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Parlons d'être chrétien

 

What about being Christian?

 

Bill Loader

Professeur de Nouveau Testament
à la Murdoch University de Perth
Australie

 

 

3 avril 2003

Qu'est-ce qu'« être chrétien » ? Est-ce « être bon » ? Est-ce être passé par une « nouvelle naissance » ? Est-ce appartenir à une « nation chrétienne » ? Est-ce être baptisé ?

Autrefois tout le monde était baptisé. Aujourd'hui, du moins en Australie et en Nouvelle Zélande, c'est de moins en moins le cas. Nombreux sont nos contemporains qui se demandent ce que changent dans la vie d'un homme le fait d'avoir reçu dans une église quelques gouttes d'eau sur la tête lorsqu'il était enfant. Certains pensent qu'effectivement cela fait la différence entre être païen et être chrétien, aller en enfer et aller au ciel.
Mais cette conception fait du baptême un geste magique agissant par sa propre efficacité et induit l'idée étrange d'un Dieu qui serait tellement attaché à ce rite qu'il punirait pour l'éternité ceux qui ne s'y seraient pas soumis. J'ai de la peine à me convaincre que Dieu serait tatillon à ce point. D'ailleurs comment admettre qu'un geste si simple puisse entraîner d'éternelles conséquences pour l'éternité ?

Par contre j'aime l'image d'une eau fraîche, symbole de Dieu, qui arrose et redonne vie à une terre desséchée, qui étanche la soif, purifie. L'eau dont le baptême signifie qu'elle coule sur nous et nous renouvelle la vie, comme à tous ceux qui veulent bien aussi s'impliquer dans la vie divine que Jésus nous a révélée. Le baptême est un beau rite, riche de sens. C'est bien autre chose que le geste social auquel certains le réduisent.
Lorsque Paul disait : « nous sommes baptisés en Christ » Romains 6.3, il voulait dire : « Notre baptême est le signe qu'en ouvrant nos coeurs au Christ et à son Esprit nous ne faisons plus qu'un avec lui ».

De telles abréviations sont courantes. Elles peuvent induire en erreur. Ainsi, la phrase « on devient enfant de Dieu par le baptême » résume la parole de Jésus : « si un homme ne naît de nouveau il ne peut voir le royaume de Dieu. Si quelqu'un ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » Jean 3.3. Elle pourrait laisser croire que l'on devient effectivement enfant de Dieu tout simplement en étant baptisé et que le baptême aurait en soi une vertu magique. Alors qu'évidemment c'est en s'unissant à Jésus qu'on devient enfant de Dieu, en s'impliquant dans son enseignement comme les autres enfants de Dieu.

Quant à l'expression de « nouvelle naissance », elle a acquis une signification si rigide dans les milieux fondamentalistes qui l'utilisent à tout bout de champ, que je me refuse désormais à l'employer.
Dans l'Évangile de Jean, ces mots suggèrent qu'un événement est survenu qui réoriente notre vie et nous fait prendre un nouveau départ. Nouvelle naissance, nouveau départ quand j'admets d'être aimé comme Jésus l'a dit, quand je ne m'inquiète plus désormais de ce que l'on pense de moi, quand je cesse de me sentir fautif et incapable.
Paul a vécu une nouvelle naissance lorsqu'il a cessé de persécuter les chrétiens et qu'il est devenu un de leurs plus enthousiaste partisans. Chez d'autres personnes, l'influence de Jésus se fait progressivement plus forte jusqu'au moment où ils prennent conscience d'être devenus ses disciples. Peu importe, d'ailleurs, le label de « chrétien ». L'important est d'être ouvert à Dieu tel que Jésus nous l'a fait connaître et d'être réorientés par lui dans l'amour et la fraternité.

 

Le ciel et l'enfer

 

Seuls les chrétiens iront au ciel, dit-on dans certains milieux, car il est indispensable d'avoir préalablement pris la décision personnelle d'être disciple du Christ. Je rejette absolument une telle opinion. D'une part elle rend centrale l'affirmation de la vie éternelle qui n'est que marginale dans l'enseignement de Jésus. D'autre part elle amène à penser surtout à notre propre sort au lieu d'être dépréoccupés de soi comme Jésus nous l'a enseigné. Enfin elle donne une importance démesurée à une décision de suivre Jésus qui a peut-être été prise il y a longtemps et sous le coup d'une émotion peut-être passagère.
Dans les évangiles, le message de Jésus n'est en rien centré sur le ciel et l'enfer mais bien plutôt sur une tranquille confiance en Dieu et la recherche de fraternité avec les autres hommes et même le monde qui nous entoure.

Que Dieu puisse même penser envoyer les hommes en enfer pour l'éternité me semble choquant. Aucun tribunal n'a jamais condamné qui que ce soit à la torture permanente et éternelle et une telle pensée ne correspond en rien au Dieu d'amour et de compassion que Jésus nous a révélé.
Néanmoins l'horreur même de l'idée d'enfer attire l'attention sur la capacité de destruction et de malfaisance de l'humanité. L'homme est capable de créer l'enfer sur terre pour d'autres hommes.

