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Parlons de Dieu

 

What About God ?

 

Bill Loader

Professeur de Nouveau Testament
à la Murdoch University de Perth
Australie

 

 

 

Voici comment je comprends Dieu

11 mars 2003

Je dirai d'abord que Dieu est l'Énergie qui anime toute vie. Dieu est en tout, en moi aussi. Je peux rester branché sur lui ou m'en détourner ; mais avec lui je vis vraiment et je suis en harmonie avec le monde.

On dit aussi que Dieu est la Conscience qui nous dit le bien et le mal. Mais il est plus que cela. Il est la vie, il est l'Esprit qui anime l'univers. Il nous relie aux autres vies, à la nature. Il est l'Énergie à laquelle nous pouvons tous être connectés, celui qui restaure notre être.

Il est la Source à laquelle nous pouvons tous boire, le fleuve de vie et d'amour qui traverse tout être. Nous pouvons nous ouvrir à lui ou nous en détourner, favoriser son oeuvre de vie dans le monde ou au contraire l'entraver.

Nous sommes comme des arbres plantés près de l'eau dont les racines puisent la fraîcheur du courant. Il est bon de faire parfois une pause dans notre existence, afin d'être attentif à la vie qui monte en nous et aux obstacles que nous lui présentons.

Cet Esprit d'énergie qui nous fait vivre et nous régénère est partout présent, apporte intégrité et harmonie à toute vie et nous rend solidaires les uns des autres. Nous prenons conscience de toutes les forces de mort à l'oeuvre partout, de tous les malheurs dont souffrent nos contemporains collectivement et individuellement, dont souffre aussi la nature, blessée et polluée. Nous comprenons alors qu'avec Dieu, nous sommes responsables de la vie du monde, impliqués dans les inégalités, les injustices, les souffrances. Les joies aussi bien sûr...

La foi en Dieu empêche tout nombrilisme, toute indifférence, tout immobilité dans l'isolement d'une tour d'ivoire.

 

.

 

Je pense aussi que Dieu est l'Origine et le Fondement de toute chose. Sans lui rien n'existerait. Mais en être conscient dépend de notre capacité d'émerveillement. Sommes-nous capables de reconnaître l'Intelligence créatrice à l'oeuvre dans la beauté d'une fleur ou dans l'immensité du ciel ?

Il est vrai que la notion de « création » évoque les mauvais souvenirs de la lecture littérale des récits bibliques ! Ces anciens mythes du Moyen Orient revus par les théologiens hébreux portent la marque d'une spiritualité profonde mais pour en bénéficier, il ne faut pas les prendre à la lettre. La création ne s'est pas faite en six jours et il n'a sans doute pas existé de véritable début. Mais c'est bien à Dieu que l'on doit qu'il existe quelque chose plutôt que rien. Plus nous sommes proches de la nature, plus nous sommes proches de Dieu et plus nous sommes proches de Dieu, plus nous le sommes du monde.

 

Dieu est-il une personne ?

Bien sûr, quand je parle de Dieu, je dis « lui » comme on le dit d'une personne. Je ne dirais pas « cela » comme s'il était une chose. Mais Dieu n'est ni une personne ni une chose, il n'est pas un être de notre monde. Évidemment, dire l'« Être en-soi » ou la « Vie en-soi », sonnerait bien abstrait !
Au fond, on ne peut pas définir Dieu. D'ailleurs l'Ancien Testament dit qu'il ne faut pas s'en faire d'image et à Moïse qui lui demande son nom, Dieu répond : « Je suis celui qui suis » !
Si l'on ne peut définir Dieu, il vaudrait peut-être mieux ne rien en dire. D'autant plus que de nos jours bien des gens parlent comme s'ils savaient tout de lui.

Si les lapins pouvaient penser à Dieu, ils le concevraient sans doute comme un Grand Lapin et les humains font de même en parlant de lui comme d'une Personne. Il faut être conscient que c'est évidemment tout à fait inadéquat. Il est vrai que cela signifie au moins que Dieu ne nous est pas tout à fait étranger. D'ailleurs il est mieux de dire quelque chose de Dieu que de ne rien en dire ! Il y a en nous un besoin profond de nous tourner vers lui, de le remercier, de l'adorer, de lui dire notre émerveillement de la beauté du monde. Aussi de lui dire notre peine et notre révolte devant le malheur du monde.

Certaines conceptions de Dieu sont si mauvaises qu'elles font perdre la foi. Ainsi l'idée d'un Dieu capable de décider de tout ce qui nous arrive, qui nous tiendrait à sa merci comme des marionnettes dont il tirerait les ficelles. Cette conception me paraît tout à fait fausse ; non que l'homme soit absolument maître de son destin : nous sommes évidemment conditionnés dans une certaine mesure par notre environnement et notre éducation ; mais ceci n'a rien à voir avec l'idée que Dieu pourrait décider de notre avenir ou que celui-ci serait inscrit dans les astres.

