue grecque. Le langage de cet homme est celui de ceux que nous avons désignés sous le nom d'« Hellénistes ».

[…]

Si la question de l'homme est surprenante, la réponse de Jésus l'est encore plus. Elle cite les commandements de la seconde table du Décalogue dans la version grecque de la Septante. Or on sait que les Hellénistes conféraient dans leur catéchèse un rôle important aux lois morales des Dix Commandements, alors que les Juifs de Palestine mettaient pour leur part l'accent sur les lois de pureté du Lévitique. L'essentiel de la Loi pour Jésus, selon notre récit, se ramène ainsi de façon surprenante à l'interprétation qu'en donne couramment le judaïsme hellénistique. On en conclura que le Sauveur Jésus, à son tour, prend dans le récit la figure d'un maître de la synagogue hellénistique.

 

 

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