L'image du paradis a été empruntée par les premiers chrétiens aux juifs de leur époque pour décrire la vie avec Dieu dans l'au-delà : un Royaume invisible où Dieu gouverne le monde, assis sur un trône, entouré par les anges. Les bons y vont après leur mort. Certains pensent que les défunts y dorment dans la paix de Dieu en attendant la résurrection finale ; d'autres supposent qu'ils sont éveillés et surveillent le monde qu'ils ont quitté.
Le paradis est toujours décrit comme un état d'harmonie, illuminé par la présence divine. Ce sont des mots humains qui s'efforcent de dire l'émerveillement de la communion de Dieu. On ne peut parler du paradis qu'avec des images et des comparaisons. Il en est d'ailleurs de même pour l'enfer.

 

La vie après la mort

 

Certains pensent prouver la réalité d'une vie après la mort en témoignant de soi-disant contacts avec des défunts réalisés par des techniques spirites. D'autres rapportent des cas où des personnes sont revenues à la vie après avoir été déclarées mortes pendant quelques instants où elles ont éprouvé des sensations de grand bien-être et vu des lumières brillantes. On ne peut dire s'il s'agit-il d'hallucinations ou d'un bref passage à une réalité supérieure.
Je pense personnellement qu'il faut toujours mettre Dieu au centre de notre pensée. Nous pouvons lui faire confiance pour nous garder jusque dans la mort ; cela suffit à nous rassurer.
Personne ne peut concevoir une âme sans corps. On peut néanmoins penser à une certaine continuité de notre personnalité : nous serons conscients d'être nous. Je n'admets pas l'idée d'une survie impersonnelle comme dans la doctrine de la réincarnation

 

Le Royaume de Dieu

 

La notion du Royaume de Dieu à venir me paraît beaucoup plus dynamique que celle de paradis. Jésus en parlait comme d'une grande espérance : les pauvres et les affamés seront rassasiés et trouveront la justice et la paix ; les exclus et les méprisés retrouveront leur place. Les structures aliénantes de notre monde disparaîtront.
Jésus enseignait à prier « que ton Règne vienne » Matthieu 6.10. Il reprenait les images des anciens prophètes qui voyaient les peuples de la terre entière se rassembler dans un Royaume de paix : « de leurs épées ils forgeront des socs de charrue et de leurs lances des serpes » Esaïe 2.4. Et Jésus s'écriait : « beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et se mettront à table dans le Royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob » Matthieu 8.11.

 

La prédication du Royaume ne détourne pas notre attention vers un avenir céleste et lointain ; elle nous engage ici et maintenant dans la construction du monde qui vient, dans un mode de vie nouveau. C'est ce que faisait Jésus durant son ministère en révélant à tous la générosité de Dieu, en fréquentant les exclus et les inacceptables, en accueillant les étrangers de tous peuples et de toutes races. Les évangiles manifestent cette ouverture en décrivant notamment les repas de fraternité que Jésus organisait, auxquels tous, sans exception, étaient invités et dont le repas eucharistique est le symbole central. Monde futur, présent autour de Jésus, instauré dans le c�ur des croyants et que l'on attend encore et toujours.

La « seconde venue » de Jésus est à comprendre dans cette optique : en identifiant le Royaume du monde à venir à la royauté de Jésus, les premiers disciples s'écriaient en araméen : « maranatha », le Seigneur vient ! Ils attendaient d'ailleurs incessamment cette instauration du monde nouveau et en tout cas de leur vivant.

 

Et les autres religions ?

 

Quand on reconnaît dans les autres religions la lumière divine que Jésus faisait briller autour de lui, on ne peut que se réjouir et tendre la main à tous ceux qui aiment à en vivre comme nous.
Personne n'a le monopole de la vérité et la lumière divine ne porte pas le label d'une religion plutôt que d'une autre. On reconnaît la lumière véritable à ce qu'elle rayonne l'amour inconditionnel de Dieu pour les hommes, le respect et la compassion pour le monde qu'il a toujours manifestés, comme Jésus nous l'a fait connaître. Nous pouvons nous réjouir de voir briller cette lumière dans nombre des grandes traditions religieuses et philosophiques de l'humanité.
En même temps, bien entendu, nous déplorons la présence de fausses lumières que l'on ne peut, au contraire, que souhaiter voir diminuer, y compris dans certains secteurs du christianisme.
Je lutte contre toutes les malfaisances qui obscurcissent la lumière de Dieu, tout ce qui déshumanise les hommes, les opprime, les aliène, les avilit.

 

Notre engagement dans le combat du monde

 

Le monde a besoin d'hommes et de femmes qui ont renoncé à croire qu'ils possèdent toutes les réponses et qu'ils sont les meilleurs mais qui, au contraire, s'ouvrent à l'Esprit d'amour du Dieu que Jésus nous a fait connaître et oeuvrent à l'édification d'un monde meilleur et plus fraternel.

La vie chrétienne implique une discipline personnelle dans le but d'accroître notre sensibilité à l'amour de Dieu, en nous et pour le monde. Il n'y a pas de règles universelles et chacun doit découvrir la méthode qui lui convient : étude de la Bible, lecture systématique de la presse, poésie, romans, pièces de théâtre, cinéma, jouer d'un instrument de musique, parcourir la nature, rechercher la beauté, travail en groupe, méditation, techniques de relaxation, prière, parler à Dieu à haute voix, mettre ses réflexions par écrit...

Finalement, être chrétien n'est pas tellement une question d'appartenance ecclésiale. Ce n'est même pas être particulièrement religieux. C'est beaucoup plus important et profond. C'est être véritablement humain, c'est répondre à notre vocation d'homme. C'est vivre notre vie d'homme en accord avec notre conscience, uni à Dieu dans l'amour et dans la compassion pour tous les autres hommes.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

 

 

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