Je ne puis pas non plus admettre l'idée que Dieu attendrait que nous l'ayons prié suffisamment longtemps et avec une ferveur convenable, pour tirer les ficelles et nous envoyer le beau temps que nous aurions demandé (ou la pluie), faire fonctionner la voiture en panne, nous trouver une nouvelle situation ou nous obtenir un supplément d'argent. Je dis cela tout en étant conscient que certaines prières de demande en faveur de nos prochains sont dites avec beaucoup de sincérité et d'amour.
Evidemment ceux qui croient que Dieu intervient dans le cours des choses pour exaucer certaines prières, en modifiant le climat par exemple, ne peuvent pas expliquer sa non intervention lors des grandes famines et des catastrophes.
Ne le veut-il pas ? Ne s'y intéresse-t-il pas ? Aurait-il besoin d'être davantage motivé ?
On me répondra que les malheurs font peut-être partie de son plan et que nous comprendrons toutes choses dans l'Autre monde. Mais tous ceci me paraît déplaisant et incroyable.
De même aussi l'idée d'un Dieu qui, dans un accident de la route, sauve les uns et laisse périr les autres et dans le cas d'un cancer guérit l'un et laisse mourir son frère.
Je crois que notre univers évolue à sa manière librement, que nos intelligences agissent librement sur le cours des choses. Dieu n'y occupe pas tout l'espace et les hommes vivent librement, sans pourtant se sentir abandonnés par Dieu.

 

Un Dieu qui n'abandonne pas le monde

Je ne peux pas imaginer un Dieu qui, du haut de sa tribune, observerait le match que nous jouons dans le stade de l'existence, en spectateur tour à tour anxieux, admiratif et apitoyé. D'ailleurs la présence d'un tel supporter ne changerait pas grand chose à notre moral !
Je crois en un Dieu qui ne reste pas extérieur au monde, mais s'y implique totalement et y renouvelle constamment sa vie, son amour et sa paix. Un Dieu dont nous sommes les partenaires puisqu'il a voulu participer à notre vie. Je ne crois pas que la prière consiste à solliciter de lui l'octroi de menus avantages : elle est ouverture à sa présence et enracinement en l'énergie qu'il nous renouvelle. Je crois au Dieu qui est avec nous dans la lutte, dans la peine, dans l'aventure, la créativité et la joie.

 

Dieu est-il Roi et Père ?

Si l'on dit que Dieu est roi, les hommes sont évidemment ses sujets et on précise généralement qu'ils l'offensent constamment et méritent donc d'être punis. Néanmoins ce roi est généreux et laisse aux hommes une seconde chance. En effet le propre fils du roi, Jésus, a proposé au roi une solution susceptible de préserver à la fois la dignité royale et le respect des lois : il s'est offert pour subir à leur place le châtiment mérité par les hommes. Cette solution permet au roi de pardonner les gens sans renoncer au strict respect de ses lois et au principe de la punition. Néanmoins ce système ne devait être que provisoire car le roi entendait bien vouer aux tourments éternels ceux qui persisteraient à le mécontenter et à rejeter son système. Finalement le père doit exclure à jamais ses enfants irréductibles. Une telle violence est justifiée dans la mesure où le roi est Dieu et où ses lois sont donc justes.
L'acte de compassion rendant le pardon temporairement possible n'est donc finalement qu'une exception dans la conduite normale du roi.

 

Puissance, violence ou compassion

Nombreux sont les gens qui croient de bonne foi que le modèle que je viens de résumer représente le véritable christianisme et ils le qualifient de « bonne nouvelle ». Pourtant c'est un système pervers qui considère que les hommes sont en quelque sorte jetables, qu'ils ne sont pas indispensables, que la violence contre eux est justifiée et que le pardon ne peut être qu'un sursis.

Un tel Dieu, loin d'être aimant, apparaît incroyablement violent et cramponné à ses lois, bien différent du Dieu que Jésus nous révélait Ces idées ont exercé une influence extrêmement néfaste sur notre société.

Aujourd'hui nous n'acceptons plus que nos rois et nos pères se conduisent ainsi. Nous réprouvons le machisme et sa violence. Nous dénonçons le droit du plus fort et nous entendons que les autorités défendent l'intérêt de tous. Nous voulons croire en la compassion et au droit des gens.

 

La prière

Ce changement de conception de l'autorité change aussi notre prière. Puisque l'on devait fréquemment insister auprès du roi pour obtenir son attention, on pensait qu'il en était de même avec Dieu et les prières qu'on lui adressait se devaient d'être ferventes et insistantes afin d'obtenir les bienfaits souhaités. Il nous paraît aujourd'hui inconcevable que Dieu se conduise ainsi.
D'ailleurs lorsqu'on remercie Dieu pour une intervention qui paraît inattendue et exceptionnelle, on se laisse aller à le considérer encore comme un monarque tout-puissant et dominateur. Il est vrai que l'on n'est pas aidé par le langage ecclésiastique qui ne s'est pas dégagé de l'ancienne imagerie royale !

Tout le ministère de Jésus témoigne pourtant de la présence aimante de Dieu, qui n'est en rien une parenthèse exceptionnelle dans une sévérité radicale et Jésus n'a pas attendu d'avoir « porté le péché du monde » sur la croix pour aimer les hommes.

L'amour qui jaillissait du coeur de Jésus est bien aussi, nous pouvons le croire, l'Amour divin qui a donné naissance à l'univers. Dieu n'est pas une divinité assoiffée de pouvoir et redoutable. Il n'est pas un super-Roi et un super-Père courbant ses sujets et ses enfants dans l'obéissance et le respect.

Dieu est vraiment comme Jésus nous l'a révélé. Lorsqu'il utilisait l'image du père c'était le père de l'enfant prodigue courant au devant de son fils avec tendresse et sans un mot de reproche. Quant à l'image du roi, les évangiles nous la présentent en la personne du crucifié couronné d'épines.
Dieu est l'Amour apportant justice et guérison au monde.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

 

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